Et si nous étions drogués au Nirvana ?

Whisky, bière, coke, MDMA, gouache, acrylique nous sommes tous de gros drogués. Chacun sa dope mais rares sont les hommes sans addiction, dans un corps et un esprit sain. D’où vient ce besoin quasi vital de se mettre une race par tous les moyens ? Les raisons sont multiples : se stimuler, se désangoisser, se désinhiber, voir le futur, les morts et parler aux arbres.

Si certains sont des alcooliques mondains d’autres sont des dépendants heureux de la création. Quantité de gens créent pour aller mieux, se libérer en quelque sorte. Or, les liens entre processus de création et prise de stupéfiants sont étroits. L’état de création ne ressemble-t-il pas à celui de la prise de drogue en ce qu’ils ont en commun cet état de transe ?

Depuis la nuit des temps, les hommes utilisent des plantes qui sont psychotropes comme certaines sont alimentaires, guérisseuses ou toxiques. Ces expériences ont toujours fait l’objet de représentations picturales, c’est presque dans les gènes, l’homme est en quelque sorte programmé culturellement pour prendre ces substances cosmiques. Baudelaire écrivit « L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes, allonge l’illimité, approfondit le temps, creuse la volupté et de plaisirs noirs et mornes remplit l’âme au-delà de sa capacité ».

Accompagnées par des rituels ancestraux, les expériences de prise de drogue étaient orchestrées et maîtrisées par des enseignements chamaniques. Aujourd’hui, elles semblent être encadrées par l’art et surtout par la Beat Generation, William S. Burroughs et Keith Haring !

La rétrospective consacrée à Keith Haring au MAM Paris est troublante à ce sujet. « Le dessin que j’ai fait durant mon premier trip au LSD a semé les germes de tout le travail que j’ai fait par la suite et s’est développé en une vision du monde et une méthode de travail esthétique ». La drogue ouvre des portes de la vision.

Le dernier film de Snoop Lion « Reincarnated » réalisé en collaboration avec Vice, nous en apprend aussi pas mal sur le cannabis, sa consommation en Jamaïque et toute la culture mystique de ce pays. Pas besoin de rencontrer Bob Marley pour se sentir aussi un reggae rasta lion man.

Expérimenter cet état de transe, n’est ce pas une quête universelle ? Des sens décuplés, des visions des mondes parallèles, des connexions entre nous et les étoiles. Nombres d’images artistiques sont des représentations d’un état de conscience modifié, des visions d’un voyage extra conscient. Expérimenter la drogue c’est la quête de l’art, avoir accès à une autre réalité ! Et si nous étions drogués au Nirvana ?

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Tadanori Yoko, Heavy Smoker in a Forest, 2008

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Keith Haring Untitled, 25 août 1983 Collection particulière, courtesy Enrico Navarra, New York Acrylique sur bache vinyle 185,5 x 185,5 cm © Keith Haring Foundation

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Keith Haring Untitled, 1982 Courtesy Keith Haring Foundation et Gladstone Gallery, New York et Bruxelles Encre sumi sur papier 271,8 x 406,4 cm © Keith Haring Foundation

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Keith Haring Untitled, 1982 Collection particulière Peinture vinylique sur bache vinyle 304,8 x 304,8 cm © Keith Haring Foundation

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Keith Haring Untitled, 16 janvier 1981 Collection Sender Encre sur papier vélin 105,4 x 137,2 cm © Keith Haring Foundation

Snoop Lion x Vice : Project X’s Party Legends

REINCARNATED (ft. Snoop Dogg): Official Documentary Trailer

La géométrie sacrée en broderie

Interview de Shaun Kardinal, plasticien

Shaun Kardinal, habitant de Seattle, est un vidéaste, photographe, sculpteur et plasticien dont la spécialité est de broder sur de vieille cartes postales ! Comment et pourquoi la broderie a pris une place fondamentale dans son travail ? Ce collectionneur et chineur est un fétichiste. 

– IDENTITÉ –

Naissance : 1982 – Tracy, Californie, USA

Résidence : Capitol Hill, Seattle, WA, USA

Études : autodidacte

Média : Multimédia, broderie, collage, photographie

Projets : Installation d’un fil et d’une punaise au mur comme élément permanent d’une nouvelle galerie et conception du logo du projet de celle-ci. Série de couvertures d’album à venir pour un groupe de Seattle. Pièce en cours pour une exposition palpitante au Frye Museum.

Sur le web : shaunkardinal.com / Tumblr / Facebook

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– INTERVIEW –

Décris ton travail en 5 mots ou une phrase:

Broderies à la main et formes géométriques sur papier vintage trouvé. (Du mois, en ce moment !)

Tu travailles à partir de collections de cartes postales ?

