Olivia Zeitline

En un coup de craie cosmique

Portrait de Philippe Baudelocque, plasticien

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Vous avez peut être déjà croisé ces fresques éphémères très proches et en même temps très lointaines du street art ? Philippe Baudelocque se fait connaître grâce à un mur noir qui s’est présenté à lui par hasard. C’est par une belle journée de 2009, en se promenant à Paris, qu’un de ses amis lui dit «tu voudrais pas dessiner dessus ?». Il se lance et le dessin fera le tour de la blogosphère. Il reçoit des messages du monde entier. L’univers de la toile lui fait signe, c’est une révélation. Il sait ce qu’il doit faire maintenant et il n’a jamais lâché sa craie depuis. Le plus important c’est de se lever tous les matins avec le sourire.

Nouvelle figure spirituelle de la trace blanche, muni de ses baskets, il réalise des performances in situ. Il tâtonne en aveugle et se repère au toucher sur ces grandes surfaces. A mains nues, il s’acquitte des repères spatiaux temporels. Il change la dimension de ses croquis réalisés sur des carnets pour les transposer sur des façades. Il change d’échelle comme d’univers.

Ses dessins en eux mêmes abolissent aussi les repères de la réalité matérielle. Des systèmes solaires forment des cellules composant des corps humains. De la galaxie à l’atome, il n’y a qu’un pas. On passe de l’infiniment petit à l’infiniment grand en un coup de craie cosmique.

Et puis, la localisation de ses fresques amène la faune en milieu urbain. Il intègre des animaux au paysage bétonné. Ne faudrait-il pas faire plus de place au vivant en ville ? Ne vous étonnez donc pas de voir des pieuvres, éléphants, chouettes, vaches, chats, et autres baleines en haut d’un escalator ou sur un rideau de fer.

Si ses fresques s’effacent avec le temps elles ouvrent une porte galactique à tout électron libre cherchant son vaisseau.

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Olivia Zeitline

S'aimer sans s'attacher, passionnément et cardiaquement

L'autre est notre plus beau miroir et la relation amoureuse nous permet d'être qui nous sommes

On rencontrait quelqu’un et, sans trop savoir pourquoi, on aimait son parfum. C’était souvent parce qu’il nous rappelait nos schémas inconscients, qu’on avait envie de faire une bonne collusion avec lui. C’est parce que la flagellation était si bonne que la passion était si dure. Mais il est venu le temps de laisser s’écouler nos vieux modes de fonctionnement par tous les orifices, d’irriguer de nouvelles pensées, de construire des digues entre nous et l’autre. Si on est souvent mort sur la croix de la relation amoureuse, réanimons l’amoureux en nous sur la table d’opération, faisons du bouche à bouche à nos cœurs et ré-apprenons leurs à respirer.

C’est en plongeant de plus en plus en nous-mêmes que l’on marche vers l’autre car, plus on se donne de l’amour, plus on peut en donner. Fini de croire que nous n’avons pas de chance et que nous ne pouvons rien y faire, prenons les choses en main. Prenons des gants ou parfois même des marteaux piquer pour déterrer nos blessures et les recoudre avec des fils de laine, tisser de nouveaux motifs et façonner notre être d’amour cardiaque.

Nous avons choisi l’autre pour qu’il nous montre une partie enfouie de nous. Les ruptures sont des signes de nous-mêmes, les engueulades des chances de se voir au fond. L’autre est notre plus beau miroir et la relation amoureuse nous permet d’être qui nous sommes. Ne jamais se contraindre, n’avoir aucune obligation, que des occasions de se connaître soi-même chaque fois un petit peu plus. Chaque relation est une expérience qui nous guide vers nous-mêmes, ne luttons pas, acceptons que nous grimpons toujours plus haut, que parfois nous tombons pour mieux nous relever et que parfois nous nous élevons pour mieux tomber amoureux.

Aimons-nous sans nous attacher. S’attacher veut bien dire ce qu’il signifie. Quand on s’attache, on se ligote, on s’entoure de cordes, on n’est plus libre de bouger, on crée des ficelles invisibles entre nous et l’autre, des nœuds inconscients robustes. Aimons-nous sans essayer de posséder l’autre ou de l’avoir pour éviter de le perdre mais laissons le être et laissons filer ce qui est. Aimons-nous sans rien attendre en retour et laissons parler nos palpitations cardiaques. 

Pour illustrer cet article, voici des images d’Ana Teresa Barboza, artiste plasticienne péruvienne qui recoud le coeur des femmes en broderie pour trouver l’amour en dessin.

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Images Ana Teresa Barboza

Olivia Zeitline

Le nouveau cycle d'amour 2014-2024

Interview d'Arouna Lipschitz, philosophe

En entrant dans les années 2000, on est passé symboliquement du 1 au 2, de l’unité à la relation à deux. Selon Arouna Lipschitz, notre défi pour les années à venir est d’inscrire notre quête d’unité dans le relationnel et dans la sexualité : la relation amoureuse étant,  selon elle, le test de réalité de notre spiritualité.

Arouna Lipschitz a pris la robe orange pendant dix ans en Inde où elle est devenue swami, une femme-prêtre qui prononce des vœux de célibat pour atteindre la plus haute élévation spirituelle et se consacrer aux autres. Si pendant cette période elle découvre  l’ouverture mystique du cœur et s’envole loin des sphères terrestres, elle sent qu’il lui manque quelque chose. Elle décide de rentrer en France, de revenir dans le monde matériel pour intégrer son expérience dans le quotidien et la sexualité. Des gens réussissent très bien le passage du spirituel au monde mais ils vivent le relationnel essentiellement sur le mode de l’amour universel. Le grand défi, selon Arouna, est maintenant de s’ouvrir à une compétence amoureuse individuelle, mettre du cœur humain dans le plan matériel. Arouna Lipschitz est désormais à la tête d’une école philosophique La Voie de l’Amoureux et d’une société de production v2lam.

Selon ton interprétation des événements, l’année 2013 a été une année de rupture, de nettoyage qui annonçait un passage ?

2013 a été une année de transition et beaucoup vont être contents qu’elle se termine. On a eu à faire à de gros nettoyages, à lâcher un maximum de vieux trucs. Selon la numérologie et le tarot, le chiffre 13 est celui de la mort. Beaucoup de gens ont eu des décès, des ruptures très signifiantes. Elles sont là pour nous débarrasser de plein de choses et pour nous préparer à l’entrée dans un nouveau cycle d’une dizaine d’années, selon mon intuition.

L’année 2014, une année de stabilisation après le chaos ?

La première moitié de l’année 2014 sera aussi consacrée à finaliser les nettoyage si on en croit l’astrologie et la lune noire des premiers jours du mois de janvier. Ensuite il va falloir stabiliser, c’est le but de 2014. Quand beaucoup de choses ont été déconstruites cela devient un peu chaotique donc il va falloir restructurer. Le 14, dans le Tarot, est le chiffre de la tempérance, la stabilisation. 2014 n’est pas encore le démarrage dans le grand galop mais va permettre de stabiliser notre manège intérieur.

