Olivia Zeitline

Sauter dans un nouveau niveau de conscience paradisiaque

La conscience n'est pas simple, elle serait même double et nous n'en verrions qu'une facette

Pour les plus illuminés d’entre nous, il existe un état supérieur de conscience ressemblant bel et bien au paradis comme il est décrit dans les livres les plus connus de ces derniers millénaires et cité par de nombreux maîtres spirituels ou autres clairs voyants sous LSD.

La conscience n’est pas simple, elle serait même double et nous n’en verrions qu’une facette. Régis Dutheilphysicien français décédé en 1995, professeur de physique à la faculté de médecine de Poitiers et chercheur à la fondation Louis de Broglie, parlait de l’existence d’une conscience super-lumineuse reliée à un autre espace-temps où les particules iraient toujours plus vite que la vitesse de la lumière contrairement au notre. Dans cet état, la ligne de temps n’existerait plus. Nous serions tous des médiums avec des boules de cristal capables de prédire un avenir confondu dans le présent. Nous pourrions tout comprendre en un instant et serions en possession de notre libre arbitre plein et entier. Connectés au tout, nous serions libres de faire ce que nous voulons en permanence. Si c’est pas ça le paradis ?

Cette théorie anti-conformiste résonne peut-être en vous, ne serait-ce que par une petite voix qui vous dit : « pourquoi pas puisque nous savons que nous ne savons rien sur nous, que nous ne connaissons qu’une infime partie du fonctionnement de notre cerveau » ? Pourquoi ne pourrions nous pas être totalement maîtres de notre existence ? Les limites que nous nous imposons dans nos vies à penser que certaines choses sont impossibles ne sont elles pas le reflet des limites de notre niveau de conscience ?

Alors comment atteindre cet oasis, pour nous pauvres mortels ? Nous aurions déjà accès à des bribes de cet état de conscience dans notre réalité par la synchronicité : l’ensemble des coïncidences qui surviennent dans nos existences. La synchronicité est un concept utilisé par de nombreux penseurs et notamment un de nos chouchous, le célèbre médecin indien Deepak Chopra pour nous encourager à remarquer les coïncidences qui se produisent dans notre quotidien. Elles seraient des guides pour nos choix de tous les jours. En suivant leurs messages, nous pourrions nous reconnecter, petit à petit, à la partie super lumineuse de nous-mêmes, notre autre niveau de conscience.

Mais qui serait assez fou ou libre d’esprit pour laisser sa vie aux mains des coïncidences ? Pour accéder à ce niveau de conscience supérieure, il faudrait donc commencer par lâcher valeurs, conditionnements et autres croyances qu’on pensait vérité absolue et ça fait le même effet que de sauter du haut d’une montagne, les yeux bandés, les mains attachées et sans parachute, sauf qu’au bout il y a le paradis.

Sélection visuelleLa vidéo réalisée par Goovinn de la préparation mentale d’un saut effectué du haut d’une montagne à Chamonix par Espen Fadnes, le champion de wingsuit (nom donné à la combinaison qui permet aux parachutistes pratiquant le base jump de frôler les montagnes) et qui nous dit que dans ces moments « Le passé n’existe pas, le future n’existe pas. Il n’y a que maintenant ». 

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Olivia Zeitline

Pour se rappeler qu'une graine germe grâce à la magie de l'esprit

Reportage du Forum International de l'évolution de la Conscience

Samedi 12 octobre, je suis allée au 2ème Forum International de l’évolution de la Conscience qui se tenait à la Sorbonne à Paris et franchement j’ai pris un bon coup de défibrillateur grâce à Pierre Rabhi (philosophe et co-fondateur du mouvement Colibris) qui ne mâche pas ses mots «L’humanité a à prendre conscience de son inconscience».

De son métier de paysan et de sa ferme en Ardèche, cet homme originaire du désert algérien, aux yeux plein d’étoiles et aux sandales en bois, a tiré des enseignements fondamentaux qu’on a tendance à enfouir sous terre. Si la matière existe, c’est bien parce qu’au commencement il y a l’esprit.

Nous mangeons tous les jours des aliments morts, et ce, parce que nous maltraitons la Terre, nous la détruisons avec nos méthodes de barbares des temps modernes, nos pesticides et nos tracteurs de guerre.

L’agriculture industrielle a oublié la règle de base : si la petite graine que tu plantes germe c’est grâce au miracle de la vie. La matière n’existerait pas sans l’esprit. La spiritualité est omniprésente, elle se dilue et s’infiltre dans chaque cellule si bien que nous ne la voyons plus, que nous n’en avons plus conscience. 

Les plantes ont besoin d’être aux petits oignons pour vivre. Mettons nous à cultiver notre potager sur notre balcon, à émietter le terreau avec nos mains, à planter dans des espaces partagés. Soutenons l’agroécologie : des méthodes d’agriculture traditionnelles où les paysans enlèvent leurs masques à gaz pour renouer avec la terre, pour serrer les graines dans leurs bras et rouler des pelles aux jeunes pousses. Achetons des fruits et légumes de saison, inscrivons nous à une AMAP pour recevoir chez nous des produits de l’agriculture locale et créer des liens directs avec les producteurs.

Pour faire changer le système il faut commencer par nous changer nous mêmes, dératiser nos mauvaises herbes intérieures et faire pousser notre conscience.  

-> Pour aller plus loin rendez vous sur le site du mouvement Colibris et voir que faire pour agir.

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Karl Blossfeldt

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Wendy Hollender

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Ferdinand Bauer

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Karl Blossfeldt

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Karl Blossfeldt

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Sarah roche

Comment sera notre climat dans 50 ans? Que faire pour le sauver ?

Inteview d'Hervé Le Treut, climatologue

Que pouvons-nous faire pour le sauver ou au moins l’améliorer et s’adapter ? Réponse d’Hervé Le Treut, climatologue français directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace, membre de l’Académie des Sciences, du GIEC et professeur à Sciences Po, à l’école Normal Supérieure et à l’école Polytechnique.

Pourquoi est-ce si dur pour un non-scientifique de savoir quoi penser de l’évolution de notre climat ?

Vulgariser l’information, la transmettre, c’est toujours très difficile, car il s’agit de  la simplifier mais en restant  juste et précis.  Quand on touche à l’exploration de la planète c’est plus difficile encore car cela  mobilise beaucoup de compétences très différentes : il faut des spécialistes de l’atmosphère, de l’océan, de la chimie atmosphérique, de la chimie océanique, et bien d’autres encore, y compris des chercheurs qui font la synthèse de toutes ces informations. Et dès que se superposent à cela des débats contradictoires, comme les médias en ont transmis au sujet du climat, alors  il devient presque impossible pour une personne qui n’est pas spécialiste de se former un jugement personnel. Il  n’y a pas de débat scientifique possible  dans les médias – un débat scientifique réclame de revenir aux modèles, aux mesures aux équations scientifiques. Au bout du compte quand un problème scientifique est débattu dans les médias la seule manière de faire la part des choses c’est de savoir à qui faire confiance, d’identifier qui est la communauté scientifique, qui sont les chercheurs. S’intéresser à la façon dont les gens travaillent, cela peut être un bon guide pour savoir à qui faire confiance en matière d’information scientifique.