Oui ! Je parcours souvent des magasins d’antiquités à la recherche de trouvailles originales. Elles sont d’excellentes inspirations, même si je ne finis pas par les coudre. Je trouve qu’il y a quelque chose de très romantique dans ces cartes postales oubliées, ces timbres fanés et gribouillages intimes.

Fusionnes-tu cartes postales et collages ?

Lorsque j’ai commencé la broderie, je faisais beaucoup de collages, en créant des paysages fictifs grâce à de différentes sources mais par la suite j’ai remplacé ce procédé par une approche plus simple de la broderie elle-même. Cependant, cette année, j’ai pas mal combiné ces images trouvées et broderie d’une manière plus minimaliste et plus design.

Comment as-tu eu l’idée de la broderie ? Qu’est-ce que cela apporte à ton travail ?

Il y a quelques années, j’échangeais des petites œuvres avec des amis par la poste, des petites collages et des impressions simples. Un jour, un ami m’a envoyé un collage peint et cousu à la main. En réponse, j’ai tenté de découper quelques carte postales et je les ai cousu en créant une scène abstraite. J’ai adoré et j’en ai refait. Ensuite, je ne les faisais plus pour quelqu’un mais parce que cela me détendait. Depuis, cela fait trois ans que je suis accro à la broderie sur papier et je laisse évoluer les idées qui me viennent.

Pourrait on dire que tu redéfinis l’espace-temps en intégrant dans le présent des éléments du passé ?

Pour moi, le travail est presque entièrement qu’esthétique, j’essaye juste de ne pas me répéter au fur et a mesure mais je laisse venir les motifs. Il y a eu quelques ratés mais étant donné que j’ai fait environ 200 ouvrages brodés maintenant ces petits dérapages ne me dérangent plus.

Quel est ton processus créatif ?

Je passe beaucoup de temps sur le Net à regarder de l’art (tumblr et art/design rss feeds), et j’enregistre des images qui ont une ligne intéressante. Quand j’ai l’envie de créer, je sors ma collection de carte postales, de magazines et je choisis les images qui me parlent sur le moment. Je sélectionne ensuite les couleurs des fils que je vais utiliser en reprenant les couleurs de l’image pour la mettre en valeur. Je suis souvent surpris par les étranges connections faites par le fil et l’image dans ce processus arbitraire.

Tes images rappellent les points cardinaux d’une boussole ?

Je suis vraiment attaché aux vieilles boussoles marines, alors cela pourrait être une bonne grille de lecture ! 

Quels paysages, pays ou villes t’inspirent ? Où as-tu voyagé ?

J’ai beaucoup visité New York et Chicago. Austin est aussi une très belle ville plus petite. A part les viles aux États-Unis, je n’ai pas beaucoup voyagé dans ma vie. En fait, je n’ai jamais quitté les États-Unis, ce qui est étrange finalement sachant que j’ai vécu très près du Mexique et du Canada !

Quels sont tes symboles préférés ?

Le Clair Obscur. Je trouve aussi que les caractères mathématiques sont très attirants visuellement.

Où trouves-tu ton inspiration à Seattle ? Comment est la communauté artistique ?

Seattle est une ville géniale pour traîner dans le monde artistique. Il y a des opportunités partout, dans les cafés, les galeries, les musées, les soirées dans les appartements et il y a beaucoup de gens à rencontrer. Pioneer Square, le cœur du centre ville, organise une fête tous les mois « First Thursday Art Walk » pendant laquelle toutes les galeries et établissements d’art restent ouverts tard le soir pour des expositions nocturnes. Pour les collectionneurs, il y a d’innombrables possibilités de trouver les travaux d’artistes en tous genres.

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Le mystère du conte

Interview d'Akira Kusaka, illustrateur

Akira Kusaka fait partie de cette nouvelle vague de talentueux dessinateurs japonais. Son besoin de produire de nouvelles images est insatiable. Humble et réservé, il nous parle de ses comptes nostalgiques et de la musique qu’il joue et qui l’influence. 

– IDENTITÉ –

Naissance : 18/07/1981

Résidence : Hyogo, Japon

Études : Autodidacte

Média : Illustration

Projet Passés : CD cover artwork pour UNSHUDO records.

Sur le web: www.behance.net/akirakusaka/+ http://akira-kusaka-illustration.tumblr.com

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– INTERVIEW –

Quels sont les sujets que tu explores en images ?  Littérature, Psychologie, Astronomie.

 Quel est ton processus créatif ? As-tu un rituel ? Quand mon collègue écrit un poème, je dessine une illustration qui va avec. Quand je suis triste, les idées me viennent très facilement comme une sorte de diarrhée visuelle.

 Quel est ton rapport au récit et à l’envoutant ? Dans toutes mes illustrations il y a une histoire mais je laisse au lecteur la possibilité de se la raconter. Je ne veux pas en dire plus pour laisser le mystère planer, que chacun se sente complètement libre. Je dessine un sentiment et c’est surement ce qui confère ce coté envoutant.

