Olivia Zeitline

Changer le sens du temps

Rencontre avec Philippe Guillemant, physicien quantique

J’ai eu la chance de rencontrer Philippe Guillemant, le scientifique français qui traite de la physique et de la conscience, en suivant la Route du Temps jusqu’au passage qui mène à sa maison. J’ai pu lui poser cette fameuse question : comment changer le sens du temps et donc celui de notre vie ?

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Il est un des premiers à emprunter la voie rationnelle pour cheminer vers le pic de l’esprit qui anime la matière. Poussé par la question de comment l’univers crée le futur à partir du présent, il mène des recherches à propos de la conscience, du hasard et du temps. Philippe Guillemant est un équilibriste du chaos et du quantique. Ce chercheur français au CNRS, diplômé de Centrale Paris et spécialiste du traitement de l’information a lui-même été guidé par des synchronicités dans sa propre vie.

Selon lui, une synchronicité est une cascade de coïncidences qui en faisant sens nous délivre un message venant de notre Soi ou subconscient. De quoi s’agit-il ? Notre conscience est composée de trois couches : notre Anima (ou conscience de notre corps), notre véritable Conscience ou Moi (qui correspond à notre égo, ce que nous croyons être, ce à quoi nous nous identifions), ainsi que notre Soi. Notre Moi est voué à disparaître, amenant ainsi notre Conscience à rejoindre notre Soi qui constitue l’essentiel de notre âme, qui ne s’éloigne jamais de nous, qui ne meurt jamais car en réalité le temps n’existe pas, il est de l’espace et en dehors l’éternité n’a pas de fin.

Une synchronicité est une suite d’informations pouvant changer le cours de notre vie en nous faisant suivre une nouvelle ligne temporelle. Au début une synchronicité ressemble à un hasard puis les coïncidences s’enchaînent et c’est alors un peu comme un écho de notre connexion au Soi, qui nous parle et nous appelle à le suivre. Notre futur est une ligne causale déjà réalisée, notre vie est une sorte de tunnel déjà existant lors de notre naissance mais qui peut bouger durant notre vie. Nous pouvons ainsi créer de nouvelles voies ou maintenir des voies déjà choisies grâce à la force de notre intention.

La théorie de la double causalité de Philippe Guillemant est donc la suivante : tout est déjà réalisé mais sans que nous soyons privés de notre libre arbitre. C’est un peu comme si notre âme nous avait mis le défi de vivre cette vie là afin de sortir de ses schémas répétitifs pour pouvoir en créer une nouvelle en améliorant nos gènes. Une synchronicité est donc une suite de coïncidences qui permet de changer le sens de sa vie. Une synchronicité s‘explique par une double causalité car le futur choisi par notre intention peut rétroagir sur notre présent. La croyance selon laquelle nous créons notre futur à partir de notre passé est partiellement fausse. Notre futur est déjà réalisé mais nous pouvons le modifier en fonction de la puissance de notre intention. Notre conditionnement nous amène à suivre un sentier plus ou moins déterminé car dépendant aussi des autres, mais nous pouvons créer de nouvelles lignes temporelles où notre nouveau futur peut même aller jusqu’à modifier notre passé.

A tous ceux qui sont bloqués et ne trouvent pas de solution, qui cherchent le sens de leur vie, qui se demandent ce qu’ils font sur Terre, nous pouvons trouver la réponse dans notre Soi en appelant des synchronicités. Alors comment faire pour retrouver le sens de notre vie et donc demander à notre Soi du futur de créer un nouveau présent ?