Nous entrons dans un nouveau cycle d’une dizaine d’années dans l’énergie de l’amour christique ?

En hébreu, le chiffre 13 correspond au mot  « ahava » qui veut dire amour. Tout ce nettoyage qui a été fait est là pour permettre une ouverture, pour que l’on s’ouvre à plus de cœur et que l’on fasse de la place à l’amour dans nos corps. Cela est confirmé par l’astrologie : le grand retour de Neptune pour 10 ans. Neptune est lié au signe du Poisson donc à à l’époque christique. On va devoir régler tous les blocages par rapport à la notion d’amour christique, c’est à dire essentiellement revoir où en est par rapport au sacrifice dans les relations amoureuses. Selon moi, on a à renouveler l’amour christique en lui trouvant un sens dans notre société matérielle.

 Qu’entends-tu par amour christique ?

L’amour christique selon moi (mais c’est très personnel et je me donne le droit de me contredire dans les années qui viennent -rires) est un amour ouvert à l’autre comme autre, à l’autre comme étranger. L’acceptation de l’autre comme autre mais à un niveau vibratoire qui est en résonance plus avec l’âme qu’avec la libido. L’amour christique enrichit l’amour sexuel d’un taux vibratoire plus élevé.

 Comment renouveler cette notion d’amour christique dans nos sociétés matérielles ?

Le renouvellement de l’amour christique sera d’apporter cette vibration dans l’amour sexuel. C’est notre défi : comment mettre en contact l’amour universel avec l’amour sexuel différencié ?

L’amour universel ne différencie personne, c’est le même amour pour tout le monde. Sans compter qu’il faut se débarrasser de l’idée qu’il faut se sacrifier pour les autres, ou de mourir sur la croix pour la lumière… (rires)

Dans les 10 années qui viennent nous aurons à mettre en relation l’amour christique, l’amour de l’âme, l’amour de l’autre (frères et sœurs en humanité) avec la différence que fait quelqu’un pour nous dans la relation amoureuse, et cela  jusque dans le corps. L’amour christique se renouvellera par une autre façon de vivre sa sexualité qui est l’incarnation même de notre rapport au divin.

 Apporter le spirituel dans le cœur et jusque dans la sexualité ?

On a déjà amené l’amour divin spirituel dans la sexualité avec les pratiques tantriques mais maintenant notre défi est d’amener l’énergie-coeur dans la sexualité. Les pratiques tantriques n’ont pas exploré le rapport entre l’amour pur spirituel et le cœur d’humain à humain pour l’amener jusque dans la sexualité. C’est mon hypothèse sur de la Voix de l’Amoureux.

Je différencie l’amour divin (de l’esprit) de l’amour l’amour christique (du cœur) et de l’amour humain (sexuel). Ce qui est intéressant c’est de rajouter au Tantra (qui a lié l’amour divin au sexuel) l’amour du cœur et d’arriver à cette fameuse trinité d’une nouvelle façon. Les 3 niveaux dans la vraie relation amoureuse différenciée sans perdre l’amour divin et l’amour christique.

 L’amour ne suffit pas à garantir la compétence amoureuse ?

Oui il est important de comprendre et surtout d’accepter que l’amour, aussi divin soit-il,  ne suffit pas à garantir la compétence amoureuse. La compétence amoureuse sans l’ouverture du chakra cardiaque nous laisse beaucoup dans le psychologique et c’est pour ça qu’il est important de retrouver l’énergie de l’amour christique. Il est important de concrétiser la compétence relationnelle dans la réalité quotidienne et pas juste de rêver à l’amour avec des grands mots. De créer des relations sans rapport de force, sans se donner le droit de tuer et ainsi de suite…  c’est du grandet beau travail qui nous attend…

Cela ne suffit pas de rayonner l’énergie-cœur encore faut-il qu’elle augmente la compétence relationnelle. On peu avoir plein d’énergie cœur mais se faire avoir dans du masochisme, du sacrificiel, dans le négatif de l’amour christique. On va rayonner mais on sera dans du vieux. On va se crucifier, se sacrifier pour les autres. Jésus est mort sur la Croix une fois, ça c’est fait… (rires) . Nous ne sommes pas tous obligé de mourir sur la Croix de la relation amoureuse parce qu’on est un grand sauveur ou mourir de chagrin d’amour car il n’y a personne pour le recevoir.

 Comment travailler pour y arriver ?  

Je vais commencer à travailler le cœur dans tous ses états, à tous ses niveaux, sur mon école en ligne La Voie de l’Amoureux pour élaborer et réfléchir au renouvellement de l’amour christique. Pour le réveiller, je propose comme outils la  cohérence cardiaque, des méditations d’énergie et un travail important sur nos mémoires de l’époque christique …

Une fois qu’on a resenti l’amour christique, il va falloir vérifier que la conscience d’altérité augmente d’autant pour que nos relations s’améliorent. L’autre complique pour sûr la donne. Comment l’autre va recevoir cette énergie d’amour christique ? Comment faire avec notre égo en chemin ? Le travail spirituel est sur l’égo, le travail sur le cœur est plus christique. Arrêter le sacrificiel, arrêter d’être un sauveur, en gros guérir du rapport de force, de la violence inutile et du meurtre de l’autre sous toutes ses formes. L’amour christique est un éprouvement cardiaque. La relation est le test de réalité de ce rayonnement cardiaque.

Aller vers soi-même pour changer le monde ?

Jusqu’à présent la relation n’était pas une urgence, maintenant c’est une urgence. Le monde doit évoluer dans le champ relationnel sinon on ira dans le mur, on voit bien les tensions qui existent en ce moment. La masse critique peut faire balancer les choses du côté de l’amour. Concentrons nous sur nous, sur notre cœur dans la relation amoureuse pour contribuer au changement du monde…

 

Olivia Zeitline

Que veulent nous dire nos tatouages ?

On ne se marie plus mais on se tatoue pour la vie

On ne se marie plus mais on se tatoue pour la vie. On ne cherche plus l’âme sœur mais le parfait tatoueur. On s’engage toujours et encore plus durablement vis à vis de soi-même et de son épiderme. Comme le disait David Le Breton «Quand le monde nous échappe, il nous reste le corps». A défaut d’un autre que l’on contrôle et qui ne nous quittera jamais nous avons le tatouage. Lui au moins il est éternel, il ne s’efface jamais et il nous survit même après la mort.

Un tatouage reflète nos pensées sur la peau, notre esprit est visible sur la chair. On affirme qui on est aux yeux des autres. Ce beau dessin incrusté à l’aiguille dans nos bodys est la marque de ce que nous voulons dire au monde mais aussi finalement à nous-mêmes. Nos têtes de mort parlent à nos reins, nos licornes et nos plumes chuchotent à notre cage thoracique, nos ancres marines, nos papillons et nos triangles murmurent à nos chevilles et nos croix guident nos doigts. C’est un peu notre inconscient collectif qui envoie des SMS à l’encre indélébile.