 Est-ce que la musique influence ton travail ? Oui, en plus d’être un illustrateur, je suis musicien. Je joue du trombone et du piano. La musique me transporte dans des mondes parallèles !

Comment étais-tu quand tu étais enfant ? Avais-tu une grande imagination ? Je dessinais tout le temps et j’adorais lire des comics.

Ton film ou conte de référence ? J’adore les films. Mon conte préféré c’est « The Fall Tarsem Singh », et les costumes sont faits par Eiko Ishioka.

Peux-tu nous parler un peu de ta vie au Japon ? Qu’est-ce que tu aimes faire de ton temps libre et ou trouves-tu ton inspiration ? Je vais aux temples, tombeaux, bibliothèques et librairies. C’est là-bas que je trouve mon inspiration. Je joue dans un duo nommé  « The Repair » au Japon.

Es-tu atteint tu syndrome de « Peter Pan » et te projettes-tu dans 10 ans Je sais que je reste un peu immature et j’aimerais être une personne plus digne. Je veux rester actif dans le monde mais avant ça j’ai besoin d’améliorer mon anglais 😉 !

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Parler à l’inconscient collectif

Portrait de Leif Podhajsky, plasticien

Artiste et directeur artistique frénétiquement prisé des groupes et labels de musique tels que Warp, Modular, Sub Op, Sony, Foals, Bonobo, Ninaj Tunes, The Horros, Grimes, Shabazz Palaces, Lykke Li, Tame Impala, Birds of Tokyo, Leif Podhajsky produit des visuels  psychédéliques s’adressant à l’inconscient collectif de l’humanité.

Selon ses mots, Leif Podhajsky s’adresse à l’inconscient collectif de l’humanité et explore des concepts universels, l’amour, la peur, la magie. Ses illustrations sont à l’art plastique ce que la transe est à la musique !  Il invite à  reconsidérer la force de la nature et à se reconnecter à l’environnement, revivre ces expérimentations occultées des vies modernes.

Sa première pochette fut pour le groupe Tame Impala dont il était fan depuis longtemps. Avant chaque création, il écoute les albums en boucle et s’immerge des «flow». Le design pour la musique est organique. La grande difficulté est de résumer les émotions de plusieurs heures de son en une seule image immédiate. Chez Leif Podhajsky, il en sort des jets pixelisés symétriques altérant la réalité de paysages planants. Ce travail artistique est né après une longue période d’introspection sur lui-même. D’abord web designer dans une boîte, il décide de tout arrêter pour lancer son propre studio et de prendre le temps de développer son style artistique plutôt cosmique. Une intrigue persiste : comment fait-il pour être aussi visionnaire ?

Voici quelques associations musique / image :

Bonobo – Cirrus (Ninja Tune)

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 Young Magic

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 Birds of Tokyo – This Fire

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 Lykke Li – Wounded Rhymes

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 Tame Impala – Elephant

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Foals – My number

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 Chew Lips – Hurricane

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Le mouvement du bois

Interview de Pierre Fisher, plasticien

À seulement 28 ans, Pierre Fisher présente sa première exposition à la galerie Anne de Villepoix. Sans marcel ni tronçonneuse, il découpe du bois industriel en rythme pour donner naissance à des sculptures tranchées.

 

Villes  de résidence : Senonches (Eure et Loire), Cahors (Midi Pyrénées), Paris

Age : 28 ans

Formation : DNAP, Ecole des Beaux Arts de Rueil, 2008 et DNSEP, Villa Arson, 2010

Médias : volume, collage

Matières : bois, papier

Projets passés les plus marquants : Le verdure tour 2009, De la France Mystérieuse réalisé en collaboration avec l’artiste  Justin Meekel.

« Suite à la trouvaille du Guide de la France mystérieuse écrit en 1966 par René Alleau, nous partons plus d’un mois sur les routes de France dans l’espoir de débusquer de nouveaux mystères. Les rencontres et découvertes satisfaisantes sont ensuite formalisées dans des livrets édités et distribués tout au long de notre parcours grâce à une Peugeot 205 aménagée en mini-imprimerie »

Opération Tonnerre, une explosion collective réalisée à mains d’œuvres en 2009 avec united artists, Hanna Alkema et Isabelle le Normand.

Actualités : Galerie Anne de Villepoix, Paris

Projets futurs : Top secret

Sur le Web : un assemblage de multiples blogs à voir ici

 

 Pourquoi des sculptures en bois industriel ?

