Olivia Zeitline

C'est en acceptant que les choses peuvent ne pas changer que tout commence à évoluer

Bien souvent on est stressé parce que les personnes ou les situations ne changent pas. On supplie, on lutte, on prend nos battes de baseball pour combattre et faire évoluer à mains nues nos difficultés dans ce monde de brutes. On stresse et on angoisse, on se réveille la nuit en sueurs, transpirants dans ce combat avec nous mêmes et l’extérieur. Et pourtant, très bizarrement, c’est au moment où l’on accepte que ces choses ou ces gens ne changeront peut être jamais, que tout commence à évoluer. Tout s’allège et cela s’appelle lâcher prise. Quand nous n’attendons plus rien tout vient. Nous sommes des balles de ping pong dont nous ne possédons pas les raquettes.

Comment est ce possible me direz-vous ? Cela semble même dangereux pour nos esprits de boxeurs nés. Pourtant c’est simple : plus on s’appuie, plus on s’enfonce, plus on lâche, plus on s’envole. L’énergie que nous mettons contre quelque chose nous revient en boomerang.

Alors comment faire ? Et bien en décidant d’accepter ce qui est, parce que, aujourd’hui en ce jour et cette heure précise, les choses sont comme ça et si je lutte contre ce qui est je me torture alors que si je laisse couler, je me laisse flotter et je peux commencer à me laisser porter par la vie. Il s’agit alors de lâcher les prises mais pas le courant. Garder son intention : vouloir vivre l’amour, le succès, la gloire, et bien plus encore, tout en acceptant que nous ne savons pas quel sera le chemin et que nous nous laissons faire car plus nous acceptons plus nous nous envolons dans les différentes sphères de la matière. Et finalement, nous grimpons encore plus haut.

« Je ne regrette rien, je n’espère rien » est la formule magique qui permet d’y accéder. Il se produit alors une sorte de déclic, une voix intérieure qui murmure « Je m’en fous, si ça marche c’est cool mais sinon je laisse partir et je fais confiance que tout est pour le mieux ». C’est alors que tout s’apaise, tout se détend et s’ouvre. Faire con-fiance c’est être en lien, en lien avec la foi.

Et puis la bonne nouvelle c’est qu’accueillir c’est aussi cueillir, récolter les fruits. Quand on n’attend plus rien, tout arrive et surtout les choses que nous ne pouvions même pas imaginer.

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Illustration Charlotte Le Brun / Studio Lowpolar.

Olivia Zeitline

Garder son attention sur ce qui fleurit

Illustrations de Katie Scott

Les illustrations de la londonienne Katie Scott fourmillent de symboles, de figures géométriques et de formes végétales mettant en lumière la magie de notre réalité. Ses images invitent à garder son attention sur ce qui brille, ce qui fleurit et à se laisser aller à divaguer car comme disait Dali « Ceux qui ne croient pas en la magie ne la verront jamais. »

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Illustrations par Katie Scott.

 

Olivia Zeitline

Embrasser sa poussière intérieure

Nettoyer sa poussière intérieure demande d’abord d’oser ouvrir son placard émotionnel, de se donner la clé de la serrure de son être profond. Pourtant nous avons tant de cadenas, de vieux schémas, qu’il est parfois très difficile de voir qu’il existe bien un placard. Notre mental est un prestidigitateur hors pair pour nous empêcher de voir la montagne de fringues qui s’amoncellent, de faire comme si tout était propre en fermant juste la porte de notre esprit. Et oui mieux vaut ne rien voir plutôt que de se confronter à ses peurs.

Mais bientôt, ce bordel intérieur va commencer à déborder, à attirer des souris et des araignées. Notre premier réflexe est mettre de la mort aux rats sur les étagères, d’utiliser des substances chimiques pour éradiquer toute cette saleté émotionnelle qu’on ne supporte pas. On aimerait que cette saleté qui nous constitue soit déjà partie. Mais c’est justement en la rejetant qu’on se fait encore plus de mal car au lieu d’accueillir avec amour nos petits grains nous commençons à les détester et ils se transforment en tas de plus en plus épais et de plus en plus denses.

Nettoyer sa poussière intérieure ne veut pas dire tout passer au Karcher. Bien au contraire, nettoyer sa poussière intérieure c’est l’accueillir, allumer la lumière de sa lampe torche pour réchauffer notre chambre intérieure. Nettoyer c’est passer un chiffon avec amour sur cette poussière qui constitue nos cellules, c’est accepter ses failles, recoller les fentes et faire briller. Lustrons les commodes de notre être et allumons nos veilleuses pour l’illuminer. « Ok ce tas de poussière est là mais je l’aime parce qu’il fait partie de ma chambre intérieure et puis qui a dit que le désordre c’était moins bien que le rangement ? » Qu’est ce que ça veut dire au fond une chambre intérieure bien rangée ?