Rébus de l’âme, les tatouages ont un sens caché et sont des symboles d’identité. Un symbole est une chose qui en représente une autre. Le tatouage serait donc un dessin inscrit dans la peau représentant notre état profond. Les symboles expriment l’indicible, ce que certains appellent «Dieu». Le mot tatouage vient d’ailleurs du tahitien et dérive de l’expression «Ta-atouas» – « ta » signifie dessin et « atua » signifie esprit, Dieu. Les tatouages seraient donc de formidables outils pour décrypter la face caché de nous-mêmes et nous connecter à ce qui nous dépasse ? Les tatouages sont un peu nos chapelets modernes.

Depuis fort longtemps, les moines bouddhistes tatouent des mantras sur la peau pour guérir l’âme. Ils y inscrivent leurs prières pour que leurs paroles s’immiscent au plus profond des entrailles. Le tatouage est un lien entre les corps, l’esprit et la peau. Il est une parcelle entre différents niveaux. La souffrance physique qu’il impose ressemble à un rituel de passage pratiqué par certaines civilisations tribales. Il faut être un gros dur, un rebelle comme l’étaient les marins. Le passage à l’acte est une sorte de cérémonie dans laquelle le symbole incrusté sur la peau permet de classer l’ancien ou d’encrer le (re)nouveau. Le tatoueur et le tatoué ne forment alors plus qu’un, l’esprit et le corps se connectent et ensemble, comme dans un beau conte de fée, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

yantra-tattooSak Yank, tattoo magic par Realfeatures (Thailande).

virginia-elwood-1Virginia Elwood (Brooklyn-NY, Etats-Unis).

pietro-sedda-1Pietro Sedda (Milan, Italie).

delphine-noiztoy-1Delphine Noiztoy (Londres, Grande Bretagne).

nick-keiser-2Nick Keiser (Phoenixville, Etats-Unis).

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sak-yank-tattoo-1Sak Yank, tattoo magic par Realfeatures (Thailande)

cody-eich-1Cody Eich (Fort Wayne, Etats-Unis).

igor-gamma-2Igor Gamma

philippe-fernandez-1Philippe Fernandez (Berlin, Allemagne).

pari-corbittPari Corbitt (Fermantle, Australie).

sam-rulz-1Sam Rulz / Ouchiscool (Hamilton, Nouvelle-Zélande). 

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Olivia Zeitline

Et si nous devenions contents d'être en manque ?

Cette frontière avec l'autre est notre îlot

Par essence, sur cette planète Terre, nous sommes tous en manque. Même si nous formons un grand tout nous n’en avons pas conscience et c’est ce qui nous sépare de l’extérieur et génère nos manques. Nous sommes des bouts de ficelle de l’Univers, des parcelles, des milliards d’êtres humains séparés les uns des autres. Cette frontière avec l’autre est notre îlot. Chers moussaillons, nous sommes manquants par nature et cherchons à retrouver la terre promise. 

Et qu’est ce qui nous manque ? Du fric, notre mec, une meute, l’amour avec un grand A, le dernier Mac Book Air, le soleil sur la peau, des vitamines D, un tatouage sur la fesse droite, du sexe et  le mode d’emploi de l’orgasme magique. On travaille 50 heures par semaine, 330 jours par an pour se payer des vacances et combler le manque de vacances or c’est précisément ce manque qui crée encore plus de manque. C’est le serpent qui se mord la queue qui nous demande comment sortir de ce labyrinthe plein de portes de bureaux mais sans issue de secours ?

Combattre un manque ne fait que lui donner plus de force. La première chose à faire serait donc de l’accepter très tranquillement et paisiblement parce qu’après tout c’est le lot commun de toutes les âmes humaines que nous côtoyons. Voir la réalité, ne pas se voiler la face est la meilleure porte de sortie et d’entrée dans le nouveau monde. C’est d’ailleurs le discours d’Emmanuel Ransford, physicien et Arouna Lipschitz, philosophe « Quiconque pense de ne pas avoir de manques est dans le déni de la réalité, dans la rigidité, or le manque est un appel à la dynamique et bouger c’est vivre. » 

Et si être en manque c’était super cool en fait ?

Nous avons tous des manques, nous sommes composés de manques, nous sommes nos manques. En fait, c’est un peu « je manque donc je suis ». Merci mes manques de me montrer que je suis humain, que je vis. Chez les chinois la vie est composée de vide et de plein, de Yin et de Yang. On n’est pas l’un sans l’autre. Comment se rendre compte de nos pleins sans nos vides ? Nos corps physiques sont composés de 90% de vide. Pour remplir un verre d’eau, il faut qu’il soit vide. « Si quelqu’un me demande ce qui m’inspire, je réponds toujours ce qu’il manque, parce que je ne veux pas copier quelque chose qui existe déjà » a dit Pharrell Williams

Nos manques seraient donc des moteurs de Formule 1 bien huilés. Au lieu de les subir essayons de les apprécier en commençant par les voir comme on se regarde dans la glace avant de partir en soirée, bien habillés et reluisants. Ils sont nous, notre chair, nos pensées et notre ADN.

Aimer ses manques, plus facile à dire qu’à faire ? Et bien non, justement parce qu’il y a beaucoup à dire mais rien à faire, juste à être contents d’être manquants. Un peu comme pleurer de joie, essayons de rire de rien.

Pour illustrer cet article, j’ai choisi le travail de José Romussi, plasticien vivant à Berlin d’origine chilienne qui raccommode les bouts manquants des personnages de vielles photos noir et blanc grâce à sa machine à coudre. Il brode des formes géométriques qui remplissent les corps de cercles, de lignes droites, de fleurs, de coeurs et de « Life is beautiful »

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Olivia Zeitline

Ces samples qui vibrent dans nos tympans et révèlent la rythmique du temps

Ramener le passé dans un présent en synchronie

Échantillon sonore réutilisé, souvent boucle, pour créer une nouvelle mélodie, le sample n’est pas seulement une technique musicale, il est aussi révélateur d’un nouveau mode d’appréhension du temps qui coule dans nos tympans. Pièce d’un puzzle modulable, le sample est sculpté dans la matière pré-existante et ramène le passé dans un présent en synchronie.

Comme le disait Spooky « Sampler est une façon de manipuler et de reconfigurer des morceaux du passé dans le présent, et de permettre aux permutations du présent de refléter vraiment ce que la musique pourrait devenir. Et nous voilà en train de jouer avec le passé, le présent, le futur et l’imparfait du langage même. »

Le sample nous reconnecte à la musique polyrythmique des cultures africaines, aux rites vaudou, aux danses tribales. Rythmes importés aux États-Unis par les esclaves chantant dans les champs de canne à sucre, ils sont repris dans nos mélodies actuelles grâce à cette technique de collage musical. La soul, le funk, le hip hop sont tous largement composés de samples puisant dans cette état d’esprit afro. Nous écoutons donc quotidiennement des sons vieux et neufs à la fois car loin d’une répétition à l’identique, les boucles sonores du sample génèrent d’infimes modifications qui sont sources de la création. Le sample donne son âme à la musique.