Avant je créais des sculptures avec des objets que je trouvais au hasard, ma pratique était dépendante des trouvailles que je faisais. Le bois se trouve quotidiennement et est plus pérenne. D’aiguilles en aiguilles (mdr), j’en suis arrivé à aller dans une négoce en bois où il y avait ces machines roulantes à bras déployable qui servent à aller chercher les grands panneaux de boix à des hauteurs impressionnantes  qui circulaient dans tout les sens. J’y sentais quelque chose de fort dynamique, comme la sensation d’une intense vitesse industrielle. Là bas, le bois est en particules et s’achète sous forme de panneaux, comme des feuilles en quelque sorte. On se croirait dans une papeterie mécanisé, sauf que les formats A4 tu les domines alors que les planches en bois c’est elles qui te dominent. Ce changement d’échelle m’a fasciné. Habituellement, la fonction de ce format de bois est la construction de maisons, de bâtiments. J’ai tout de suite eu envie de les dompter !

 J’aime jouer du paradoxe de l’image de l’artiste qui habite dans un village de campagne au milieu de la forêt et qui fait des sculptures avec du bois industriel. Même si le destin à jouer un rôle important concernant ce cadre de vie, jouer du paradoxe stimule l’envie d’agir.

 

Parle nous de la rythmique de tes découpes et de leur luminosité !

Je crée de manière instinctive et spontanée les coupures du bois. Ce pourrait être les rythmes de ma vie, qu’elle soit routinière ou mécanique. Je suis animé par une flamme. J’emploie un autre niveau de langage à travers des choix de placement des éléments. Ca se situe entre le domaine de la pensée et celui de la sensation. Je veux que les gens puissent se raconter des histoires et être dans le meilleur des cas attiré par l’histoire de la fabrication de l’objet produis  (sculptures, image, collages, éditions….) .

Je joue avec le côté lisse et plat de cette esthétique bureaucratique du bois industriel pour lui donner quelque chose de plus rugueux, grinçant.

Le contreplaqué antidérapant a deux faces, une lisse et une quadrillé (anti antidérapante) qui brille. Je joue avec les 2 faces. Parfois, je camoufle des leds à l’intérieur du bois découpé comme des zips, des fermetures éclaires. Une guirlande lumineuse cachée dans la sculpture scintille de  façon aléatoire. Cela m’amuse de faire croire au spectateur que la lumière est issue d’ programmation complexe alors qu’il s’agit en réalité d’une guirlande lumineuse fabriqué en Chine  et achetée à 6 euros dans un bazar.

 

Quel effet ça fait de travailler avec des scies, des vis et une visseuse-perceuse ?

J’utilise uniquement une scie circulaire sur table, une scie circulaire manuelle, et une visseuse. Pour fixer les morceaux de bois, c’est toi qui bouge et pas la planche. Je me sers aussi de vis, de serre joints, de visseuses, d’une perceuse avec des embouts différents. Je me suis fixé une restriction dans les outils, cette contrainte me plaît, je n’utilise jamais de colle.

 

Peut-on dire que tu crées des glitchs du processus industriel de fabrication du bois ?

Oui, on peut dire que je fabrique des sortes de glitchs industriel car je me place a la fin de la chaine de fabrication industrielle du bois et m’imagine  prolongé de façon aléatoire son processus de transformation (de l’arbre au panneau). En le faisant éclater de l’intérieur, les formes prennent du volume et perdent leur régularité, elles se mélangent, entrent en contact, fusionnent, deviennent des unités. En ça, ça peut être perçu comme une sorte de glitch de la réalité. Le bois compressé a subi une transformation industrielle, les formes s’entrelacent et j’accentue cette transformation. J’archive ces panneaux de bois industriels dans le monde de l’art pour les placé dans la postérité. En humble médiateur. Je prends les matières et les mène ailleurs, les immortalisent.

 

Te sens-tu le bûcheron de l’art contemporain (mdr) et à quand des créations à la tronçonneuse ?

Pas tout à fait, mais s’il fallait vraiment surfer sur un créno,  ou opter pour une caricature, je choisirais un truc dans l’ genre, en mettant peut être plus en avant la dimension urbaine de mon côté rurale. Je trouve l’image du bûcheron un peu trop caricatural pour le coup :) Les sculptures que je crée sont assez délicates, l’esthétique n’est pas trop bucheronne, c’est de l’abstraction géométrique, un langage plastique très prisé par les suisses. Même si effectivement je maltraite la technique de l’ébéniste, je retranscris et fictionnalise plastiquement une esthétique de chantier qui mêle science fiction, minimalisme,  système D, bricolage, moyens du bords…

 Je n’utilise pas de tronçonneuse mais je me suis déjà vu en train de tronçonner un grand parallélépipède en bois dans lequel je découpais une vague d’une seule traite.

 

Qu’est ce que ton savoir faire du vitrail a apporté à ton travail ?