Quand notre Moi prend conscience de tous ses conditionnements, il devient de plus en plus en phase avec son authenticité, sa raison d’être. Pour cela nous devons souvent dire non, de plus en plus et ainsi finir par nous détacher. Car le libre arbitre se traduit le plus souvent par le fait de dire non à ce qui ne nous convient pas. Mais le point clé, après avoir essayé une nouvelle voie, au moment où après avoir beaucoup insisté nous pensons que nous n’y arriverons pas, c’est de laisser un lâcher prise s’opérer en nous. C’est là que la magie opère, mais seulement si nous conservons la confiance en nous et la foi en la vie. C’est ainsi qu’en travaillant notre authenticité, qu’en osant continuer à être nous-mêmes, l’univers va nous aider à partir à l’aventure, à sortir de notre zone de confort, à faire des choses que nous ne faisons pas d’habitude ou qui semblent irrationnelles. En faisant ceci, nous entrerons alors sur un nouveau chemin créé dans le sens inverse du temps pour nous rejoindre dans le présent en engendrant toutes les synchronicités. Puis la joie du changement survient et le changement s’arrête car nous arrivons à une nouvelle stabilité. La rétrocausalité de Philippe Guillemant, c’est d’aller vers un nouvel état stable grâce au potentiel de notre intention. L’amour joue alors le rôle d’énergie fondamentale qui augmente l’amplitude du potentiel jusqu’à ce qu’elle permette de faire basculer notre destin, en le faisant passer par celui que nous avons choisi.

C’est ainsi qu’au delà de la Route du Temps, une fois le cours du temps inversé, nous sommes guidés sur un chemin de grâce avec la sensation d’être entouré par notre Soi.

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Olivia Zeitline

L'intelligence du coeur : vers une société de coopération ?

Interview de Jean-Marie Pelt pour le livre de Trinh Xuan Thuan publié aux éditions Autrement

Je suis heureuse de vous annoncer la sortie du livre du célèbre astrophysicien, bouddhiste, Trinh Xuan Thuan, « Face à l’Univers » publié aux éditions Autrement et auquel j’ai participé en réalisant l’interview du botaniste, écologiste, Jean-Marie Pelt. Trinh Xuan Thuan s’exprime sur la façon dont l’astrophysique a redécouvert une connexion ancienne puissante et inspirée entre l’homme et l’univers et questionne les liens entre la science, la spiritualité, l’art et la philosophie en donnant la parole à Jean d’Ormesson, Edgar Morin, Philippe Desbrosses, Fabienne Verdier, Joël de Rosnay, Matthieu Ricard, Jean-Marie Pelt et Jean-Claude Guillebaud.

J’ai rencontré Jean-Marie Pelt pour lui poser mes questions. Quel sens donner au fonctionnement de l’univers pour avancer vers une nouvelle forme de société ? Comment les plantes peuvent nous y inspirer ? Quel est le rôle du coeur ? Selon lui, les plantes nous montrent l’exemple de la coopération. En temps de crise, elles survivent en s’entraidant et c’est ce que nous avons à faire : revoir la loi du plus fort pour aller vers une intelligence du coeur qui nous permettra de nous ajuster à l’équilibre de la consommation. Nous avons à apprendre à nous nourrir du vide pour puiser en nous les ressources du bonheur et découvrir ainsi notre spiritualité.

Comme Jean-Marie Pelt, Trinh Xuan Thuan est à la fois scientifique mais aussi croyant. Il pensent tous deux que la science et la spiritualité sont complémentaires et cherchent à transmettre la foi dans la vie pour comprendre qui nous sommes et nous laissé guider par l’Univers.

Trinh Xuan Thuan est né au Vietnam en 1948. Quand la guerre éclate, sa famille quitte Hanoï pour Saïgon. Francophone de culture, il a étudié en Suisse puis aux États-Unis (à Caltech puis à Princeton) où il a obtenu un doctorat en astrophysique sous la direction de l’éminent astrophysicien Lyman Spitzer, père du téléscope Hubble. Depuis 1976, il est professeur à l’université de Virginie. Il a reçu en 2009 le prix Kalinga de l’Unesco et, en 2012, le prix mondial de la fondation Simone et Cino del Duca pour l’ensemble de son œuvre de vulgarisation scientifique en langue française.

Botaniste et écologiste de la première heure, président-fondateur de l’Institut européen d’écologie à Metz, Jean-Marie Pelt a très tôt tiré la sonnette d’alarme contre la dévastation que l’homme est en train d’infliger à sa planète et aux autres espèces vivantes.

Découvrez le livre sur le site des éditions Autrement.