D’autre part, quand on parle de climat il n’y a pas un mais des enjeux scientifiques. Ils touchent au monde physique (chaleur, pluie),  au vivant (animaux, végétation), au vivant que maîtrise l’homme (l’agriculture), à l’énergie. Toutes ces problématiques font appel à des expertises scientifiques très différentes les unes des autres qui se juxtaposent et se connectent à des problèmes sociaux qui ont leur dynamique propre (inégalité, justice, partage des ressources). Les scientifiques apportent donc un éclairage à replacer dans un contexte plus large et d’ailleurs on les interroge souvent plus sur ces problèmes connexes que sur leurs expertises scientifiques.

On parle de réchauffement climatique mondial mais dans quelles proportions ?

On émet actuellement dans l’atmosphère beaucoup de gaz à effet de serre qui réchauffent la planète. Pour le principal, le CO2, on chiffre les émissions à 10 milliards de tonnes de carbone. C’est dur à imaginer mais c’est presque dix fois plus que juste après la deuxième guerre mondiale. Une moitié du gaz injecté dans l’atmosphère y reste une centaine d’années, et pourrait provoquer un réchauffement global de quelques degrés d’ici la fin du siècle, si on ne fait rien. Quelques degrés c’est beaucoup. Ce qui nous sépare d’un âge glaciaire c’est 5 degrés – au moment où l’Europe et l’Amérique du Nord étaient couvertes de glaciers de plusieurs kilomètres d’épaisseur la température de la planète était 5 degrés plus froide. L’Union Européenne a placé le seuil maximal à ne pas dépasser à 2 degrés de réchauffement. Ces 2 degrés seront très difficiles à respecter et pourtant c’est un réchauffement important par rapport aux évolutions climatiques sur le long terme. Pour se débarrasser de la plus grande part du problème il faudrait diminuer les émissions de gaz à effet de serre par deux, mais là aussi c’est un objectif très difficile.

Un réchauffement climatique global n’entraîne pas forcément les mêmes effets dans toutes les régions du monde ?

Non, en effet. Pourtant les gaz à effet de serre se mélangent dans l’atmosphère, et nous sommes tous soumis à l’action de gaz qui ont été émis un peu partout sur la planète. Et nous serons tous soumis à un réchauffement.  Mais la réponse du climat dans une région du monde en particulier est soumise à des facteurs locaux très différents. Par exemple, le climat de l’Europe est fortement dépendant de la position et de l’intensité de l’anticyclone des Açores. Nous avons eu cette année un printemps froid et humide très largement parce que cet anticyclone s’était fixé sur l’Atlantique. Son influence affecte toutes les fluctuations climatiques, depuis les plus courtes jusqu’aux plus longues en passant par des changements qui se manifestent d’années en années – cela correspond à un mode que l’on appelle oscillation Nord-Atlantique. On a ainsi dans chaque région du globe des grands systèmes météorologiques qui peuvent fluctuer. Et ils sont tous liés les uns aux autres. L’oscillation nord Atlantique  est connectée à ce qui se passe dans l’Arctique,  à la mousson Africaine, à l’état de  la Méditerranée etc… Ces connexions compliquent la capacité à prédire avec certitude ce qui va se passer à une échelle «régionale» (par exemple à l’échelle de l’Europe de l’Ouest). Il faudrait  savoir en quelque sorte quel est le système régional qui va le mieux «capter» le réchauffement global. Par ailleurs ces systèmes météorologiques vont certainement s’adapter en changeant leur manière de fonctionner, avec des oscillations qui pourront avoir une nature, une fréquence, une intensité différente. Plutôt que faire des prévisions détaillées on peut donc surtout anticiper certains risques.

Certains parlent de refroidissement climatique en Europe de l’Ouest à cause du courant du Gulf Stream ?

Non, ce qui attend l’Europe de l’Ouest c’est avant tout un réchauffement climatique provoqué par les gaz à effet de serre. Les relevés montrent que la France a déjà pris 1 degré environ et cela va continuer. Ce discours sur l’effet du Gulf Stream qui refroidirait la France est une extrapolation simplificatrice de faits scientifiques établis dans un autre contexte. Dans le climat passé, au moment des glaciations en particulier, les fluctuations du Gulf Stream ont entrainé  des modifications de températures sur l’Europe. Mais la situation actuelle est différente. Le Gulf Stream est un courant très puissant qui amène de la chaleur dans l’Atlantique Nord et qui  explique en partie le climat  plus chaud en Europe de l’Ouest qu’au Quebec. Mais il y a aussi d’autres causes  à ces différences et en particulier des mouvements atmosphériques, qui viennent de l’Ouest, avec un mouvement ondulatoire pilotée par la présence des Montagnes Rocheuses :  l’air redescend vers le Sud au niveau des Caraïbes et remonte au Nord au niveau de l’Europe, où il amène de l’air chaud.. Ce rôle de l’atmosphère ne va pas changer  avec le réchauffement climatique et les modèles (qui sont les seuls outils pour arbitrer autant d’effets éventuellement contradictoires) montrent que l’on continuera d’avoir un climat plus chaud sur l’Europe, qui sera peut-être un petit peu minoré par ce qui pourra se passer sur l’Atlantique. Bien sûr le Gulf Stream a un rôle, on craint qu’il ne ralentisse dans le futur, et cela aurait des incidences fortes, par exemple, sur les zones de pêche.

Quelles sont les solutions ?

Il n’existe aucune solution miracle, et c’est une combinaison de solutions imparfaites qui devront être utilisées. Il faut agir en diminuant les émissions de gaz à effet de serre, en cherchant à stocker une partie du CO2 dans des réservoirs étanches et en limitant l’impact du changement climatique sur nos sociétés.

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I – Limiter l’émission des gaz à effet de serre

Diminuer les émissions de  CO2,  le premier des gaz à effet de serre, qui reste très longtemps dans l’atmosphère, est un impératif majeur, qui passe par la diminution de l’usage du pétrole, du charbon et du gaz naturel comme sources d’énergie. Cela passe par des économies d’énergie, mais aussi par l’usage de filières énergétiques alternatives, c’est-à-dire au recours à des formes d’énergie non «polluantes», c’est-à-dire non productrices de CO2. Il existe en fait de nombreuses énergies non productrices de CO2  mais elles posent très souvent aussi d’autres problèmes.

1/ Le nucléaire

Si la France,est un bon élève en termes d’émissions de gaz à effet de serre (du moins par comparaison aux autres pays de même niveau de développement) c’est parce qu’elle a recours de manière massive  au nucléaire. C’est la filière économique sur laquelle la France a misé.. C’est à la fois une solution extraordinaire mais porteuse de dangers. Par rapport aux enjeux climatiques, l’énergie nucléaire est «propre» mais elle présente des risques qui sont d’une nature assez différente : déchets, fragilité dans des sociétés elles-mêmes instables.