 Le travail du vitrail, la découpe des morceaux de verres, la mise en plomb, la soudure, le mastique, et la pose, sont autant d’étapes nécessaire à la fabrication d’un vitrail. Je retrouve certains des gestes du vitrail dans ma pratique du bois, par exemple, il s’agit dans les deux cas de découpé des morceaux de matières (verre, bois) puis de les joindre, comme des puzzles.

 

Dernièrement tu réalises aussi des collages de vieux journaux, des images loufoques et anachroniques ?

Ces collages sont le retour de la trouvaille heureuse dans mon travail, de quelque chose qui est le fruit du destin. J’utilise une collection de magazines des années 50 à 80 qui appartenaient à mes grands parents. Je tape dans le patrimoine familial. Les compositions ne sont pas dénuées d’humour. Je permet au spectateur de voyager dans une iconographie d’une époque bien référencé (celle du pop art, Richard Hamilto,n) mais dans laquelle j’agis en changeant les réalités. Ce sont des mixs, des transformations de la réalité. Je n’intellectualise pas forcément tout, j’ai un gout prononcé pour la surprise. Avant tout, j’ai voyagé dans cette iconographie,  animé par toujours le même goût prononcé pour les aventures insolites.

 

Es tu fasciné pour le passé ?

Non, je suis curieux du passé autant que du futur.

 

Quels sont les artistes qui t’ont influencé ?

 John Mac Cracken parce que c’est un minimaliste qui croyait aux extra terrestres, qu’il faisait tout lui même et qu’il polissait et laquait de façon obsessionnelle et frénétique. Barnet Newman, pour ses monochromes avec des motifs de zip. Il cherchait quelque chose du domaine de la représentation transcendantale. C’est un des premiers à arriver à ce format la dans la peinture abstraite. Et puis, Fragonnard, Manet, Guston, Pollock,  Roman Signer, Bas jan Ader,  Ed Ruscha, Fischly et weiss , Bruce Nauman, Bad Beuys, Vincent Ganivet, Haroon Mirza, Nicolas Muller, Oscar Tuazon, Justin Meekel, Boris Achour, Jeremy Deller, Tom Sachs, General Idea, Poincheval & Tixador,  Jason Rohades, Joseph beuys, Maurizio Cattelen, Basquiat, Wahrol, Duchamp, Stella, Lavier, Kenneth Noland, Présence panchounette, etc…

 

Es-tu connecté aux esprits de la forêt ?

Oui surement, au delà de la forêt je me sens sensible aux mouvements astraux, J’ai la conscience que nous sommes en orbite.

 

Découvrir les collages de Pierre Fisher : ici

 

Sculptures

 

Repoduire les glitchs de la nature

Interview d'Olivier Ratsi, artiste visuel

Olivier Ratsi est un artiste multimédia qui pratique le vjing, la photographie, les projections et installations vidéos et la peinture numérique. Il réalise aussi des performances audiovisuelles monumentales et du mapping (projections de vidéos sur façades) avec le label AntiVj. Il travaille les ruptures de la réalité objective de temps, d’espace et de matière et propose au spectateur d’explorer de nouvelles perceptions en détruisant ses expériences spatio-temporelles habituelles.

 

Son projet d’espace – WYSI-not-WYG

À partir d’une photographie du paysage urbain, Ratsi fragmente l’image selon un processus qui décompose en plusieurs plans les éléments fixes et garde une représentation fidèle des éléments en mouvement (Anarchitecture). Il déconstruit le paysage urbain et laisse ainsi la possibilité au spectateur de reconstruire mentalement ce qu’il connaît mais avec ses impressions personnelles. Il décline ce procédé pour réaliser des performances de mapping  (Space Ana) et des installations numériques (Sub Space Ana).

 

Son projet d’espace-temps  – Destruction Time, Again

Olivier Ratsi applique toujours le même processus de déconstruction mais cette fois-ci non pas à une seule image mais à plusieurs photographies décomposant les mouvements d’une même séquence. En allant encore plus loin, il imagine une sculpture composée de fragments, l’élément rectangulaire central de toutes ses créations. Leurs associations chaotiques dans l’espace, symbole de déconstruction, sont coordonnées par un scénario lumineux très précis. C’est la lumière et donc le rapport au temps qui apporte la cohérence.

 

 

Interview :

 

Ton processus de création peut-il être assimiler à des « sample » plastiques ?

En effet, dans mon projet consacré à l’espace (Anarchitecture), j’utilise la photographie, le médium qui se rapproche le plus de la réalité, et je la sample pour la transformer en une multitude d’informations. L’appareil photo n’est alors qu’un outil et la réalité est retravaillée par ordinateur avec des logiciels. L’espace, les volumes sont remodelés pour exprimer une déconstruction de la perception. Dans mon travail sur l’espace-temps, j’utilise des chronophotographies et je travaille donc sur plusieurs samples. J’introduis la notion de temps que j’envisage comme un ensemble de plusieurs instants uniques. Chacun d’eux doit subir le même traitement artistique. Il peut y avoir plusieurs versions d’une même image artistique.