Dès les années 60, le sample apparaît simultanément chez de nombreux artistes aux quatre coins de la planète Terre. Il s’infiltre chez Steve Reich et sa musique de phases ou Philip Glass, fondateur du mouvement minimaliste. Des collages de voix de David Byrne et Brian Eno jusqu’à Talking Heads ou Franckie Goes To Hollywood, le sample se répand son des années 80. Et finalement, sans que nous en rendions compte le sample s’infiltre partout sur nos ondes radios et dans nos disques durs que ce soit avec C2C, Wax Tailor ou Daft Punk. Il est omniprésent, il est lui-même une sorte de beat infini.

Et si le sample était une invention musicale représentative d’une évolution de la conscience ?

C’est aussi dans les années 60 que les scientifiques découvrent le sampling moléculaire : l’ADN n’étant rien d’autre qu’un sample, quatre acides aminés combinés entre eux sur une double hélice et dont l’évolution a permis celle de toute la chaîne du vivant. Nos cellules sont des samples du Big Bang. Le sample représente une nouvelle façon de voir le temps : la causalité est effacée par un passé synchronisé dans le présent et avec le futur. Le temps est une multitude d’instants présents et c’est toute la rythmique de notre cosmos qui s’ouvre à nos consciences.

Grâce à la technologie donnant naissance aux samplers, nous jouons avec ce temps présent mais n’est ce pas une façon de recréer une faculté que nous avons au fond de nous ? Comme ce document sonore dont les emboîtements créent la rythmique de l’ensemble, nous passons notre temps à nous copier coller pour nous accorder à l’instant présent. Alors, samplons nous les uns les autres.

Merci à Maissa Chahed, dj et créatrice de la marque Mamamushi, pour la sélection musicale de cet article.

Toto la Momposina samplé par Timbaland


Enya samplé par The Fugees


David Axelrod samplé par Dr Dre


Chopin samplé par Serge Gainsbourg


Olivia Zeitline

Dépasser les limites du corps et de l'esprit

Un exploit est un miracle qui vivifie

L’artiste Marina Abramovic repousse les limites de son corps et de son esprit en même temps qu’elle redessine les frontières du Body Art. Tout est possible et Marina Abramovic s’en donne à corps perdu pour nous le prouver. Parcourir la muraille de chine pour croiser l’être aimé, se mutiler en oubliant la souffrance, jeûner des jours durant en face à face avec l’âme sœur et rester assise sans bouger des journées entières à regardant le public droit dans les yeux. A chaque performance, elle réécrit un peu plus ses capacités physiques et psychiques. Son art est un exploit et nous donne envie de dépasser nos propres limitations.

L’homme a passé son évolution a repoussé les limites de la matière, à faire de l’impossible sa réalité quotidienne par ses exploits : inventions technologiques, prouesses physiques,  révolutions scientifiques. Un exploit balaye d’un coup de chiffon toutes nos croyances poussiéreuses. Chaque exploit est le reflet de notre infini pouvoir de création. Il est une source vitale d’espoir : la preuve que tout est possible dans notre réalité. Si un homme a pu marcher sur la Lune, escalader le Mont Blanc ou traverser la Manche à la nage en moins de 7 heures pourquoi nous pourriez-vous pas nager dans un océan de passion ? Un exploit est un miracle qui vivifie.

«Just do it» comme le dit le slogan d’une célèbre marque de basket. Ose sauter à pied joint dans tes peurs et traverse le mur de ta croyance limitante qui te dit que tu ne peux pas réaliser tes propres exploits. Nous sommes freinés par nos certitudes que nous ne pouvons pas les faire, or pour faire, il faut être certain de pouvoir y arriver. Exerçons-nous à en réaliser par une gymnastique psychique quotidienne, un entraînement de fond : un dopage aux pensées créatrices énergisantes tous les matins au réveil. La pensée peut tout exaucer, nous sommes les sportifs de haut niveau de nos courses intérieures.

Quand Marina Abramovic se scarifie, que les grands sportifs explosent des records ou que des hindous s’allongent sur des clous, ils ont la même quête : transcender les limites du corps physique, du temps et de l’espace par l’exploit pour atteindre l’autre versant. Dépasser les limites du matériel pour trouver l’illumination.

Si c’est grâce à un mental d’acier bien transpirant qu’on fait des miracles, c’est aussi celui-ci qui, mal utilisé, peut causer de nombreuses lésions et tendinites spirituelles. L’exploit du dépassement corporel ou psychique est à faire avec la souplesse du mouvement de l’âme, dans l’harmonie et la douceur organique. En torsion de nos os et de nos pensées, exécutons nos salutations au soleil et connectons nous à nos médailles d’or.

J’ai choisi d’illustrer cet article avec quelques images des performances les plus connues de Marina Abramovic avec son partenaire et amoureux de l’époque Ulay. 

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Olivia Zeitline

Réveillons notre pouvoir de création, de liberté et de souveraineté

Interview d'Emmanuel Ransford, physicien

Encore une fois, c’est une coïncidence qui m’amène à vous parler de coïncidence et de hasard quantique. Alors que je lisais ses livres et regardais depuis quelques temps ses vidéos, je croise un beau matin le chercheur Emmanuel Ransford rue du Château d’Eau vers 11h moi en vélib’ et lui traversant la rue. Alors qu’il n’a aucun site web et aucune adresse mail sur Internet permettant de le contacter, je tombe tout simplement sur lui miraculeusement. Voici donc en exclusivité, une très belle interview de lui qui j’espère vous éclairera sur les ponts qu’il existe entre la science et la spiritualité.

Il existerait une matière invisible derrière celle que nous connaissons. La substance qui englobe ces deux «matières», visible et invisible, Emmanuel Ransford la nomme l’holomatière. Sa face invisible est une sorte de «matière» endo-causale. Elle contiendrait les bases de notre libre arbitre, de notre capacité à faire des choix. Contrairement à la matière ordinaire, visible et «exo-causale» que nous palpons tous les jours et qui obéit aveuglement à ses déterminismes (si une pomme se décroche d’un arbre, elle tombe par terre), Emmanuel Ransford pense qu’au cœur du hasard ou de l’aléatoire quantique qui se manifeste dans l’atome et dans l’électron se cacheraient les germes de notre pouvoir de création, de liberté et de souveraineté. Pour lui, l‘holomatière se révèle timidement au travers du hasard quantique. Si les particules font des sauts quantiques imprévisibles ce n’est pas sans raison. C’est au contraire, c’est la manifestation d’un fabuleux trésor. C’est la promesse de notre conscience, laquelle peut s’amplifier jusqu’à toucher ce que certains appellent le «divin» Alors, est ce que tout est possible dans la vie ; et comment faire des sauts quantiques dans nos existences ?

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Quel est votre parcours ? Que faites-vous exactement ?

J’ai fait des études scientifiques, notamment dans le cadre d’une grande école; ce qui est d’ailleurs une spécificité française sans équivalent à l’étranger. Les deux disciplines qui m’intéressaient le plus étaient la physique quantique et l’économie.