2/ Le bois

Le bois est non polluant s’il est renouvelé, et pas issu d’une déforestation qui a d’autres conséquences négatives sur l’environnement, en particulier la perte de biodiversité.

3/ L’hydroélectricité

C’est l’électricité produite grâce aux barrages (10% de notre électricité en France) mais cette solution est souvent jugée négativement s’agissant de très grosses infrastructures, en raison des déplacements de populations et des dégâts écologiques (production de méthane) que leur construction et leur mise en service  engendre .

4/ Le solaire

C’est une solution très nouvelle, les possibilités sont immenses mais beaucoup pensent que son développement va être trop lent par rapport aux enjeux des prochaines décennies

5/ Le vent

Les éoliennes ne produisent pas de CO2 et peu de dommages environnementaux. Très utilisées en Allemagne car le pays ne veut pas miser sur le nucléaire, elles constituent malgré tout une source d’énergie qui reste faible et un peu aléatoire

6/ Les Biocarburants

Les biocarburants, fortement promus par Bruxelles par exemple, ont semblé une excellente solution mais leur usage se heurte à des limites : il ne faut par exemple pas favoriser  l’exportation de céréales par des pays qui en ont besoin pour nourrir leur population.

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 II. Enfouir le CO2 ?

Les technologies pour se débarrasser du CO2 en sont encore au stade expérimental. Une technologie consiste à capter le CO2 au moment de la combustion et à l’enfouir en le liquéfiant et en le transférant dans des réservoirs souterrains : seuls quelques prototypes existent aujourd’hui.

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III. S’adapter au changement climatique

Une partie du changement à venir est devenue inévitable. S’y adapter cela veut dire diminuer  notre dépendance aux risques engendrés par les changements climatiques – cela implique un ensemble de politiques de gestion du territoire, en matière d’urbanisme, d’aménagements, de filières agricoles, d’usages de l’eau, de prévention sanitaire. C’est une perspective difficile, mais qui peut aussi constituer une chance pour certains territoires.

Qu’est ce que notre société peut faire pour «sauver» le climat ?

La réponse est très différente selon que l’on se place au niveau individuel ou au niveau collectif  et  politique.

1/ Au niveau individuel

Évidemment, l’idéal pour diminuer l’émission des gaz à effet de serre est de diminuer le recours à l’énergie, donc de consommer moins. Cette dimension individuelle est importante, elle peut être courageuse, avoir une fonction éducative, mais prendre son vélo  ne suffit pas : derrière le problème du climat se cachent aussi de nombreux problèmes structurels, qui relèvent d’une approche politique.

2/ Au niveau national

Les politiques environnementales se mettent en place peu à peu.  Mais  l’opinion publique est assez confuse par rapport à ces problèmes : les mesures qui permettent de s’attaquer aux gaz à effet de serre, d’améliorer la qualité de l’air pour limiter les problèmes de santé,  de  protéger la  biodiversité, de favoriser des méthodes agricoles bénéfiques ne sont pas les mêmes, et il faut souvent choisir entre différentes actions. Il reste aujourd’hui difficile de débattre de ces choix complexes au niveau national.

3/ Au niveau international

La nécessaire diminution des gaz à effet de serre  amène à une réflexion sur le partage de cet effort au niveau international. La population a augmenté et la part qui aspire au niveau de vie occidental augmente. Des sommets comme celui de Copenhague se heurtent à des situations politiques difficiles : la confrontation des pays déjà développés et des pays en émergence qui ont besoin d’énergie pour se développer et conserver leur stabilité politique. Les pays développés doivent montrer l’exemple et c’est aussi l’intérêt de l’Europe de réduire sa dépendance au charbon au pétrole et au gaz, car elle a très peu de ressources de ce type. Une grosse partie de la dette française est l’importation d’hydrocarbures.

Faut-il aussi anticiper des changements climatiques en changeant nos modes de vie ?

Comme on l’a dit, les manifestations du changement climatique commencent. Puisque les gaz à effet de serre restent une centaine d’année dans l’atmosphère, il faut se préparer afin que leurs conséquences soient les plus faibles possible. Beaucoup de personnes ou d’associations voient cela comme du défaitisme mais c’est désormais une réalité.

Cela va affecter les conditions de vie dans les villes, l’agriculture, les ressources en eau, la gestion des forêts, celle du territoire.

Une ville comme Paris peut avoir d’ici quelques décennies un climat plus proche de celui d’une ville du Sud de la France avec des vagues de chaleur plus fréquentes l’été. Cela pose par exemple des problèmes d’urbanisme. On devrait s’y préparer dès maintenant en termes de construction de logements, de prévision des espaces verts etc… En 2003, des gens sont morts dans des appartements qui ne donnaient qu’au Sud.

Il y a beaucoup de choses qui vont se jouer au niveau régional ou municipal. Comment construire, comment concevoir ? Quand les gens se demandent ce qu’ils peuvent faire, il faut  leur dire d’entrer dans les conseils municipaux, de faire de la politique à l’échelle locale. Il y a une foule de projets qui vont se faire à cette échelle.

La grande difficulté est que s’il est certain que le climat va changer, les changements associés à l’échelle régionale sont incertains. Face à cela il faut développer une culture de réduction des risques qui doit se décliner au travers d’une multitude d’actions très différentes.

Imaginons un nouveau cycle climatologique

Texte par Olivia Zeitline

Pour fêter le début de l’automne, j’avais envie de vous parler du cycle des saisons, du jour et de la nuit, de l’évolution de l’homme. Les feuilles vont bientôt tomber et il y a une certitude : elles repousseront au printemps prochain. Si le temps revient toujours en boucle n’est-ce pas parce que la fin n’existe pas ? Après la mort de l’hiver il y a toujours la renaissance du printemps. Le temps est un sample de lui-même. 

Si les saisons se suivent et recommencent en rythme, les jours et les nuits ont le même mécanisme. Symboliquement, la durée du jour et de la nuit (24 heures) correspond à l’éternité. Dans la conception celtique, la nuit est le commencement de la journée comme l’hiver est le début de l’année.

Pourquoi ? Est-ce parce qu’il n’y a ni début, ni fin, que la dualité n’existe pas ? En astrologie, Octobre est le mois de la Balance, de l’équilibre des forces de la lumière et de l’obscurité. D’ailleurs, l’équinoxe d’automne vient de passer (rappel : c’est le moment où le jour est égal à la nuit et cela n’arrive que deux fois par an).

Il existe aussi des cycles terrestres, des phases de glaciations et de réchauffement de la terre. On passe de la nuit, aux saisons, à l’évolution globale du climat et à chaque fois qu’on sort d’un cycle on en retrouve un autre qui l’englobe comme un jeu de poupées russes infini. C’est bien la preuve que tout recommence, tout se réécrit. La mort n’existerait-elle pas puisqu’il y a toujours une renaissance ? La c’est pas Jésus mais la nature qui nous le dit.