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Olivia Zeitline

Se connecter à des âmes de chats

Interview de Guillaume Lefèvre, fondateur des Châmes

Peux-tu décrire ton projet les « Châmes » ?

Les Châmes sont des âmes de chats qui vous veulent du bien. Ils sont un symbole qui incarne la possibilité d’une vie après la vie, et diffusent des ondes positives dans votre quotidien. C’est un projet d’illustrations spirituelles dans lequel chaque tableau est accompagné d’une petite phrase de réflexion. Je travaille également sur pas mal de choses, dont un roman qui racontera l’histoire d’une âme de chat dans l’au-delà.

Quel est ton parcours et comment en es-tu venu à créer les « Châmes » ?

Je m’appelle Guillaume et j’ai 30 ans. Depuis mon plus jeune age, j’ai toujours eu des intuitions sur l’après vie, et j’ai toujours «su» que je ferai quelque chose d’important de ma vie, et quand je dis important ce n’était pas présomptueux, mais quelque chose qui avait du sens. Après avoir fait une école d’art, je me suis installé à mon compte en tant que directeur artistique et motion designer, mais il me manquait quelque chose. J’ai toujours su que j’aurais un projet d’illustration avec un personnage récurent et que cela me nourrirait intellectuellement, artistiquement.

C’est lors d’un voyage en Australie que tout a changé. Suite à une rupture amoureuse, j’étais malheureux, perdu, et me retrouver à l’autre bout du monde m’a mis face à moi même, dans un contexte où je n’avais vraiment plus rien à perdre. Et c’est naturellement que j’ai commencé à dessiner des petites âmes de chats. Chatton est un surnom qui me suit depuis des années, alors les chats se sont imposés comme une évidence. Quant au fait de dessiner des âmes, j’imagine que c’est cette part de moi-même reconnectée à la vie qui s’est exprimée.

Les Châmes m’ont beaucoup aidé à évoluer, grandir, m’affirmer en tant que personne, en tant qu’homme. A travers ce projet, j’ai envie de partager les ondes positives des Châmes, et de partager le bien-être qu’ils me procurent. Ils donnent un sens à ma vie, et si ce symbole peut diffuser du bien-être ne serait-ce qu’à une seule personne, alors j’aurai tout gagné, et accompli cette mission importante que j’avais ressentie dès mon plus jeune âge.

Qu’est ce qui est dur dans la création d’un projet seul et quelles philosophies t’aident au quotidien ?

La création d’un projet seul est une aventure extra-ordinaire. Contrairement à ce que je pensais, il ne s’agit pas que d’un voyage intérieur, mais d’un voyage qui mène à lire, rencontrer des gens, et s’inspirer de ce qui me plaît pour le retranscrire à travers Les Châmes.

Le plus dur serait pour moi de rester dans l’émotion, et de ne pas m’abandonner à la matière. Je me rends compte qu’avec les Châmes, ce qui fonctionne avant tout sont leurs messages, non la façon dont ils sont dessinés. Il faut donc resté concentré, et chaque jour continuer à travailler. Quel que soit le temps que cela prendra, il faut continuer et continuer. J’adore cette phrase qui dit que celui qui échoue réellement est celui qui abandonne avant d’avoir réussi. Si quelque chose nous anime réellement, alors il faut persévérer, expérimenter, tester, jusqu’à trouver la solution qui fonctionne, qui soit en accord avec vous, votre potentiel, et votre public. Il faut que cela soit un réel échange d’amour, et non quelque chose qui aille à sens unique. Je crois que c’est cela le plus dur, savoir faire la part des choses entre les moments de création seul, et le partage de son projet. Il faut savoir trouver le bon équilibre.

Que conseilles-tu pour trouver sa voie ?

Simplement de suivre son cœur.
Je dis toujours que derrière les nuages de nos émotions se cache la lumière de notre cœur.
Je ne pense pas que l’on trouve sa voie, je pense que si l’on écoute réellement son cœur, on a déjà toutes les réponses aux questions que l’on se pose, même si parfois cela paraît difficile.

Comment les chats nous aident ?