Parlons de physique. Schématiquement, il y a deux façons de l’aborder. La première correspond plus à une sensibilité de technicien. Elle consiste à faire les calculs qui résolvent des problèmes concrets, sans chercher autre chose.

L’autre correspond plus à une sensibilité de philosophe. Elle consiste, au-delà des calculs et des recettes qui marchent, à s’interroger sur le sens de ce que la physique révèle sur la réalité et sur ses fondements. C’est cette deuxième façon qui me passionne. Elle devient vraiment intéressante avec la physique quantique.

Dans mon parcours professionnel, j’ai notamment fait des recherches en optique non linéaire, celle des lasers, qui fut alors une discipline en plein essor. C’était bien, mais ne répondait pas à mes questions sur le sens. Du coup, j’ai fini par sortir des rails afin de pouvoir m’exprimer librement et de me mettre à l’écriture.

Je suis donc devenu un électron libre,comme on dit, et j’en suis heureux ! Je me mobilise (livres, conférences…) pour diffuser mes idées à divers publics, ce qui me donne l’inestimable privilège de rencontrer de belles personnes qui sont en recherche.

Au fond, je pourrais me définir comme un «conceptualiste», au sens où ma préoccupation première est d’extraire de la science des concepts essentiels, propres à donner des repères et à permettre de construire une compréhension plus profonde du monde.

En quelques mots, quelle est la place de la conscience dans la science ?

Actuellement, la science ne sait pas trop quoi faire de la conscience. Elle est faite pour ce qui est palpable et mesurable, mais elle est mal adaptée pour cerner le domaine de la subjectivité.

L’attitude la plus confortable et la plus facile pour les scientifiques est de nier l’existence de la conscience. Elle est de refuser d’en faire un contenu original du monde. Il faut bien voir que ce choix, très répandu, n’a rien de scientifique. Il est arbitraire et purement idéologique. Or, la science n’a que faire de l’idéologie !

Les neurosciences cherchent à percer les mystères et les secrets du cerveau conscient. Elles sont très dynamiques et font de remarquables progrès. Le but avéré de nombreux spécialistes du domaine est, d’après leurs propres déclarations, de résoudre totalement l’énigme de la conscience cérébrale en corrélant précisément les états mentaux à des états neuronaux.

Je rappelle qu’une corrélation n’est pas ni ne conduit à une explication. Établir une corrélation entre deux phénomènes est un constat. Elle relève du niveau descriptif. Croire et affirmer qu’une corrélation conduit à une explication, c’est confondre description et explication.

Pour réellement comprendre le mystère du cerveau conscient, donc en trouver l’explication, je crois qu’il faut d’abord faire une vraie place à la conscience (et plus généralement, au psychisme, qu’il soit conscient ou inconscient). Il faut la rattacher à un principe explicatif que ne contient pas le niveau descriptif.

Le principe explicatif que je propose est une forme inédite de causalité, que je baptise « l’endo-causalité ». Elle s’oppose à l’habituelle causalité déterministe de la matière ordinaire ; que je nomme aussi « l’exo-causalité ». Tout cela est expliqué plus longuement dans mes livres, évidemment.

Votre théorie apporte-t-elle du nouveau ?

Ma réponse à votre question est évidemment affirmative ! Pour le justifier, voici un bref résumé des raisons de ma démarche.

Personnellement, je n’ai jamais pu souscrire à la seule alternative qui nous est traditionnellement offerte. J’ai toujours considéré cette alternative, qui énonce que la conscience est d’origine soit matérielle soit surnaturelle, trop restrictive pour être convaincante. Je crois qu’avec elle, le problème est pas mal posé dès le départ, et n’est-ce pas ce qui le rend insoluble, bien artificiellement ?

Je me suis alors demandé si l’on pouvait envisager autre chose, sans renier pour autant les acquis de la science. J’ai réfléchi à une troisième voie, que j’ai appelé la voie « im-im » car elle part de l’hypothèse inhabituelle que la conscience est un phénomène à la fois im- matériel et im-manent. 

Immatériel et immanent : la voie im-im joint ces deux traits réputés incompatibles, car généralement, ceux qui croient la conscience immatérielle en font aussi une entité surnaturelle tandis que ceux pour qui elle est immanente la croient aussi d’origine strictement matérielle.

Je précise que par «immatériel» j’entends : «qui n’a ni les mêmes propriétés ni les mêmes lois que la matière», et que par «immanent» j’entends : «qui est un contenu de notre univers», ou encore : «qui n’appartient pas à un monde surnaturel ou transcendant».

Ma thèse im-im fait ainsi éclater la vieille opposition entre, d’une part, un psychisme humain qui serait de nature matérielle et immanente, et d’autre part, un psychisme humain qui serait de nature immatérielle et transcendante. Au matérialisme elle prend l’immanence, au spiritualisme elle prend l’immatérialité. Elle est à mi-chemin entre ces deux extrêmes !

La thèse im-im offre donc une perspective inédite : avec elle, il y a trois choix possibles au lieu de deux. Cela permet de repenser la question du cerveau conscient, et d’envisager des solutions neuves au mystère qu’il soulève.

Partant de là, j’ai posé les fondements d’une théorie basée sur un «avatar» de la matière que j’ai baptisée l’holomatière, ou encore, la psychomatière. Cette holomatière est une «super-matière» plus riche que la matière ordinaire. Elle lui rajoute une dimension invisible.

Cette dimension, que je nomme le ‘psi’, est elle-même immatérielle et immanente. Cela ne l’empêche pas d’interagir parfois avec le monde physique, à son niveau le plus intime et le plus infime, qui est celui des particules élémentaires. Quand elle interagit, le physicien ne pas comprendre ce qui se passe – puisqu’il ignore totalement l’existence du ‘psi’ !

En clair, le ‘psi’ serait la vraie cause, cachée, des comportements bizarres et incompris de la matière au niveau quantique. C’est lui qui en tirerait les ficelles. Tant que nous l’ignorerons, le monde quantique restera inintelligible à nos yeux. Il ne peut pas en être autrement.

Je montre par ailleurs (dans mes livres notamment) que, par ses propriétés originales, le ‘psi’ permet d’expliquer l’émergence de la conscience dans la matière cérébrale. Je souligne qu’il s’agit d’une explication potentiellement testable, ce qui est crucial en science. Il y a trop d’explications purement verbales qui sont proposées, dont nul ne peut savoir si elles sont vraies, fausses, ou simplement fantaisistes !

J’ai dit «potentiellement testable» et non pas «testable» tout court car il n’est pas rare qu’une idée doive attendre des semaines, des mois voire des dizaines d’années de travail collectif pour déboucher sur un test effectif.

En conclusion le ‘psi’, tel que je le définis dans mes écrits, permettrait de résoudre deux énigmes. C’est encourageant ! La première concerne les comportements bizarres, et très obscurs, des particules élémentaires. La seconde concerne la conscience cérébrale. Cela ne devrait-il pas susciter un minimum de curiosité, voire d’intérêt, pour le ‘psi’ et l’holomatière 

Comment un scientifique en vient-il à la spiritualité ? 