Retirons nos masques à gaz et respirons l’odeur de nos pensées, sans juger, parce que l’odeur elle est là de toute façon. Dansons avec nos gants en latex, passons le balai en chantant et enlevons des couches et des couches dans nos fonctionnements. Repassons dans les coins de nos esprits s’il le faut. Tout ça sans jamais perdre espoir de voir le bout de notre placard intérieur. Achetons des bougies, de l’encens, faisons brûler nos vieux papiers et embrassons nos fourmis. Mettons des pivoines, des hortensias et de la lavande sur nos tables de chevet.

Faire la paix avec nos poussières intérieures c’est les voir, les saluer, leur faire des bisous et les laisser tranquillement se transformer en particules de lumière.

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Illustration Charlotte Le Brun / Studio Lowpolar.

Olivia Zeitline

Une fusion botanique

Dessins de Michelle Morin

La dessinatrice américaine Michelle Morin cultive son jardin visuel comme on prend soin de son dernier pull en soie. Si celle ci entretient une relation quasi fusionnelle avec la faune et la flore, elle s’en détache par la liberté d’interprétation de leurs caractéristiques. Les sujets se décomposent en plumes et en tâches de peinture pour retrouver leur liberté et toute la fluidité de son trait.

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Dessins Michelle Morin.

Olivia Zeitline

Tout lâcher pour renaître

Je suis super heureuse de vous dire que je reprends mon blog après 9 mois pendant lesquels je suis allée prendre l’air mais l’R de Réécrire me manquait. Après avoir bien inspiré, j’ai envie de donner un nouveau souffle à la ligne éditoriale de ce blog plus axée sur le bien être, le bonheur, la conscience, l’univers avec toujours de l’art et des images réjouissantes. Tout ça pour voir la vie comme un paradis.

C’est tellement merveilleux de renaître, ce sentiment que tout est possible, que rien n’est figé et que ça y est c’est fait on a pris un nouveau départ. Tout semble neuf, léger et on se sent capable de tout accomplir, de s’envoler comme en possession d’un jetpack dans le dos. On a passé un cap mais pour franchir ce stade et devenir un majestueux phoenix il a d’abord fallu commencer par mourir.

Tout l’art est alors d’apprendre à mourir avec grâce et légèreté. On pense que la mort est une étape plus ou moins lointaine qui nous fera passer dans un autre monde ou disparaître ou peu importe mais en réalité la mort fait partie de notre quotidien. Comme disait le célèbre philosophe indien Jiddu Krishnamurti la mort est l’inconnu dans nos vies. En réalité, nous mourrons donc bien plus souvent que nous ne le pensons et tout ça simplement en vivant.

Et même plus encore c’est en acceptant de mourir, de tout perdre, de tout lâcher que nous sommes encore plus vivants. N’ayons donc pas peur de la mort, du balayage et d’élaguer car créer c’est inventer et cela part du rien, du vide en nous. Pour faire apparaître un nouveau boulot, une grande histoire d’amour, des cours de piscine ou un voyage autour du monde en bicyclette il y a bien un moment ou il va falloir faire de la place, de l’espace dans nos agendas.

Et puis en réalité c’est l’habitude qui tue. Si on n’ose jamais rien changer on s’asphyxie au trop confortable qui devient maxi routinier. C’est suivre le mouvement de la vie, du cycle de saisons, que de tout envoyer balader pour parcourir de nouveaux sentiers. Et c’est comme cela qu’on devient libre comme l’air prêt à créer une nouvelle ère.

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La nouvelle identité visuelle de Réécrire a été conçue par Charlotte Lebrun / Studio Lowpolar

Olivia Zeitline

Se laisser porter par les courants

Photographies de Maia Flore

J’adore les images de la photographe française Maia Flore qui me semblent tellement bien illustrer le bonheur de se laisser porter par les courants de la vie comme si on avait juste à flotter dans les différentes ères, à sauter d’une étape à une autre en lâchant prise pour s’envoler. Et puis c’est aussi en suivant un nouveau courant que je reprends ce blog qui j’espère vous aérera toujours autant l’esprit.

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Photographies Maia Flore.

Olivia Zeitline

Comme un château de sable face à la marée

Est ce que vous aussi, dernièrement, vous avez eu cette impression que la mer a balayé votre château de sable préféré ? Celui que vous avez mis le plus de temps à bâtir et que vous aimiez tant ?