Et si notre climat arrivait en fait à la fin d’un cycle ? On est à un point de rupture avec toutes nos émissions de gaz à effet de serre. On nous fait signe de renaître, de revenir aux origines ? Une nouvelle ère approche. Celle où nous n’utiliserons plus de chauffage électrique, où nous changerons nos habitudes. Qui se sent d’aller faire du feu avec un bon vieux silex ? Êtes-vous prêts à réviser vos cours de scoutisme pour survivre ? Comme ils ont tendance à dire chez les taoïstes : à partir du moment où tu es trop stable tu n’es plus souple, tu n’es plus dans un état créatif et tu meurs pour recommencer.

Sélection visuellelapplication interactive Lookingatsometing du plasticien Rafaël Rozendaal qui nous amène à passer du champ des oiseaux aux coups de tonnerre sur notre ordinateur. A tester c’est magique.

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L’homme qui crée des nuages

Interview de Berndnaut Smilde

Dans le cadre de notre dossier sur le climat, nous sommes allés poser des questions à l’homme qui crée des nuages. Oui vous avez bien entendu, le plasticien hollandais Berndnaut Smilde simule des nuages grandeur nature dans des espaces clos pour en faire des œuvres d’art. Son travail pose cette question : l’homme sera-t’il un jour capable de recréer les éléments ? En cas de réchauffement climatique cela serait bien pratique. 

– IDENTITÉ –

Résidence : Amsterdam

Naissance : 1978

Formation : BA Fine Art, Minerva Academy, Hanzehogeschool, Groningen // MA Fine Art, Frank Mohr Institute, Hanzehogeschool, Groningen.

Expositions : un paquet d’événements à travers le monde (voir son CV) et une exposition en 2014 à la Ronchini Gallery, Londres.

Site Web : www.berndnaut.nl

– INTERVEW –

Peux tu nous décrire ton travail artistique en une phrase ? Je travaille souvent en fonction du site : je réagis à une architecture, une histoire ou à un lieu.

La dimension éphémère de tes nuages les rend-ils plus intenses ? Oui, je pense que la perfection et son caractère transitoire sont toujours liés.

Tes créations semblent avoir un esprit, tes nuages sont comme des sortes de fantômes, sont-elles hantées ? Les gens ont toujours eu un rapport métaphysique fort avec les nuages, car ils symbolisent l’angoisse, la fertilité, la chance et la divinité. Ils incarnent aussi la malchance et la disparition. Le caractère angoissant du mes nuages vient non pas de sa forme mais du fait de le placer hors de son contexte naturel. Dans mes installations, c’est le caractère anormal de la situation qui est angoissant.

Ton travail est à la frontière entre réalité et fiction, dans quel monde te sens-tu le plus à l’aise? La réalité, sans hésitation. Mais je trouve intéressant de situer l’œuvre dans un entre-deux, entre la réalité et la représentation, d’une manière qui traduise un potentiel, mais jamais une fonction.

L’utilisation de la lumière est aussi une composante très importante de tes installationsUnflattened, est une pièce dans laquelle je projetais un spectre de couleurs sur un paysage idéalisé. L’arc en ciel est obtenu grâce à un prisme et à une petite lumière. L’œuvre traite de d’image de l’arc en ciel, et de ce à quoi on l’associe, comme la perfection et les promesses. Mais ce qui me plait dans le prisme, c’est qu’il montre vraiment la manière dont nous voyons les choses. C’est en décomposant la lumière du jour qu’on perçoit ce qui nous entoure.

Qu’est ce qui t’a décidé à reproduire des nuages dans des espaces clos ? J’ai créé mon premier Nimbus en 2010, pour Probe, un espace dédié aux projets artistiques. Probe est un espace d’exposition de 6 m2, c’est très petit. Ce changement d’échelle permet de créer des œuvres qu’il serait impossible de réaliser dans la vie réelle. Je voulais voir s’il était possible d’exposer un nuage. Comme le lieu est modulable et de petite taille, on en maitrise tous les paramètres : c’était parfait. C’est l’une des raisons pour lesquelles je pense qu’un modèle a valeur d’idée. J’ai fait de l’espace d’exposition ma vision idéale du hall de musée où je voudrais présenter une situation inquiétante.

D’une certaine façon essaies-tu de contrôler le climat ? On pourrait dire qu’en coinçant la nature dans un espace donné, je la déconstruis ou j’essaie de la contrôler. En fait, je m’intéresse surtout au potentiel de l’idée. La tentative est vouée à l’échec, mais pendant un bref instant vous transportez l’image d’un nuage dans un espace, et commencez à créer de nouvelles connexions. Cela pose aussi la question de savoir si une sculpture peut exister du simple fait d’exposer de l’air.

Comment élabores-tu tes installations ? Les lieux sont importants pour définir le contexte de l’œuvre. Par certains aspects, les endroits dans lesquels je travaille sont proches d’espaces d’exposition, et du coup ils remettent en cause l’œuvre d’art en tant que telle.

La chapelle de «hotelMariaKapel» insiste sur les références au caractère divin et transitoire de l’œuvre. L’architecture occupe également une place importante dans «Nimbus D’aspremont». Le château originel a été utilisé pour servir d’hôpital militaire et d’institution pour les maladies mentales. Le contraste entre ces différentes fonctions est encore perceptible.

Dans mes travaux les plus récents, l’architecture en tant que représentation d’un espace idéal est de plus en plus importante. «The Green Room» à San Francisco est une interprétation américaine de la galerie des glaces du château de Versailles. On pourrait dire que les espaces jouent le rôle d’une plinthe pour l’œuvre.

Il faut quelques jours pour préparer la séance photo. Cela signifie que je transforme l’espace pour avoir la meilleure lumière possible, pour y intégrer certains éléments et enlever ceux que je ne veux pas avoir dans le cadre. Parfois, c’est aussi nécessaire de couper ou d’allumer l’air conditionné pour que l’air circule mieux.

J’ai une idée de l’endroit où je veux installer le nuage. Après, je la teste jusqu’à ce que le processus soit plus ou moins maitrisé (chaque espace fonctionne de manière tout à fait différente). Le dernier jour je viens avec un photographe et on commence la séance.

Tes créations requièrent-elles un environnement climatique spécial ? Il doit faire froid et humide.

Le temps a t-il un impact sur ton moral ou tes créations ? Pas vraiment: comme je n’ai pas de fenêtre dans mon atelier, le plus souvent, je ne sais pas quel temps il fait dehors.

Selon toi, pourquoi a t’il fait si mauvais au printemps ? Vous êtes en train de dire que c’est de ma faute, parce que je fais des nuages ?

Pourquoi avons-nous ce besoin de prévoir le temps et donc l’avenir en quelque sorte ? On cherche toujours à tout contrôler.

Interview réalisée en collaboration avec Agathe Cordelle, rédactrice en chef de The Automart.