Comment répondre à votre question ? Je pense qu’il y a mille et une manières, propres à chacun, de faire (ou non) ce chemin. En tout cas, je ne me définis pas comme une personne «spirituelle». Je suis plutôt un mécréant, comme je l’écris dans la préface d’un livre réédité du Père François Brune qui a ce titre magnifique : Pour que l’homme devienne Dieu. Ce titre s’inspire de cette phrase de Saint Augustin, qui parle implicitement du Christ : «Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu.» Elle est si belle que je ne résiste pas au plaisir d’en parler !

Que puis-je ajouter à cela ? Je dois préciser que l’holomatière, qui est une «super-matière» immanente (pour reprendre ce mot de philosophe), pointe cependant vers autre chose. Elle suggère la présence d’une réalité transcendante qui la prolonge et la dépasse. Cette réalité (que je qualifie «d’ur-causale») serait, si l’on peut dire, la demeure du divin. 

Ma démarche ne pose pas l’hypothèse de Dieu. Néanmoins, elle aboutit vers un niveau de transcendance qui complète notre monde manifesté – à la façon d’une asymptote si l’on veut. Je trouve cela intéressant.

Cette réflexion s’enracine, de façon un rien inattendue, dans le hasard ou l’aléatoire qui apparaît en physique quantique. Un exemple bien connu de cet aléatoire est la radioactivité naturelle. En effet, la désintégration d’un atome radioactif à tel moment plutôt qu’à tel autre est sans cause déterministe connue. Elle se produit au hasard, à un instant qui n’est imprévisible que de façon probabiliste.

L’aléatoire ou le hasard quantique échappe par définition à tout déterminisme. Il est, dans mon hypothèse, lié au ‘psi’ de l’holomatière : quand ce ‘psi’ devient actif et interagit, la matière ce comporte de façon aléatoire.

En fait, je rattache ce hasard non pas à une absence de causalité (a-causalité) mais à une forme non-déterministe de causalité, que j’appelle l’endo-causalité. Cette causalité fluctue, elle est variable et créatrice. Elle s’oppose radicalement à la causalité fixe et rigide qui sous-tend tout déterminisme. Elle se rattache en fait à un pouvoir créatif : le ‘psi’ est susceptible de prendre des initiatives et de faire des choix – à un niveau souvent très rudimentaire il s’entend. 

Dans l’holomatière, l’endo-causalité est limitée par les déterminismes de la matière. Elle n’est donc que partielle. Mais une forme totale, ou «parfaite» si l’on préfère, d’endo-causalité est également concevable. Je la baptise «l’ur-causalité». Elle n’est liée à aucun déterminisme. Cette nouvelle forme de causalité va de pair avec une créativité sans limite et sans entrave. Pour elle, tout est possible : sa créativité est transcendantale, ou «divine». C’est elle que je touche finalement au divin, à la spiritualité. La transcendance s’invite comme conséquence logique, quasi inévitable, de ma démarche. Je trouve cela plus fort que si le spirituel était déjà posé au départ.

Souvenons-nous par ailleurs que l’astrophysique a fait une découverte extraordinaire. Elle révèle que l’univers n’est propice à la vie que parce que ses caractéristiques sont très précisément les siennes. Changeons un rien ses conditions initiales ou la valeur des constantes physiques, et c’est la catastrophe : l’univers devient immanquablement stérile.

L’époustouflante précision nécessaire à la vie a inspiré le «principe anthropique». Elle rend incroyablement peu probable notre univers porteur de vie, et l’on parlerait beaucoup plus de cette découverte si elle n’était pas une gêne pour le dogme matérialiste. Son tort est de suggérer qu’une «intention cosmique» (voire divine ?) pourrait être à l’origine de l’univers qui nous a permis d’exister.

L’hypothèse d’une intention cosmique étant effrayante et insupportable pour un scientifique matérialiste (mais si mais si !), les astrophysiciens se sont précipités à inventer un nombre incroyable d’univers parallèles pour l’éviter et rendre notre univers moins invraisemblable. Pensez donc : tant d’univers en surnombre, juste pour que le nôtre paraisse plus probable ! Ce n’est pas une solution très économe.

La vertigineuse improbabilité de l’univers qui nous a vus naître est un autre élément important de réflexion que la science apporte à quiconque est en quête de spiritualité et en recherche de sens. 

Pour le reste, il me semble que la spiritualité est d’abord et avant tout une pratique. Elle mobilise le cœur plutôt que la tête. Elle s’exprime dans des actes plutôt que dans des idées. Elle passe par une attention sincère et une présence bienveillante aux autres, par le partage et l’altruisme, par la prière ou la méditation régulière si possible, et ainsi de suite. On sait de surcroît, et c’est démontré, que tout cela est excellent pour le moral et pour la santé !

Comment appliquer vos concepts à la réalité humaine ? Peuvent-ils nous aider à trouver un sens à nos vies ? 

Je dirai d’abord que le concept d’endo-causalité, dont j’ai parlé, nous touche directement : il s’épanouit en libre arbitre chez l’homme. Il est cependant de bon ton, aujourd’hui, de nier ce libre arbitre. Il gène, comme la conscience…

Notre libre arbitre nous donne une capacité individuelle de choix. Il est notre potentiel de liberté, de créativité et de souveraineté. Je l’appelle notre «vivance». Si la vie vaut la peine d’être vécue, c’est en grande partie grâce à lui ! Mais nos habitudes, nos préjugés et conditionnements tendent si nous n’y prenons garde à le réduire fortement.

Un autre concept important de mon approche, que je n’ai pas encore mentionné, est celui de «supralité». Il est à nouveau en lien avec les traits bizarres de la matière quantique. Cette supralité nous relie à l’univers entier. Elle nous donne des «ailes psychiques» invisibles et illimitées. Grâce à elle, des réseaux d’interdépendance et de solidarité se tissent dans l’invisible. 

Le «moi supral» qui en découle fait de nous d’authentiques géants de l’invisible, des géants qui appartiennent, pour ainsi dire, à une communauté d’êtres et d’âmes. Avec ce moi étendu, nous ne sommes jamais isolés dans l’existence.

J’ai l’habitude de résumer tout cela en disant que l’holomatière nous donne deux leviers de plénitude : la «vivance» d’une part (par l’endocausalité), la «reliance» de l’autre (par la supralité). Cette vision de la nature humaine s’accorde avec d’autres approches, telles que la psychologie transpersonnelle.

Les grandes avancées de la science doivent beaucoup à l’intuition humaine. Vous êtes-vous appuyé sur votre intuition ? 

Votre question est intéressante, et je vous remercie de l’avoir posée, car on croit trop souvent que la science doit tout à la froide raison et rien à l’intuition. On laisse cette dernière aux artistes, aux poètes et aux psychologues. Or, ceci est faux : la science doit beaucoup aux fulgurances de l’intuition. C’est à elle, l’intuition, que nous devons les plus grands bonds en avant de notre compréhension.

Les «sauts quantiques» du savoir et de l’intelligence des choses sont quasiment toujours liés à des intuitions remarquables. Les exemples sont innombrables, chez les grands mathématiciens par exemple, de ces moments privilégiés où un flash intuitif fait soudain accéder à une nouvelle compréhension, comme par enchantement.