 

Pourquoi représentes-tu toujours la déconstruction par des rectangles ?

J’ai commencé à créer des erreurs de la réalité dans les années 2000. À l’époque j’utilisais un caméscope et la fonction rembobinage / accéléré rapide. Il apparaissait comme des puzzles qui se créaient dans un rapport au temps déformé. Depuis je continue à reproduire ces rectangles par des processus graphiques, je crée des glitchs maîtrisés, je déconstruis de façon très précise. Le rectangle est une valeur informatique et notre esprit lui donne l’apparence qui correspond à la réalité. Dans mon travail, il y a toujours des angles droits. Je pourrais faire la même chose en collage et pas seulement en numérique.

 

Pourrait-on qualifier ton travail de glitch d’un paysage physique ?

Par mon travail artistique, je tente de traquer des glitchs imperceptibles aux yeux des humains. Je capte la forme de glitch présente dans ce qui nous entoure mais que nous ne percevons pas, je cherche les erreurs de la nature. Les gens ne regardent pas vraiment, ils font appel à leur mémoire de l’environnement. Pour moi les images sont des rectangles déplacés et ce sont ces accidents visibles que je représente artistiquement. Je ne donne pas de solution au spectateur, j’essaye juste de lui donner des pistes pour se détacher de sa construction mentale définie.

 

Tes images sont-elles inspirées de visions personnelles ?

Depuis l’enfance, je m’amuse à regarder les mêmes objets de façon différente. Je les observe comme si c’était la première fois que je les voyais, je les décortique comme s’ils étaient des informations à l’état brut et que chaque élément de la nature était composé de ces mêmes données. J’aime voir comme si je découvrais. Dans mon travail plastique, je reproduis cette vision, j’ai des images en tête et je tente de les reproduire. Cette pratique plastique reflète mes interrogations et une intuition personnelle.

 

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Exposition Anrchitecture 3 / Cube – Issy Les Moulineaux (2011)

 

Destruction Time, Again

 

Mapping avec AntiVj

 

 

Expositions personnelles : Le Cube (2011), Le Grand Palais (soirée magazine Architecture d’aujourd’hui – 2009), Galerie Théâtre de l’Agora – Evry (2012), Fest Festival Tunisie (2009), centre d’Art contemporain de Genève (2008), A China-France Media Art Exhibition group (2011), Seize galerie – Marseille (2011).

 

Performances audiovisuelles avec le label AntiVj : Nuit Sonore de Lyon (2011-2009), Eglise Saint Joseph – Enghien Les Bains (2010), Espaces publics – Bruxelles (2009), Bain numérique festival (2009), Espace public, Songdo – Corée du Sud (2009), Vieux port de Montréal – Québec (2009), Graphic design festival – Hollande (2009), Festival Corps urbain – Bruxelles (2008), Passages électroniques festival (2008).

 

Publications : New York Times Magazine, IdN Magazine, Revista Dédalo #8, Shangai No City Guide, The Outlook Magazine, Etapes, Trax Magazine, Graphic Design festival – Breda, MCD magazine, Paysages éléctroniques, Tempo Da Sky – Brésil, Corps Urbain, revue Regards sur le numérique, Guide des festivals numériques.

 

Liens :

Site web d’Olivier Ratsi

Site web d’AntiVj

Blog wysi-not-wyg

Blog deconstruction-time-again

Une ligne sans fin

Portrait d'Anne-Flore Cabanis, plasticienne

Entretien avec Anne-Flore Cabanis, diplômée de l’école nationale des Beaux arts de Paris, en résidence actuellement au Cenquatre. La plasticienne nous présente ses dessins, ses toiles et ses installations in situ rebondissantes. Composées d’élastiques géants et de rubans adhésifs, elles sont conçues sur mesure pour les lieux urbains dans lesquels elles sont installées et redéfinissent la sensation d’espace.

Sa fascination pour la ligne continue est le point de départ de son travail. Elle trace des lignes en suivant les contraintes qu’elle s’impose. Elles ne doivent jamais s’arrêter, leurs angles sont droits et elles ne doivent pas s’auto croiser. La plasticienne cherche l’infini et cette quête se retrouve dans toutes les autres pièces de son puzzle artistique.

D’abord abstraites, ses lignes commencent à avoir une signification grâce au travail de leur densité : plus la ligne est serrée plus elle est sombre et permet de créer un volume. Lors de sa première exposition personnelle « Stock Market » à la Galerie Bamyan (Paris) en juin et juillet 2009, elle dessine des lignes représentant les courbes des actions en bourse des banques lors du krach boursier de 2009. Lors de sa deuxième exposition personnelle à l’Atelier Annette Huster en mars 2010, elle réalise deux stylos avec un stylo. Le premier est celui dessiné qui figure sur la feuille, l’autre celui qui a servi à le faire et donc la matière.