Read the english version here.

berndnaut_smilde_1Courtesy the artist and Ronchini Gallery

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berndnaut_smilde_3Courtesy the artist and Ronchini Gallery

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La pluie c’est bien pour nettoyer, on aurait même besoin de javel pour laver nos âmes

Interview de Is Tropical

Dans le cadre de notre dossier sur le climatça coulait de source de réaliser une interview du groupe anglais Is Tropical, avec un nom pareil et des clips aussi chauds et humides que leur musique pop. Le climat nous puni t-il de nos excès ? Selon eux, « la pluie c’est bien pour nettoyer, on aurait même besoin de javel pour laver nos âmes ».

– IDENTITÉ –

Résidence : Londres

Label : Kitsuné

Actualités : 2nd album « I’m Leaving » sorti en mai 2013 // Prochain concert à Paris à la Gaité Lyrique le 23 novembre 2013.

Site Web : www.istropical.com

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– INTERVIEW –

Qui êtes-vous ? Simon, Dom et Gary. Nous avons monté notre groupe dans un squat glacé de Londres et choisi le nom Is Tropical comme une manière de s’évader.

Comment définiriez-vous votre musique ? Pop. Nous sommes des grands fans de tous les classiques et des mélodies. Nos influences viennent de partout donc c’est difficile de nous enfermer dans un genre.

Vos chansons sont comme des histoires ? Ou plutôt comme une émotion pure et brute ? Un peu des deux. Le deuxième album est beaucoup plus sincère. Dans Lover’s Cave nous racontons l’histoire d’un garçon d’écurie qui se faufile avec la riche fille d’un propriétaire de terre dans une grotte afin de faire l’amour. La marée monte, et les tue. L’histoire nous vient d’Anglet, dans le sud de la France. Dans Lilith nous chantons des questions bibliques. Et Leave the Party traite de la mort et du deuil.

Est-ce que Luke Smith, votre producteur (également celui de Foals ndlr) vous a sauvé du chaos ? Il nous a sauvé, lui et Owen Pratt l’ingénieur. Tous les jours au studio étaient comme une leçon de vie, ils ont une bonne manière de voir les choses.

Deux de vos clips, The Greeks et Dancing Anymore, ont été réalisés par Megaforce. Parlez nous un peu de cette collaboration. Nous adorons leur travail depuis longtemps donc lorsque nous les avons rencontrés nous leur avons demandés quand nous pourrions travailler ensemble. Nous voulions leur donner carte blanche, donc toutes les idées sont les leurs. Nous souhaitons une trilogie.

Peut-on parler d’une esthétique wtf ? Nous n’aimons pas la censure, donc je pense que ouais. Les clips peuvent être tellement ennuyants, c’est pas pour nous !

« Is Tropical » est chaud et humide comme nom. Est-ce le cas de votre musique ? Haha espérons qu’elle ne soit pas humide… Mais chaud c’est cool.

Londres n’est pas réputé comme étant la capitale du soleil, mais est-ce que le mauvais temps joue sur votre moral et votre musique ? Ouais c’est pourquoi beaucoup de nos musiques parlent d’évasion. Avec des chansons comme South Pacific, Venezuela, Oi Peru, Maria’s Colombia et Mexico. Mais nous aimons porter des vestes en cuir, donc le froid est favorable à ça.

À quoi est dû ce mauvais temps passager selon vous ? Peut-être que le fait que Julian Casablancas chante avec Ke$ha n’aide pas…

Pensez vous que le ciel nous lave de tous nos excès grâce à la pluie ? Pensez vous que l’on doive vivre plus sagement ? Chaque moment est bon pour s’améliorer. En Australie, les rues commencent à puer l’été, et ça s’arrange seulement quand la pluie se met à tomber et à nettoyer. Je pense que nous avons besoin de javel pour laver convenablement nos âmes.

Est-ce que votre musique peut remplacer le soleil ? Espérons… C’est l’une des raisons de Sun Sun.

Musique, bière et ? Amitié.

Quel est votre mot français préféré ? Bisous

« I’m Leaving », mais où ? Chaque jour nous quittons villes et amis… C’est dur de dire au revoir, donc on essaie avec un album.

Read the English version here.

Olivia Zeitline

Qu'il fasse beau dans nos pensées pour sauver le climat

Tout est interconnecté : le climat nous influence et nous l'influençons

Tout est interconnecté : le climat nous influence et nous l’influençons, quand «il pleut des trombes d’eau» on n’a pas le moral et quand on démarre sa voiture on participe au réchauffement climatique. On est des milliards mais en fait on est un grand tout.

On influence le climat par nos actions matérielles. Ça on le sait depuis longtemps, on nous a rabâché les oreilles avec le réchauffement climatique depuis pas mal de temps.

On est tous responsables du climat. Oui mais on a déjà assez de problèmes personnels à gérer : la fuite des voisins, le chargeur pété, la dernière contravention à payer. On préfère ne pas y penser, pour l’instant on voit pas trop de changements. Pourtant ce qui nous sépare d’un âge glaciaire c’est 5 degrés et les experts prévoient un réchauffement de 2 degrés donc c’est pas rien. En plus de ça un problème climatique n’intervient pas seul mais entraîne toute une série de réactions en chaîne sur la faune, les banquises, les glaciers, les océans, la date des récoltes, l’agriculture qui elles même ont des conséquences sur les animaux qui se déplacent ou disparaissent etc … Et sur nous.

Vous connaissez le concept du boomerang ? Et bien le climat c’est un peu ça, une sorte de grand cycle où chaque chose se répercute sur les autres et dans lequel notre action de départ finit par nous revenir en pleine face. Quand on brûle du charbon, on envoie des gaz à effets de serre dans l’atmosphère qui y restent coincés plus d’une centaine d’années ce qui réchauffe la terre. A ce rythme là, dans 30-40 ans, on aura le climat de Marseille à Paris et de Séville à Marseille et toujours plus de pluies au nord, toujours moins au Sud. La bonne nouvelle c’est qu’on ne sait pas dans quelle mesure chaque écosystème va réagir pour absorber et atténuer ces transformations climatiques. Il reste de l’espoir. On ne veut pas vous déprimer.

En tout cas ce qui est certain c’est que le temps qu’il fait ou qu’il va faire préoccupe pas mal nos pensées. Comment s’habiller ? Premier sujet de conversation avec les grands parents au téléphone.

Si le temps influence autant notre vie et nos humeurs pourquoi ne l’influencerions-nous pas aussi par la pensée ? Puisque nous formons un tout. En fait c’est simple, plus on sera heureux, plus la Terre ira bien et plus on sauvera notre climat. Donc répandez la joie mes amis.

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nanuk_design_6Nanük design

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brock_davis_3Brock Davis

Olivia Zeitline

Tout n’est pas noir ou blanc

Reportage sur les rencontres d'Arles 2013

Dans la vie tout n’est pas noir ou blanc, il est difficile de trancher, pourtant les Rencontres d’Arles de la photographie l’ont fait en rendant hommage à la photographie en noir et blanc, aux vieilles pellicules et à cette alchimie historique bien vivante.