En revanche, la science doit ensuite consolider et «digérer» ces savoirs inédits acquis par intuition. C’est alors seulement que la froide raison reprend ses droits. L’inspiration irrationnelle nourrit une démarche qui sera faite de la rigueur et de raison. 

Pour répondre à votre question, me suis-je appuyé sur mon intuition ? Sans doute a-t-elle joué un rôle important au départ. A vrai dire, je ne peux pas répondre plus précisément… car je ne m’en souviens plus très bien ! [rires]

J’ajoute enfin que mon approche conduit à distinguer trois formes d’intuition, qui sont successivement : l’intuition ordinaire (je lis des indices imperceptibles sur un visage, je devine ce que la personne pense et je comprends ses non-dits), l’intuition suprale (j’accède instantanément à des informations par des voies non-sensorielles, de type télépathique par exemple, qui reposent sur la supralité), et l’intuition ur-causale, ou «ur-intuition» (j’accède à des connaissances qui me sont données par mon éventuel lien avec des réalités ur-causales donc transcendantes).

Tout est-il possible dans la vie ? 

Tout est-il possible ? Tout et n’importe quoi – comme, par exemple, se faire construire un château gothique sur la lune ? Quelle belle question ! Elle met une agréable légèreté, et j’aime son côté vaguement provocateur et absurde.

La dure réalité est que notre endo-causalité n’est que partielle… et donc, tout ne nous est que partiellement possible ! [rires] Plus sérieusement, on peut choisir de développer notre potentiel d’endo-causalité. On peut sciemment cultiver ce potentiel et le faire croître, pour notre propre épanouissement. On peut y parvenir à force de répétition – avec ténacité, et dans la joie.

N’oublions pas que la joie est le carburant de la liberté. «Apprends à te réjouir, c’est ton premier devoir», disait Sénèque. Ce à quoi Confucius répondait : «La joie est en tout ; il faut savoir l’extraire.» 

Il est aujourd’hui prouvé que ceux qui pratiquent très régulièrement la méditation ont un cortex cérébral droit (lié au bonheur) particulièrement actif et développé. A force de méditer, ils l’ont musclé ! C’est encourageant. Au passage, rendons hommage à la plasticité de notre cerveau, qui rend cela possible.

Nous pouvons grandir intérieurement. Nous pouvons décider de développer notre altruisme et notre empathie, et les traduire dans nos actes. En fait, il y a tant de choses qui nous sont possibles ! Parfois d’ailleurs, il suffit d’ignorer que certaines choses sont impossibles pour les réaliser. [rires] 

C’est par un saut quantique qu’on atteint l’endo-causal. Cela se traduit-il par un saut dans l’inconnu dans notre vie ? 

Le saut quantique est une belle métaphore. On peut «sauter» dans sa vie, de joie par exemple. Certaines personnes vivent de vrais sauts quantiques intérieurs : ils changent et évoluent incroyablement vite, en très peu de temps, et sans retour en arrière. Elles sont des témoignages vivants du pouvoir de l’esprit et des miracles qu’il peut produire. Elles sont des témoignages d’espoir !

Souvent, le saut intérieur se prépare en silence, inconsciemment et à notre insu. Il se produit sans qu’on s’y attende, souvent à la faveur d’un lâcher-prise. Attention cependant, il n’y a pas de recette toute faite pour cela, et n’allons pas croire qu’il est très courant. L’espoir se nourrit aussi d’une forme de réalisme, qui empêche les déconvenues.

Votre question mentionne un saut dans l’inconnu. J’aurais tendance à parler plutôt d’un saut dans le lâcher-prise : lâchons nos peurs, oublions nos limites, et laissons notre âme grandir. Alors, l’univers nous offrira ses richesses. C’est cela, l’inconnu : un monde fascinant à découvrir … 

Pour aller plus loin voici les deux livres d’Emmanuel Ransford : La Nouvelle Physique de l’esprit (2007, éd. Le Temps Présent) / La Conscience Quantique et l’au delà (2013, éd. Guy Trédaniel).

Olivia Zeitline

Jeûner ou notre capacité à nous auto-réparer

Plus on est faible plus on est fort

Pendant des milliers d’années, alors que nous n’étions que des hommes de Cro-Magnon vivant dans la forêt, notre corps devait faire face au manque de nourriture, à l’absence de gibiers, au froid et à la disette. Aujourd’hui, notre corps doit faire face à la publicité alléchante, aux rayons remplis des supermarchés, à la sur abondance. En jeûnant, nous ne nous soumettrons plus à la tentation et nous nous viderons de tous nos pêchers, de nos frites dégoulinantes, de nos gâteaux industriels, du rhum qui imbibe et inhibe nos neurones de tout ce qui baigne dans notre foi. Crème fraîche, pizza, pain blanc, lardons, notre vie est remplie de carburants qui nous attaquent les boyaux comme la javel détartre les canalisations. Préoccupons nous donc un peu de notre tuyauterie.

On nous a appris à nous remplir la panse mais pas à la délester. Manger trois fois par jour c’est une habitude physique mais aussi psychique alors que nous pouvons très bien tenir quarante jours sans manger. Et si le mental nous faisait croire à des besoins que nous n’avons pas ?  Le corps gère mieux le manque que le surplus.

L’alimentation c’est l’essence de notre santé. Comme faire un vidange après s’être trompé de carburant, faire un jeûne pourrait aider à remettre d’aplomb nos carcasses embouteillées. Le jeûne en a sous le capot comme le montrent les études du docteur russe Yuri Nikolaev qui a guérit de nombreux patients atteints de maladies physiques ou même psychiques depuis plus de quarante ans. C’est dire la puissance de notre alimentation sur notre santé, notre humeur voire même notre bonheur.

Très paradoxalement, plus on est faible plus on est fort. Plus on jeûne, plus on se vide, plus on trouve des ressources pour guérir et c’est d’ailleurs les résultats du cancérologue américain Valter D.Longo. En effet, nos cellules auraient appris à se mettre en mode sur-vie lors des longues périodes de jeûne de nos anciennes existences pré-historiques et le jeûne activerait cette mémoire d’un processus d’auto-guérison en nous. Le néant active l’auto-nettoyage. Jeûner pendant une chimiothérapie pourrait en améliorer les résultats voire même aider à guérir le cancer. Les cellules cancéreuses étant modifiées génétiquement elles n’auraient pas cette mémoire ancestrale et cette capacité à se battre contrairement aux cellules saines. (Données issues du reportage « Le jeune, une nouvelle thérapie ? Documentaire Arte 2013).

Dans nos société modernes on ne sait résoudre les problèmes qu’en allant chercher des réponses à l’extérieur. Elles sont aussi au fond de nous et le jeûne nous montre l’exemple puisque le corps sait s’auto-réparer. Notre mémoire ancestrale peut nous aider à reconnecter à cette capacité. Cela ne veut pas dire que nous devons revenir au temps des cavernes bien au contraire. Cela veut dire que l’évolution passe par savoir re-faire le vide tout en conservant nos pleins pour atteindre le point d’équilibre. C’est un jeu permanent d’allers et de retours dans lequel nous ne savons qu’aller. Ne pas avoir peur d’être seul avec soi-même et croire en son auto-guérison c’est un peu ça l’enseignement du jeûne.