Anne-Flore Cabanis enregistre les sons de l’écriture automatique de son stylo et crée une vidéo dans laquelle elle calque ses mouvements sur ce graphisme sonore. Sa main et son corps sont rassemblés au montage.

Mais la ligne est avant tout celle du temps, elle représente les heures passées à dessiner. Les œuvres en sont la mémoire. En ce sens Anne-Flore Cabanis voit son travail comme une performance. Son art se situe dans le moment présent, celui de l’action spontanée et introspective du tracé.

Parfois les lignes deviennent seulement les points qui les constituent. Ils introduisent l’idée d’échelle dans le travail de l’artiste qui va de infiniment petit à infiniment grand. Le point c’est l’atome de toute création. Les points sortent du cadre de la toile, ils n’ont pas de limite.

Anne-Flore Cabanis suggère ainsi ce que nous ne percevons pas, un univers invisible que ses installations in situ ont aussi pour but de révéler. Les élastiques vibrent avec le vent, ils s’animent en interaction avec les éléments extérieurs. Comme des cordes d’énergie, ils représentent le mouvement graphique du lieu. Chaque installation est faite sur mesure.

Les rubans adhésifs collés au sol ne bougent pas mais donnent l’illusion d’un mouvement. Ils sont la transposition exacte des lignes de l’artiste mais en 3D. Elles créent un nouveau volume et le lieu se tord et se reforme.

Récemment, l’artiste a introduit la couleur dans ses travaux et notamment le dégradé pour intensifier le mouvement, les couleurs se propagent comme une onde ne sont pas identifiables séparément, elles se confondent. On ne sait plus les distinguer et la réalité paraît invisible. Anne Flore Cabanis cherche à savoir si nous sommes tous sur la même longueur d’ondes ?

Pour plus d’informations sur son travail : www.anneflorecabanis.com.

Élastiques fluo en tension à Flatteurville, soirée des FrenchBurners. Paris octobre 2010. Détail.

« Au Delà », élastiques en tension et ruban adhésif, Nuit Ouf #1 du Centquatre. Paris janvier 2011. Avec le soutien de Paritys.

Sans titre. Dessin en une ligne, encre noire, 1,50mx1,50m. 2010. Détail

Sans titre. Dessin en une ligne, encre noire, 1,50mx1,50m. 2010. Détail.

Sans titre. Peinture acrylique, 2mx2m. 2010. Détail.

« VolumÉlastic », élastiques en tension, Nuit Blanche Paris 2011. Avec le soutien du Centquatre et de Paritys. Crédit photo : ©Adrien Lanoote

« Route EL28 », élastiques en tension, Nuit Ouf #2 du Centquatre. Paris mai 2011. Installations toujours présente.

Sans titre, collage in situ, ruban adhésif. Appartellerie, Paris juin 2010.

« ÉlectroBand XX », collage in situ, ruban adhésif. Médiathèque du XX° arrdt de Paris avril 2011. Collaboration pour le concert d’Issam Krimi « Barbara Piano Solo Électro ».

« LuminoBand », élastiques en tension dans la Maison des Petits du Centquatre, Nuit Blanche Paris 2011. Avec le soutien du CENTQUATRE et de Paritys. Installation toujours présente.

Les artistes sont les nouveaux chamans

Interview de Martine Lusardy, commissaire de l'exposition HEY!

Entretien avec Martine Lusardy, commissaire de l’exposition présentée à la Halle Saint Pierre  jusqu’au 4 mars 2012. Une manifestation élaborée en collaboration avec les créateurs de la revue HEY! associant ainsi art brut et culture populaire.

Notre société donne la priorité à la science et à la consommation. La pop culture donne naissance à des artistes qui tentent de mettre à distance cette réalité en créant une irréalité imaginaire. Cet espace de jeu conduit à un autre monde. Ce qui unit les artistes de HEY ! c’est la possibilité d’une évasion.

HEY! est la 50ème exposition consacrée à l’art brut qu’organise par la commissaire Martine Lusardy à la Halle Saint Pierre. A la recherché de l’autre culture, celle hors des circuits de distribution légitimes la commissaire présente l’art qui résiste à la pensée conceptuelle, qui ne fait pas appel à intellectuel mais à l’expérience première du corps. L’art n’est pas aseptisé il doit avoir un contenu, un sens.

Dans nos sociétés, la raison a pris le dessus sur le ressenti, l’émotion est oubliée car elle nuit au rationnel. L’expérience de l’art brut ramène à la subjectivité. L’art brut c’est lâcher prise, l’artiste ne contrôle plus il va vers cet inconnu mystique, il est attiré et en même temps réticent. Cette dualité est le point de départ de la création brute. Elle repousse les limites des espaces interdits. Nos sociétés contemporaines ont vidé de sens les rites de passage d’un état à un autre. Il faut apprendre à passer d’un monde à l’autre. L’art brut réveille l’homme, son animalité, redonne vie à ses pulsions et regardent ses obsessions.