C’est sous un signe méditatif que le chilien Sergio Larrain inaugure ce festival et dit la dualité du noir et blanc, du statique et du mouvement, du disciple et du non disciple. Issu d’un milieu bourgeois qu’il rejette, sa première série de photographies réalisée en 1953 sur « les enfants abandonnés des rues » résonne étrangement avec sa propre histoire parce qu’un riche friqué vivant au beau milieu des sans abris c’est exutoire. Jeune et méconnu il ose envoyer ses chefs d’œuvres au conservateur du MOMA et ça marche. Il intègre l’agence MAGNUM mais les photos commerciales c’est pas son truc. Il sort du système, refuse la gloire et le succès et retourne au Chili pour enseigner le yoga. Mort en 2012, il donne l’autorisation d’exposer son travail et c’est le festival d’Arles qui a l’honneur de présenter une première rétrospective prouvant largement sa réputation de grand gourou. Pour capturer l’instant présent et le transmettre, il faut déjà le vivre et c’est tout l’art de Sergio Larrain.

« Dans mes rêves d’enfant, je flottais souvent dans les airs. » explique le plasticien japonais Hiroshi Sugimoto dans le texte de présentation de son exposition « Révolution ». S’il a été marqué par les sorties de son corps étant enfant, ses photos de falaises et de couchers de soleil semblent marquées par l’animisme de sa terre natale. Si le crépuscule a une âme alors Hiroshi Sugimoto l’a retenue dans ses panoramas renversés. Dans la même veine, Arno Rafael Minkkinen aussi tente de tromper notre nerf optique par ses incohérences visuelles tout à fait réelles.

Puis c’est au tour du sculpteur italien Giuseppe Penone de laisser son empreinte, dans les monuments historiques d’Arles et plus particulièrement la Chapelle du Méjan. La marque de son corps dans un tas de vieilles feuilles, des photographies d’arbres embrumées, une sculpture de pain et une installation de pommes de terre nous inspirent un retour à la nature, à la terre, aux plantations, aux gestes simples en pleine crise économique. Mais ce qui nous ficelle ce sont ses portraits en noir et blanc d’hommes aux yeux révulsés, miroir de l’environnement. Et si l’extérieur était à l’intérieur de l’homme ? Et si nous n’étions qu’un grand tout ? Les clichés de la planète Mars rapportés par la sonde de la NASA et travaillés par Xavier Barral abolissent les repères. On ne différencie plus l’infiniment grand de l’infiniment petit. Comment des gros plans de roches peuvent se dégager des formes d’arbres et d’étoiles galactiques ? Wolfang Tillmans enfonce le zoom et questionne notre relation aux nouvelles technologies numériques capables de photographier à un point inimaginable pour l’oeil humain.

Noir et blanc c’est aussi l’occasion de revoir de vieilles images sorties des greniers par des collectionneurs à l’affut des trésors du passé retrouvés aux puces ou dans les brocantes de villages. Erik Kessels s’attaque même aux photographies oubliées des disques durs pour en construire un mur géant.

Si dans la vie tout n’est pas noir ou blanc c’est surtout parce que c’est noir et blanc. Dix jeunes photographes d’Afrique du Sud on été invités à représenter les difficultés liées au racisme dans leur pays. Pieter Hugo brille alors avec sa série de portraits d’hommes et femmes à la peau dépigmentée par la magie d’un procédé numérique. La mélanine abolit la couleur de peau. Et enfin, le meilleur pour la fin, la rétrospective d’un des premiers photographe militant noir américain Gordon Parks. Ses reportages pour la magazine Life expliquent la discrimination raciale ambiante : la guerre des gangs Harlem, la ségrégation du Sud, Malcom X, les Blacks Panthers, les Blacks Muslims, Mohammed Ali, des espaces réservés au blancs et gens de couleurs, une femme noire entre deux balais… ­« Aussi spacieuse que fut l’école pour les gens de couleur, pour eux il n’y avait jamais de place. »

Après tout ça on se demande pourquoi ne pas avoir cessé la photographie noir et blanc avec l’apparition de la couleur et d’où vient ce besoin de perpétuer ? La technologie nous obligeait à voir le monde en noir et blanc mais était-ce un hasard ?

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Sergio Larrain

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Hiroshi Sugimoto

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Arno Rafael Minkkinen

Intennegativo. Scrive legge ricorda, 1969, cod. 545.

Giuseppe Penone, Rovesciare i propri occhi - progetto, 1970

Giuseppe Penone

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Images de la planète Mars rapportées par la sonde de la NASA – Xavier Barral 

Pieter Hugo, 2011.

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Pieter Hugo

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Gordon Parks

Quand Batman embrasse la vierge Marie

Interview de Marta Antoniak

Dans les peintures à l’huile de la polonaise Marta Antoniak, Batman embrasse la vierge Marie comme la culture occidentale pop a embrassé une Pologne catholique et communiste dans son enfance. Que reste-il de cette mémoire ? Si l’emprisonnement physique n’est plus, il hante les esprits comme le montrent ses peintures et ses maisons de poupées. Alors les petits poneys sauront-ils les délivrer comme dans un conte de fée ?

– IDENTITÉ –

Naissance : 06/06/1986, Zabrze, Pologne.

Résidence : Cracovie, Pologne

Études : Jan Matejko Academy of Fine Arts, Cracovie. Actuellement, j’écris ma thèse dans cette même université.

Média : peinture

Projets : “Holiday”, Otwarta Pracownia, Cracow.

Sur le web : martaxantoniak.eu

12. Marta Antoniak

« House » (huile sur toile) 300/250cm, polyptych, 2011.

– INTERVIEW –

 —

Décris-nous ton travail en une phrase :

J’examine les schémas culturels et les modes de fonctionnement liés à l’enfance.

Comment se déroule ton processus de création ? As-tu un rituel ?

Souvent, je crée une série d’œuvres sur un sujet qui m’intéresse. Je ne sais pas toujours où la recherche va me mener, combien de temps ça va me prendre ni ce qui va en ressortir. Je regarde beaucoup d’images au hasard sur Internet, dans les journaux, à la télévision et j’essaye de leur redonner un sens.

Batman et la Vierge Marie, pourquoi associer ces deux icônes ?

Je crois que les images des saints et des supers héros ont beaucoup de choses en commun. Elles se fondent sur des archétypes similaires, incarnent des désirs humains et confèrent une certaine sécurité. Cela dépend de nous, de ceux qu’on choisi en tant que leader dans notre vie et de ceux qu’on rejette ou ne prend pas au sérieux.

Quelles techniques utilises-tu pour obtenir un rendu si réaliste  ?

Le plus souvent j’utilise de la peinture acrylique et des feutres. Pour atteindre un effet plus photoréaliste, j’utilise de la peinture a l’huile, qui, de mon point de vue, offre plus de couleurs. Je me base sur les photos que j’ai prises ou trouvées quelque part sur Internet ou dans les journaux.

Peux-tu nous parler de la maison de poupées Wonderland ?