Est ce que vous aussi, dernièrement, vous avez eu cette impression de ne plus rien savoir de ce qui était pourtant une évidence pendant tant d’années ? Que ce que vous croyiez le plus ancré en vous a été emporté au large avec le courant ?

Et malgré ça, vous vous sentez vivant et encore plus doué pour les châteaux de sable. La marée s’est vite retirée vous laissant la possibilité de reprendre vos seaux et vos pelles pour d’autres constructions. Tout excité, votre enfant intérieur a pu imaginer tous les plans et toutes les architectures possibles. Vos remparts s’écroulent, vos douves se vident petit à petit. Vos tours s’embellissent et votre pont levis s’ouvre. De nouveaux visiteurs, toujours plus nombreux, entrent dans votre cour intérieure.

Vos fondations s’ancrent dans le sable mouvant.

La seule chose que vous ne savez pas c’est combien de temps vos châteaux vont rester debout. Et en fait, c’est même ça qui vous stimule : cette certitude que tout sera emporté et que rien ne dure. C’est la magie de la vie, rien n’est figé, tout bouge en permanence, comme le mouvement d’une vague.

La noyade a semblé vous emporter tel le tourbillon de la mer qui vous fait perdre votre maillot de bain avant de vous faire échouer sur le rivage. Cependant, la plage était surveillée et les maîtres nageurs ont toujours gardé un œil sur vous. Alors acceptons le mouvement de la vie, et plongeons sans savoir si l’eau sera chaude ou froide.

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Illustration Charlotte Le Brun / Studio Lowpolar

Olivia Zeitline

Prendre le temps de ralentir le temps

A bout de souffle, nous regardons les journées défiler de plus en plus vite, les semaines, les mois et les années recommencer sans avoir le temps de les voir venir. Nous courrons avec toujours plus de virulence pour gagner un temps qui semble lui aussi avoir commencer son marathon et qui bat désormais les records de vitesse d’Usain Bolt. Le temps s’accélère sans cesse. Pourtant, le temps est notre hologramme, il dépend de notre perception, nous le façonnons à notre image. Et si c’était nous qui ne savions plus nous arrêter ?

Dans nos vies, on aurait bien besoin d’un peu de répit, de prendre le temps de se poser, d’inspirer et d’expirer profondément mais on trouve toujours la bonne excuse du manque de temps. Pourtant, il existe un phénomène assez magique : plus on décide de prendre son temps, plus on en gagne. Le temps est un élastique que nous tendons et détendons à volonté. Et si nous pouvions faire tout ce que vous voulions en une journée et qu’il suffisait juste de prendre le temps de ralentir le temps ? Qui n’a jamais remarqué que quand on stresse, quand on a peur, le temps passe très vite alors que quand on est serein, on a plus de temps ?

Le temps dépend de notre perception, la preuve parfois on s’ennuie et on regarde sa montre mais «Albel, l’impatience ça ralentit les aiguilles» comme le dit très bien Boujenah dans un single de Radio Nova. L’heure est mathématique me direz vous ? Mais si 60 secondes font une minute, 60 minutes font une heure, 24 heures font une journée et 365 jours font une année, vivons-nous pour autant tous la même minute de la même façon ? Ne pourrions-nous pas l’influer et lui tordre le cou ?

Quand on pense au temps on imagine cette ligne droite dans laquelle chaque cause a sa conséquence. C’est un des fondements du principe de la gravité et de la physique relativiste : nous tombons et nous ne pouvons rien y faire, nous nous enfonçons dans un gouffre sans fin et tout est déterminé. Pourtant les récentes interprétations de nombreux physiciens quantiques offrent de nouvelles perspectives. Nous avons en nous un pouvoir de création, un libre arbitre comme les particules qui font des sauts quantiques aléatoirement et transcendent l’espace-temps (voir l’interview du physicien Emmanuel Ransford). Nous sommes des ondes et la ligne du temps n’est pas droite mais ondulatoire. Nous vibrons. Le temps est cyclique, le temps est rythmique, le tempo est élastique. Le temps est une boucle infinie et finie et c’est dans l’instant présent que se trouve l’éternité.

Pour illustrer cet article, j’ai choisi de vous présenter les travaux d’Emma Kunz, chercheuse, guérisseuse et artiste suisse et ceux de l’artiste américain Robert Lansden dont la représentation des formes géométriques semblent nous parler d’un temps infini et nous amène à plonger dans l’instant présent. 

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