Rien n’arrive pas hasard et si un chat arrive dans votre vie, il vous aidera certainement d’une façon ou d’une autre. Que ce soit en vous transmettant son amour, en captant vos énergies, en vous guidant. Le chat est un animal hautement spitituel qui jouit d’une personnalité et d’une sagesse hors du commun.

Communiques-tu réellement avec les chats, les châmes et comment ?

Je pense que tout le monde communique avec les chats. On leur parle tous, que ce soit à voix haute ou dans sa tête. La communication ne se limite pas à la verbalisation. Quand vous caressez votre chat, vous lui communiquez votre amour.

Certains mediums disent canaliser des messages d’animaux, et particulièrement de chats de façon télépathique. Ce n’est pas mon cas, du moins je ne le fais pas de façon confiante. En revanche, il m’arrive parfois d’avoir une connexion avec les Châmes, une intuition, une idée, un concept qui arrive de nulle part et qui s’impose à mon esprit, et que je dois retranscrire. C’est peut-être comme cela que je fonctionne avec les Châmes, je travaille en équipe avec eux, et je suis l’interprète de leurs messages. Je retranscris leur sagesse avec ma personnalité et mes mots.

Retrouvez les illustrations, les expositions et toutes les actualités des Châmes sur leur site web et leur page Facebook.

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Olivia Zeitline

La symbolique de tout ce qui nous entoure

Interview de Luc Bigé, théoricien des langages symboliques

J’ai eu l’immense honneur de rencontrer Luc Bigé, scientifique de formation devenu un fabuleux théoricien des langages symboliques, fondateur de l’université des Passages et auteur de nombreux livres passionnants permettant de mieux se décoder et de comprendre les messages de tout ce qui nous entoure.

Selon lui, la symbolique est le langage de l’inconscient, de la nature. Chaque élément qui nous arrive est porteur de sens. La nature nous parle par ses formes, ses couleurs. Les événements qui nous arrivent, les synchronicités ont quelque chose à nous dire. Voir les pierres, les étoiles, les fleurs, les animaux, notre corps comme porteurs de messages nous permet d’entrer dans un nouveau rapport au monde. La symbolique c’est l’étude de ce dialogue avec nous-mêmes, avec la nature, avec notre ange, notre nature spirituelle. C’est un chemin initiatique qui nous amène à devenir un être humain à part entière. Le symbole est un intermédiaire entre le monde spirituel et le monde concret. Le percevoir c’est voir l’invisible derrière le visible, c’est comme passer dans un autre monde. Quand on se connecte au sens on se connecte à son âme, à la vie qui est en nous.

< QUESTIONS >

✯ Quel est votre parcours ? Comment en êtes-vous arrivé à passer de scientifique à chercheur sur la symbolique ?

✯ Qu’est ce que la symbolique ? 

✯ Comment connaître son mythe fondateur ? 

✯ Comment agir à partir de son coeur ? 

✯ L’astrologie est-elle aussi un langage symbolique ? 

< Réalisation des vidéos par Dominique Filhol – Mercure Films >

Olivia Zeitline

Commencer à vivre le monde que nous voulons dans notre propre vie

Interview de Cyril Dion, écrivain, réalisateur, co-fondateur de Colibris

J’ai rencontré Cyril Dion, 35 ans ancien comédien, bientôt écrivain et réalisateur, cofondateur du mouvement Colibris prônant de nouvelles formes d’agriculture, d’éducation, de valeurs humaines, un changement de société. Si les solutions pour faire évoluer le système existent pourquoi ne se mettent-elles pas en place ? Que pouvons nous faire à notre petite échelle ? Il a répond un truc super simple mais tellement vrai : il faut commencer par être heureux nous mêmes car quand on agit cela a une conséquence sur l’ensemble de la planète.

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Qui es-tu ? que fais-tu de ton temps ? As-tu déjà changé de vie ?

Oui, J’ai déjà changé de vie 2 ou 3 fois.