La maison de poupées c’est l’histoire d’une femme d’âge moyen que j’ai appelé Célina en référence à l’histoire d’Andersen Thumbelina. En polonais, Thumbelina se traduit par Calineczka et le nom Célina peut aussi être associé à la prison. C’est pour cela que j’ai choisi ce nom. Ce personnage combine deux éléments : d’un coté, le désir que tout se termine comme un conte de fée et d’un autre coté la constante déception et sensation d’injustice. Ce personnage est inspiré du comportement de ma mère.

Notre génération est elle atteinte par le syndrome de Peter Pan ?

Il me semble que les jeunes ont besoin de plus en plus de temps pour passer à l’âge adulte. Ils ne veulent pas grandir parce qu’ils associent l’âge adulte à l’ennui. Ceci est dû à plusieurs facteurs dont celui de la culture qui promeut un modèle de vie de plaisir constant. En Pologne, les jeunes ont du mal à trouver un travail dans un domaine qui les satisfait complètement, même avec une très bonne éducation. Ils sont souvent dépendants économiquement de leurs parents.

Tes personnages sont emprisonnés, pourquoi ?

Dans nos vies, on suit plusieurs schémas. Je pense que c’est possible de dépasser un schéma et d’élargir un peu notre zone de perception mais alors nous en créons un nouveau.

Comment t’exprimes-tu avec les œuvres surnaturelles ? Es-tu liée a un mouvement artistique ?

Pour être honnête je ne sais pas. Je ne m’identifie à aucun mouvement. 

Qu’est-ce que tu aimais étant enfant ? Quelle culture t’a influencée ?

Le début des années 90 en Pologne était une période de transition. Le sombre communisme commençait a être dévoilé par l’arrivée de la pensée occidentale. Les séries télévisées de l’occident, les pubs et les films Disney ont tous commencé à apparaitre sur les étagères des magasins. Le processus a pris du temps mais a marqué mon enfance. Plus je vieillissais, plus la Pologne s’occidentalisait pour laisser place à une culture pop. Parallèlement, le catholicisme très fort m’a clairement marqué. En fait je me souviens bien de ces deux mondes dans mon enfance : l’Eglise et la culture pop.

Parle nous plus de la culture artistique en Pologne !

Il me semble que la culture artistique en Pologne est d’un assez bon niveau. Varsovie est une ville où il se passe beaucoup de choses même si Cracovie est plus hermétique et décadent. C’est aussi une nation d’accueil pour beaucoup de jeunes talentueux artistes tels que Tomek Baran, Michał Zawada, Łukasz Stokłosa, Irenka Kalicka et d’autres.

Quel est votre conte préféré ? Votre morale préférée ?

Je pense que c’est Le Vilain Petit Canard de Hans Christian Andersen. Et ma morale préférée : l’altérité n’est pas nécessairement laideur.

Qui sont tes artistes préférés ?

J’aime beaucoup les œuvres de Cindy Sherman, Kataryna, Jake, Dinos Chapman et Takashi Murakami.

Aimerais-tu rester un enfant ? Quel souvenir t’a le plus marqué ?

Non, je n’aimerais pas être un enfant dans le sens complet du terme mais j’’aimerais pouvoir garder la capacité que l’enfant a de jouer des rôles toujours différents sans s’identifier à chacun d’eux. Cependant,  je ne voudrais pas perdre la possibilité de l’auto-détermination et de la responsabilité de mes actes. Quant aux souvenirs qui m’ont influencés, il me semble que cela pourrait être une vue de la mer quand j’étais enfant. La vue était à la fois effrayante et fascinante.

Interview par Olivia Zeitline / Traduction Marta Scandiffio Lemerle

1. Marta Antoniak

« Prince of Darkness / Holiday »  (Peinture acrilique et stylo sur toile, 60/90cm, 2012)

2. Marta Antoniak

« Baptism of He-man / Holiday » (peinture acrylique, glitter et stylo sur toile) 60x50cm, 2012.

3. Marta Antoniak

« Batman Returns / Holiday »  (peinture acrylique, glitter et stylo sur toile) 78/60cm, 2012.

4. Marta Antoniak

« Masters of the Universe / Holiday » (peinture acrylique, glitter, stylo sur toile) 50/60cm, 2012.

5. Marta Antoniak

« IHS / Holiday » (peinture acrylique et stylo sur toile) 60/60cm, 2012.

6. Marta Antoniak

« Primavera / Holiday » (peinture acrylique et stylo sur toile) 50/60cm, 2012.

7. Marta Antoniak

« St. Sebastian / Holiday » (peinture acrylique et stylo sur toile) 50/70cm, 2012.

8. Marta Antoniak

« Sleeping Beauty / Holiday » (peinture acrylique, glitter et stylo sur toile) 78/60cm, 2012.

9. Marta Antoniak

« Palm Donkey / Holiday » (peinture acrylique et stylo sur toile) 70/60cm, 2012.

10. Marta Antoniak

« Untitled / Wonderland » (peinture acrylique et stylo sur toile) 80/120cm, 2011.

11. Marta Antoniak

« Untitled / Wonderland » (peinture acrylique et stylo sur toile) 18/30cm, 2010.

L’orgasme et la sexualité sacrée

Interview de Danielle Flaumenbaum, gynécologue et philosophe

Danièle Flaumenbaum est gynécologue, acupunctrice, écrivain, médecin française et voire même « prêtresse ». Loin du vocabulaire scientifique et des phrases ampoulées, elle ose parler simplement de la magie de la sexualité et ça résonne dans nos têtes et jusque dans nos sexes.

Qu’est ce que l’orgasme ?

C’est la rencontre harmonique des souffles sexuels (sexualité alchimique, la rencontre des souffles). Mais ce qui est surtout important c’est de savoir faire l’amour et ça s’apprend. Ce qui compte ce n’est pas l’orgasme c’est le voyage intérieur, l’orgasme c’est l’apothéose. C’est une mauvaise compréhension de la sexualité que d’être obsédé par l’orgasme, c’est comme si ce qui se passait avant n’avait pas d’importance. L’orgasme est une conception physique, un phénomène de résonance qui permet de comprendre que quand on se met au diapason, quand 2 systèmes ondulatoires se mettent à la même fréquence, les sensations se décuplent. L’orgasme fait partie du monde vibratoire : c’est des paquets d’ondes qui font tout un travail d’ajustement pour se mettre à résonner ensemble.

Que savoir pour faire l’amour ?

Il faut acquérir des outils qui vont permettre de savoir ce que c’est que cet échange sexuel ; c’est un processus.  La sexualité entretient la santé car on accueille des forces nouvelles (du nouveau) à l’intérieur du corps ; les femmes se régénèrent et les hommes se ressourcent, c’est l’anti-lassitude. La féminité est une réceptivité active. La femme doit aimer le sexe de  l’homme, être fière qu’il soit dans le sien. Il faut honorer ce don et cette réception. Il faut acquérir une nouvelle conception de la relation, couper avec le silence de notre éducation.