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Merci à Charlotte Le Brun / Studio Lowpolar d’avoir illustré cet article ♥

Écrire pour faire apparaître la lumière

Interview du fondateur du Water Light Graffiti

Écrire pour faire apparaître la lumière. C’est l’idée simple d’Antonin Fourneau qui a imaginé l’installation artistique Water Light graffiti, un mur géant à taille humaine sur lequel chacun peut écrire avec de l’eau. Grâce à un ingénieux procédé technique, l’eau et même l’humidité allument les lumières (les centaines de LED) du mur à l’endroit précis du contact. Les écrits éphémères s’éteignent dès que l’eau s’évapore. Telle une ardoise magique, le mur donne la parole à chacun et même la possibilité de se répondre et de dialoguer en lumière.

– ANTONIN FOUNEAU –

Age : 32 ans

Résidence : Paris

Origine : Marseille

Parcours : Bac scientifique, Faculté de sciences, École d’art à Aix en Provence, Arts décoratifs de Paris (atelier de recherche en interactivité).

Médiums : l’électronique, l’art est une avancée technologique et les artistes apportent de nouvelles formes d’écriture.

Actualités : le projet Water Light Graffiti tourne un peu partout dans le monde.

Web : il faut partir à la chasse aux trésors pour le trouver mais voici quelques liens : waterlightgraffiti.comatocorp.free.fr

Water Light Graffiti_Creditphoto_FotoFilip (2)

Peux tu décrire ton travail en quelques mots rapidement ?

J’ai une obsession : celle la place du jeu dans la société. Dans quelle mesure les règles sociétales peuvent devenir des règles de jeu ? Que peut on détourner dans l’espace urbain pour que cela devienne un jeu. J’aime le mot «jeu», «gamification» en anglais traduit en français « ludification » qui sonne bizarre comme «lubrification». Je bidouille, je suis un hacker depuis petit. J’aime prendre un objet mécanique et le démonter pour le comprendre, donner vie à des choses inanimées.

Peux-tu nous parler du projet Water Light Graffiti ?

J’ai toujours fait beaucoup de pièces interactives avec de l’eau. L’eau améliore le contact. L’eau est omniprésente dans mon travail comme la technologie. Puis un jour j’ai eu un déclic : alors que je travaillais avec des élèves sur l’idée d’interface naturelle j’ai vu des hommes faire de la calligraphie par terre en passant le balai avec de l’eau. Il m’est alors venue l’idée de fabriquer une interface lumineuse qui réagirait au contact de l’eau. D’inventer une œuvre permettant d’écriture avec de l’eau. Water Light Graffiti est une sorte de petite invention, je le rêve comme un futur matériau d’architecture.

Son fonctionnement : l’humidité permet à l’écran de s’allumer à l’endroit ou on passe. Dès qu’il y a un matériau conducteur ça s’allume (même avec de la purée ça marcherait). Les gens sont attirés et veulent essayer de comprendre, leur premier réflexe est de mettre la main. Puis les gens commencent à dessiner. Le premier Water Light Graffiti, en co-production avec Digital Art International, date de juillet 2012 à Poitiers et il a beaucoup voyagé depuis. C’est drôle parce qu’on se rend compte que les gens dessinent/écrivent souvent la même chose. Il y a des icônes phares : le smiley, le pacman, le dollar, la fleur, le cœur. Il y aurait une étude à faire ! Puis l’écriture lumineuse s’efface avec l’évaporation ou avec un chiffon (dans les événements c’est notre enfer on passe le temps à passer le chiffon !).

Le succès de Water Light Graffiti c’est aussi son échelle à taille humaine qui lui donne son coté magique. On dirait une ardoise magique géante.

Quel est le but de Water Light Graffiti ?

Changer le rapport à l’espace urbain. Qu’est ce que c’est qu’un message éphémère par rapport à un graffiti ? Mon rêve serait d’installer Water Light Graffiti dans l’espace urbain en m’associant avec un architecte et que les éléments naturels fassent que les écritures s’effacent. Rendre un bâtiment vivant juste parce que il va pleuvoir.

Un objet est vivant, un objet a une âme. On a tous des objets manufacturés semblable mais au bout d’un moment à force de nous accompagner on n’y projette des choses différentes. Ils s’associent à notre mémoire et nos souvenirs. J’ai un boulon que j’ai mis à mon doigt et si je le perds ça ira très mal alors que c’est juste un boulon.

Water Light graffiti est une sorte d’écriture éphémère ?

Le Water Light Graffiti c’est un peu le mur Facebook de la ville. Facebook a beau archiver, qui va dans les archives de Facebook regarder ? Un post, un tweet est très éphémère sur les murs, les fils des réseaux sociaux. Dans Water Light Graffiti le message éphémère disparaît du fait de la technologie. L’écriture du Water Light Graffiti est presque de la parole. Parfois ça s’efface tellement vite que les gens se répondent et font des cadavres exquis. Les gens se projettent dans les dessins des autres et ainsi de suite.

Qu’est ce que la réalité selon toi ?

La réalité c’est l’argent (rires) ! Pour moi l’argent n’a jamais été une réalité :) Plus sérieusement, j’ai l’impression qu’il va en y avoir de moins en moins avec la réalité augmentée. Les nouvelles technologies bouillent de plus en plus notre rapport à la réalité. Avec Water Light Graffiti, je cherche à casser des rapports du quotidien, à casser ce qu’on peut faire toujours de la même manière. Il y a une sorte de rupture de la réalité, du quotidien.

Penses tu que nous percevons tous la même chose ?

Je pense que je ne perçois déjà pas les mêmes choses selon les heures de la journée, les périodes de ma vie. Un de mes professeurs, Louis Bec disait «le meilleur moyen de trouver des idées est de d’entreprendre un voyage, le simple fait de prendre le train permet de voyager dans un autre monde». Changer ses horaires, sa façon de manger, toutes ces cassures nous permettent d’inventer.

Existe-il des univers parallèles ?

Oui. Enfant j’étais fasciné par les étoiles, les différences de temps, d’années lumière. On est en train d’inonder l’univers d’ondes radio et télé qui ont une très grande portée à des années lumières de nous et créent d’autres espaces temps. La distance crée des réalités parallèles et avec toutes nos inventions on va bientôt avoir des univers parallèles chez nous.

Est ce que tu penses que le temps est causal ?

Évidemment comme dans «Retour vers le futur» ou «Un jour sans fin» dans lequel Bill Murray revit tous les jours le même jour. Avec les univers parallèles à gérer ça va devenir un sacré bordel (rires).

Water Light Graffiti_expo Dlight_Creditphoto_Quentin Chevrier (2)

Water Light Graffiti_poitiers_2012_Creditphoto par Quentin Chevrier

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