Olivia Zeitline

Sortir de l'illusion

Il est venu le temps d’ouvrir les yeux.

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Nos vies sont remplies d’illusions, nous vivons dans un monde d’illusions et ce sont ces illusions qui nous font souffrir. 

Nos illusions nous mènent vers des artifices, vers des apparences, vers des critères de beauté, de richesse, vers une surabondance d’images internet qui nous font croire que le bonheur est partout, vers des puits sans fonds. Nos illusions sont comme des drogues qui endorment nos cœurs.

Quand nous croyons posséder, nous sommes sous perfusion, nous avons des seringues d’illusions plantées dans les veines. Quand nous n’avons pas, nous mendions et nous serions prêts à tout pour obtenir. Nous passons notre temps à désirer ce que nous croyons qu’il existe mais qui n’est qu’illusion. Nous rêvons éveillés. Voilà pourquoi notre société souffre et se vide de sa consistance. Nous avons perdu de vue l’essentiel et nous ne sommes plus connectés à la réalité de la vie.

Or, la réalité s’ouvre à celui qui est prêt à accepter de ne plus rien avoir.

Sortir de l’illusion de notre monde est l’une des choses les plus difficiles à traverser car elle suppose de laisser ce qui nous procure du désir, ce qui nous fait saliver, ce qui nous met en transe et ce qui, croit-on, va nous donner des pics d’adrénaline. Cela suppose de laisser les montées d’hystérie, les euphories planantes car elles aussi sont des leurres. Elles sont comme des oasis dans notre désert.

La réalité, c’est la simplicité. C’est de juste s’asseoir sur une chaise, c’est de regarder un oiseau voler. C’est cette conscience simple que tout est déjà là, que nous n’avons besoin d’aller nulle part car nous sommes déjà arrivés.

Pourquoi allons-nous travailler ? Pourquoi nous levons-nous tous les matins en mettant des costumes qui ne veulent rien dire ? Pourquoi alimenter un système qui n’a pas de sens ? Pourquoi courons-nous après des canons de beauté ? Arrêtons de nous mentir, soyons courageux et regardons la réalité invisible qui nous tient en vie.

Nous devrions passer notre temps dans les champs à cultiver, à toucher la terre, à regarder le ciel et les étoiles. Nous devrions passer notre temps à nous aimer. Nous devrions passer notre temps à créer pour la Terre. Nous devrions passer notre temps à être qui nous sommes vraiment.

Pourquoi l’art nous fait tant de bien ? Parce qu’il nous connecte à l’invisible, à l’énergie, à la connexion entre tous et c’est la seule réalité.

La réalité est énergétique. Tout est énergie, tout est vibration, chaque objet, tout ce que nous croyons voir. Nous sommes reliés les uns aux autres par des fils invisibles et nous nous comprenons quand nous plongeons les uns dans les autres, quand nous nous regardons au plus profond de nos pupilles et de notre troisième œil, quand nous ouvrons nos canaux vibratoires aux autres. C’est seulement au moment où nous nous connectons énergétiquement que nous pouvons commencer à communiquer et à nous connaître véritablement.

Qui sommes-nous? Nous ne sommes pas ce que nous pensons être, nous ne sommes pas nos pensées. Nous sommes ce cri du cœur, le son originel de l’univers qui part de l’organe physique du cœur. Nous sommes des ondes dont les formes se modifient en temps réel. Nous pouvons changer la réalité, la matière en changeant l’onde de forme de notre pensée instantanément. Nous n’avons plus besoin d’apprendre, nous avons seulement à nous laisser télécharger par les informations de l’univers. Nous n’avons plus besoin de faire quoi que ce soit, nous avons juste à être et tout se fait.

Il est venu le temps d’arrêter de faire semblant, d’arrêter de croire à nos illusions, d’ouvrir les yeux et d’enfin nous reconnecter avec l’essence de l’univers. Il est venu le temps de changer, de sauter dans le monde que nous voulons tous voir apparaître. Alors soyons courageux et osons faire table rase de ce qui ne nous convient plus sans nous mentir, quitte à ne plus rien posséder. Car c’est au moment de tout perdre que nous gagnons tout et c’est après le choc de l’absence de l’illusion qu’apparaît le réel de l’univers.

Illustration Charlotte Le Brun / stuido Lowpolar.