Les femmes qui perdent le désir pour (un) l’ homme qu’elles ont choisi, c’est qu’elles se retrouvent emboîtées dans les femmes de leur famille qui ne faisaient pas l’amour . Elles se mettent à aimer leurs hommes comme elles aiment leurs mères. Il n’y a plus de désir de sexualité. En médecine chinoise, on parle de compénétration des sexes ce qui veut dire que chacun participe. L’alchimie se fait dans l’utérus de la femme, (dans le corps de la femme). Les femmes doivent apprendre à être pénétrable, permettre à leur sexe de ressentir avec honneur et bonheur les forces du partenaire.

La transmission de la sexualité permet aux hommes et aux femmes de devenir adulte, se confirmer chacun. Il faut instruire le petit garçon et lui dire qu’il va pénétrer et que ses petites boules donnent la vie, qu’il est à l’origine de la moitié d’un être humain. La femme, elle, doit savoir que son sexe est en creux, qu’il est invaginé, qu’il est le lieu de la rencontre des sexes pour la reproduction mais aussi pour le plaisir.

Pourquoi certaines personnes n’arrivent pas à avoir d’orgasmes ?

Quand les gens n’arrivent pas à atteindre l’orgasme, c’est qu’ils ne sont pas assez présents à eux même ni à l’autre ou pas dans leurs sensations. Quand il y a une lassitude c’est qu’il n’y a pas d’ouverture à la créativité, à la nouveauté. C’est un disque rayé, un processus automatique, mécanique, un enfermement. Si on fait toujours la même chose, on s’ennuie. Il faut être partie prenante de l’aventure pour l’alimenter. Les femmes ne savent toujours pas qu’elles peuvent être en même temps en réception et actives. Généralement, soit elles sont actives et prennent le modèle masculin pour devenir des sortes de guerrières modernes soit elles sont en accueil et prennent le modèle de l’enfant qui accueille spontanément, passivement. La sexualité est une communication, il ne s’agit pas d’attendre que des choses nous arrivent, il s’agit de s’ouvrir à soi et à l’autre pour qu’elles nous arrivent. On n’est pas tout seul.  C’est comme si on voulait atteindre la jouissance alors qu’il faut vivre la rencontre.

Les hommes ont-ils plus de facilité à prendre du plaisir ?

D’une façon générale oui  pour la facilité à prendre du plaisir mais pas pour vivre la rencontre. Surtout nos héritages sont différents. Et notre anatomie aussi !

L’homme sait depuis tout petit qu’il vivra sa sexualité quand il sera grand alors que la fille ne le sait pas du tout. Historiquement, avant la libération sexuelle des années 70  Les femmes étaient dans l’interdit de jouir, c’était tabou, un pêché. Leur réalisation passaient par le fait de devenir mère. Pourtant le fait d’être mère ne fait pas automatiquement devenir femme.

Que pensez de la sexualité débridée, à chaque coin de bar ?

Il est important de comprendre la notion d’héritage et de transgénérationnel car nous sommes   toujours sous influence de la sexualité interdite. Certains hommes reproduisent le système des pères, grands pères, arrières grands pères qui allaient au bordel. La mère était épouse vénérée, et les hommes ne lui faisaient pas l’amour puisqu’ils lui faisaient des enfants. Alors ils avaient des maîtresses. C’est la fameuse dichotomie entre la maman et la putain. C’est cette sexualité de plaisir fantasmatique qui perdure aujourd’hui et la pornographie a légalisé cette sexualité. Les hommes se sentent virils d’aller au bordel, ça les fait marrer mais en fait ils répètent leurs pères et grands-pères. Les filles  s’autorisent d’être des maîtresses et osent vivre ces expériences. C’est le pendant du prince charmant. C’est la représentation de la femme désirante et jouissante. On est dans le fantasme et non dans la communication entre deux personnes.

C’est une sexualité de halte-garderie, on se touche, ça fait beaucoup d’effets, on ne se revoit jamais, on ne se dit pas un mot. On se fait des trucs qui nous font croire qu’on vit une sexualité mais nous sommes morcelés. Enfant, on ne nous a pas informé de ce qu’était vraiment la sexualité. C’est notre scénario imaginaire qui s’actualise et qui remplace l’absence d’informations. Cette pornographie nous empêche de savoir que la sexualité est un réservoir de vitalité. C’est une sexualité qui n’est entretenue que pour assouvir un besoin et non un désir.

Aujourd’hui, l’éducation sexuelle c’est le porno sur Internet, est-ce grave ?

Bien sûr que c’est grave. Ce qui est grave c’est de dégoûter les jeunes de la sexualité, de leur donner des idées qui vont à l’encontre de leur épanouissement sexuel. La structure des fantasmes se construit entre 0 et 7 ans et la pornographie aliment cette structure. Pourquoi les jeunes regardent le porno ? Pour combler un trou, un manque d’information et c’est ça le plus grave. On nous montre du sexe sans nous en dire un mot et du coup le manque est encore plus fort. On constate que le porno dégoûte moins les jeunes à qui on a parlé de sexualité dans leur enfance.

La pornographie montre une jouissance infaillible qui marche à coup sur. Tout est dans la performance. La  sexualité est mécanique et s’il y a une jouissance c’est un coup de chance. C’est une sexualité des grands pères, des bordels transposés sur écran.

Or il ne faut pas confondre la sexualité des phantasmes et celle des partages. La sexualité d’adulte ce n’est pas ça. C’est l’ajustement vibratoire, l’emboîtement des corps et des sexes pour échanger leurs puissances. C’est une création de la rencontre des sexes, c’est un processus qui se crée dans la relation. Il faut apprendre à l’alimenter. C’est ce jeu, cette danse de donner et de recevoir qui fait du souffle.

Dans la sexualité fantasmatique, la pornographie, on sait jouir mais on ne sait pas se parler.

Faut-il coucher le premier soir ?

Il ne faut rien du tout, il n’y a pas de règles. Il s’agit de perspectives différentes où on  ne fait pas fonctionner les mêmes canaux de communication. Quand on couche le premier soir, on dit oui à l’éveil de notre corps érotique, l’animation de notre corps énergétique, à notre désir. Quand on ne couche pas le premier soir on privilégie les sentiments, le cœur, on veut prendre le temps de dire oui à cette érotisation immédiate.

Ce qui est important c’est la rencontre ; peu importe qu’elle soit le premier soir ou pas. Le premier soir témoigne d’une liberté sexuelle. C’est compulsif, c’est pulsionnel. Assouvir ou pas on s’en fout, on est en train de tout inventer. Et là bien sûr il est important d’oser vivre cette sexualité et de ne pas faire semblant si tu acceptes. Souvent cette spontanéité peut lever les inhibitions car il n’y a pas encore d’engagement et toutes les embûches qui viennent après de part notre héritage. Parfois, on ose plus son plaisir et sa jouissance dans l’imprévu.

Pleurer et jouir est-ce fréquent ?

C’est relativement fréquent. Le fait d’oser découvrir et vivre cette expérience extraordinaire, est un événement qui crée de l’émotion. C’est cette émotion qui te fait pleurer. Non pas parce que tu es triste mais parce que tu es émue de passer à une autre étape de ta vie.  Ce sont des pleurs de deuil, de quitter le passé, tu pleures de te transformer.

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