J’ai fait des études d’art dramatique et j’ai travaillé pendant 2 ans en tant qu’acteur avant de me rendre compte que cette vie la n’était pas faite pour moi. J’avais fait ce métier pour faire de l’art et je me retrouvais à faire des publicités et des téléfilms. J’ai donc essayé de changer, je me suis arrêté un an pour écrire. J’écris depuis que j’ai 12 ans. Puis j’ai cherché comment allier écriture et activité professionnelle. Je me suis formé en réflexologie plantaire et je bossais en entreprise. Je massais les cadres de l’industrie du disque qui venaient relâcher toute leur angoisse et leur stress pendant ce petit moment de pause. J’ai fait ça pendant un an puis c’est devenu plus difficile car l’industrie du disque se cassait la figure. À ce moment la j’ai rencontré Alain Michel qui montait une fondation (Hommes de parole) et cherchait un coordinateur de projet pour monter un congrès israélo-palestinien en Suisse. Je n’avais jamais fait ça de ma vie mais comme il est un peu fou il m’a fait confiance ! Ensuite nous avons organisé ensemble et avec toute une équipe le premier et le deuxième congrès mondial des imams et des rabbins pour la paix. J’ai fait ça pendant 5/6 ans.

À l’issue de quoi j’ai à nouveau eu envie de changer. J’étais fatigué et déçu de ce milieu très politique. Je me suis dit que le changement devait venir de la base, des gens. J’ai alors été sollicité par Isabelle Desplats et quelques personnes qui cherchaient quelqu’un pour monter un mouvement autour des idées de Pierre Rabhi. C’est ainsi que j’ai eu la chance de créer le mouvement Colibris. J’ai fait ça pendant 7 ans. L’an dernier j’ai demandé à arrêter de diriger le mouvement pour garder juste un rôle de porte parole et de co-fondateur et me consacrer au magazine Kaizen (que nous avions monté entretemps) et à un film documentaire que je vais tourner avec Mélanie Laurent.

C’est à nouveau un moment de changement où je ressens très fort le besoin d’unir mon engagement et mes aspirations à créer. Un recueil de poèmes va être publié aux éditions de la Table ronde au mois de mars/avril 2014. Je suis en train de retourner vers mes premiers amours, mes activités artistiques, mais en essayant de les faire participer au changement de la société.

La faim dans le monde n’est pas une fatalité ?

Non bien sûr. Nous serions d’ores et déjà en mesure de nourrir la planète avec le gâchis alimentaire : ce que jettent chaque année les Américains et les Anglais suffirait à nourrir le milliard de personnes qui souffrent de la faim dans le monde.

Parallèlement, nous avons besoin de profondément transformer le système agricole qui fait que de nombreux paysans dans le monde ne mangent pas à leur faim. Ils sont entraînés dans une logique de marché par laquelle ils produisent pour l’exportation et délaissent l’agriculture vivrière de leur pays. On a besoin de retourner vers une agriculture de plus petite taille dans laquelle chaque pays puisse produire ce dont ils ont besoin et avec des techniques n’utilisant pas de pétrole ni de pesticides.

Avec le mouvement Colibris, nous défendons l’agroécologie qui est une façon de faire de l’agriculture en prenant en compte tout un écosystème. Aujourd’hui des études montrent et notamment un rapport de l’Onu paru en mars 2011 et qu’il est possible de multiplier par 2 les rendements dans les 10 ans de tous les pays étudiés avec des méthodes agroécologiques. Elles sont particulièrement adaptées aux pays du Sud qui ont très peu de mécanisation. Dans le monde, il y a 28 millions de paysans qui ont des tracteurs et 1 milliard 250 millions qui travaillent à la main. Leur donner des techniques qui ne nécessitent pas de mécanisation est primordial.

Alors pourquoi des populations meurent encore de faim si nous avons les solutions ?

Il y a beaucoup d’autres domaines que l’agriculture pour lesquels les solutions existent. Si on prend l’exemple du climat, nous savons qu’en 2100 la planète sera plus chaude qu’elle ne l’a été depuis 3 millions d’années si nous continuons à ne rien faire. Or nous n’avons aucune certitude que les espèces vivant sur Terre (qui n’existaient pas il y a 3 millions d’années) pourront y survivre.

