Que veulent nous dire nos tatouages ?

On ne se marie plus mais on se tatoue pour la vie. On ne cherche plus l’âme sœur mais le parfait tatoueur. On s’engage toujours et encore plus durablement vis à vis de soi-même et de son épiderme. Comme le disait David Le Breton «Quand le monde nous échappe, il nous reste le corps». A défaut d’un autre que l’on contrôle et qui ne nous quittera jamais nous avons le tatouage. Lui au moins il est éternel, il ne s’efface jamais et il nous survit même après la mort.

Un tatouage reflète nos pensées sur la peau, notre esprit est visible sur la chair. On affirme qui on est aux yeux des autres. Ce beau dessin incrusté à l’aiguille dans nos bodys est la marque de ce que nous voulons dire au monde mais aussi finalement à nous-mêmes. Nos têtes de mort parlent à nos reins, nos licornes et nos plumes chuchotent à notre cage thoracique, nos ancres marines, nos papillons et nos triangles murmurent à nos chevilles et nos croix guident nos doigts. C’est un peu notre inconscient collectif qui envoie des SMS à l’encre indélébile.

Rébus de l’âme, les tatouages ont un sens caché et sont des symboles d’identité. Un symbole est une chose qui en représente une autre. Le tatouage serait donc un dessin inscrit dans la peau représentant notre état profond. Les symboles expriment l’indicible, ce que certains appellent «Dieu». Le mot tatouage vient d’ailleurs du tahitien et dérive de l’expression «Ta-atouas» – « ta » signifie dessin et « atua » signifie esprit, Dieu. Les tatouages seraient donc de formidables outils pour décrypter la face caché de nous-mêmes et nous connecter à ce qui nous dépasse ? Les tatouages sont un peu nos chapelets modernes.

Depuis fort longtemps, les moines bouddhistes tatouent des mantras sur la peau pour guérir l’âme. Ils y inscrivent leurs prières pour que leurs paroles s’immiscent au plus profond des entrailles. Le tatouage est un lien entre les corps, l’esprit et la peau. Il est une parcelle entre différents niveaux. La souffrance physique qu’il impose ressemble à un rituel de passage pratiqué par certaines civilisations tribales. Il faut être un gros dur, un rebelle comme l’étaient les marins. Le passage à l’acte est une sorte de cérémonie dans laquelle le symbole incrusté sur la peau permet de classer l’ancien ou d’encrer le (re)nouveau. Le tatoueur et le tatoué ne forment alors plus qu’un, l’esprit et le corps se connectent et ensemble, comme dans un beau conte de fée, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

yantra-tattooSak Yank, tattoo magic par Realfeatures (Thailande).

virginia-elwood-1Virginia Elwood (Brooklyn-NY, Etats-Unis).

pietro-sedda-1Pietro Sedda (Milan, Italie).

delphine-noiztoy-1Delphine Noiztoy (Londres, Grande Bretagne).

nick-keiser-2Nick Keiser (Phoenixville, Etats-Unis).

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sak-yank-tattoo-1Sak Yank, tattoo magic par Realfeatures (Thailande)

cody-eich-1Cody Eich (Fort Wayne, Etats-Unis).

igor-gamma-2Igor Gamma

philippe-fernandez-1Philippe Fernandez (Berlin, Allemagne).

pari-corbittPari Corbitt (Fermantle, Australie).

sam-rulz-1Sam Rulz / Ouchiscool (Hamilton, Nouvelle-Zélande). 

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