Il est possible d’être un autodidacte dans l’art, la formation technique a ses vices, trop intellectualisée elle peut tuer la singularité. Le geste artistique n’est contestataire que la première fois, comme le « ready made ». HEY! pose la question du mauvais gout. On veut l’universaliser mais il n’y a pas de vérité absolue à ce sujet, les critères esthétiques évoluent en permanence et sont subjectifs.

L’artiste est celui qui crée la perte de repères permettant d’aller vers ses émotions. L’artiste va chercher des images qui dérangent, rend visible  ce qui est refoulé, oublié. Il se connecte aux espaces de l’intolérable et de l’insupportable pour le rendre regardable. Il faut apprendre à re-regarder. Les artistes d’art brut abordent la mort, l’occulte et les représente de façon supportable. Le rôle de l’artiste est de prendre en charge l’individu non pas pour lui même, comme dans une thérapie, mais pour le groupe. L’artiste d’art brut est lui et tout, il crée pour lui mais le groupe se reconnait dans son œuvre. Les artistes sont les nouveaux chamans.

Sculpture / Aj Fosik « Each Morning Takes Bear » 2008

Dan Witz – Mosch Pit I

Lin Shih Yung « Cérémonie pour devenir un adulte-corde » 2009

Stéphane Blanquet

Daniel Martin Diaz « Mysterium Tremendum » 2010

Ludovic Debeurme

Gay friendly

Portrait de Tom de Pékin

Par ses dessins au traité naïf, Tom de Pékin milite avec humour pour une homosexualité en paix. Abordant un style de bande dessinée et de comique, il représente des positions sexuelles, des pénis, des fesses et des slips.  Une économie de graphisme lui permet de faire passer un message simple et efficace. Loin de la provocation, ses illustrations ludiques sont conçues comme des modes d’emploi d’une pratique homosexuelle libérée.

En 2000, il commence en changeant les images d’affiches de propagande communiste chinoise et en remplaçant les armes par des sexes, les messages de guerre par de la poésie chinoise tangente. Ainsi l’ensemble de son travail tend vers l’absurde, à la fois entre les images et dans le rapport texte image. Touchant à différents médiums, photographie, vidéo, ses dessins sont inspirés des performances qu’il réalise. Son avatar est une tête de chien. Il se réfère aux héros des dessins animés tels que Bambi ou Gasper donnant à ses dessins des doubles sens de lectures. C’est ainsi qu’il développe la suite canine, une série de dessins en noir et blanc inspirés des « Voyages de Gulivert » de J.Swift. Les personnages pissent sur des monuments pour les sauver du feu. Tom de Pékin joue des articulations, on peut y voir un acte d’insulte ou un jeu sexuel.

Avec sa récente série de dessins sur l’adolescence, Tom de Pékin transpose l’épisode biblique « Suzanne et les vieillards » à de jeunes adolescents qui se découvrent homosexuels. La présence de Casimir qui les photographie caché dans les buissons rappellent l’obscénité et le malaise, ce rapport ambigu des médias vis à vis de l’homosexualité dans les programmes pour enfants. Les personnages ne se regardent pas ils sont comme dans des espaces temps différents. Tom de Pékin y ajoute des dialogues de jeunes hommes qu’il pioche sur Internet. Ils parlent de leur Peugeot 103, la mobylette symbole de liberté et des moments entre hommes.

Dans son dernier livre Haldernablou, illustrant et calligraphiant un des premier poèmes d’Alfred Jarry, Tom de Pékin s’exprime sur l’opacité de l’homosexualité à cette époque., Si son trait de crayon est visible par son travail des nuances avec des mines de plombs plus ou moins tendres ou dures, ses dessins suggèrent un monde invisible. La lumière y est traitée de façon très particulière, celle-ci vient des personnages eux-mêmes. S’inspirant des dessins de Victor Hugo, il représente des fantômes, les images sont comme en transparence, les formes s’emboîtent pour donner la vision globale. Son procédé créatif se rapproche alors de celui du collage. Dans tous les sens l’image peut être prise.

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Décomposition du mouvement et de la couleur

Street art d'Arnaud Crassat

Arnaud Crassat a repeint le mur de 60 mètres de long de la rue Alibert, Paris 75010. Avec ses pochoirs, il représente des vols d’oiseaux du plus petit au plus grand, du pigeon à l’autruche, en s’inspirant des travaux de chronophotographie d’Edward Muybridge. Une gamme chromatique de dix-huit couleurs  en fond, sa marque de fabrique.

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