Alors que cette situation est extrêmement grave, rien ne se passe. A mon sens il y a trois grandes raisons à cela :

1/ la pression des lobbies qui arrivent à acheter des responsables politiques de façon plus ou moins déguisée est extrêmement forte

2/ Dans les pays occidentaux, la faim dans le monde ou le réchauffement climatique sont indolores, ils ne se voient et ne se ressentent pas. Par conséquent, les gens ne se mobilisent pas. Je pense qu’ils bougeront de façon très déterminée quand ils prendront la crise en pleine figure.

3/ Nos responsables politiques ont encore une façon de penser du siècle dernier. Ils n’ont pas intégré le changement de culture nécessaire. Par exemple, ils voient toujours les ressources sous forme de stocks plutôt que de flux. Aujourd’hui nous pompons les ressources naturelles jusqu’à épuisement alors que nous savons mettre en place des fonctionnements en boucle comme l’économie circulaire où chaque objet créé entre dans une chaîne de recyclage infinie et où chaque matière première est toujours une matière qui a déjà été utilisée.

Autre exemple, les politiques s’appuient toujours sur l’idée d’une croissance économique matérielle infinie alors qu’aujourd’hui, nous devrions nous concentrer sur une recherche de croissance des potentialités humaines et sur une économie beaucoup plus localisée et dématérialisée. Malheureusement, ils ont encore trop tendance à regarder les problèmes à court terme, à chercher les mesures spectaculaires qui leur permettront de se faire réélire alors que nous avons besoin qu’ils prennent des mesures dont les résultats se verront parfois dans 20 ans. Les électeurs ont aussi leur part de responsabilité dans cette situation, ils veulent voir des résultats tout de suite ce qui n’est pas possible.

Qu’est ce que nous pouvons faire chacun à notre échelle pour participer au changement de la société ?

La première chose à faire et la plus importante, à mon avis, est de faire ce qui nous rend heureux ; ce qui nous passionne le plus dans la vie. Aujourd’hui l’essentiel des comportements que nous avons, et qui détruisent le tissu social ou la planète, sont des comportements de compensation. Trop souvent, nous cherchons à compenser le vide à l’intérieur de nous, en consommant, en partant en week-end à l’autre bout de la planète ou en cherchant à dominer les autres, à être le plus fort, le plus reconnu, le plus influent. Nous entrons dans des logiques de compétitions pour trouver la reconnaissance que nous n’arrivons pas à nous donner à nous-mêmes. La reconnaissance est un besoin fondamental. Donc faire la chose qui nous passionne le plus, qui a du sens pour nous et qui nous épanouit est un bon moyen de briser cette chaîne de la compensation.

Ensuite, il est primordial de nous demander, pour chaque chose que nous faisons, quel impact elle a sur la planète et sur les êtres humains. Cela demande de se renseigner un peu ! Une fois que nous en sommes conscients, nous pouvons agir : acheter des produits biologiques, locaux, équitables pour diminuer le dérèglement climatique, la pollution de l’air et de l’eau, pour que les paysans autour de nous puissent continuent à vivre, économiser l’énergie de toutes les façons possibles, réduire au maximum ses déchets, choisir de ne pas acheter lorsque ce n’est pas nécessaire, etc. Beaucoup de sites expliquent très bien ce que l’on peut faire et pourquoi…

Quel peut être notre déclic pour changer ?

Ce qui nous manque à mon avis, c’est une vision de la société que nous aimerions construire. Comme le plan d’une maison, qui nous permette de rêver et de nous organiser pour la bâtir. De nous donner un objectif désirable. Sans cette vision, on a l’impression que chaque petit geste est perdu dans l’océan et qu’il ne sert à rien. Si je prend une douche plutôt qu’un bain qu’est ce que ça va changer ? Alors qu’il faut comprendre qu’une société est une multitude d’individus, 7 milliards d’individus, qui sont chacun à leur échelle le monde. Si nous avons cette vision de l’avenir, nous comprenons que chaque petit pas que nous faisons est comme une brique que nous posons pour construire la maison à laquelle nous rêvons. Et plus nous serons nombreux à le faire, plus le chantier ira vite !

Je pense que c’est la seule chose que nous pouvons faire : commencer à vivre le monde que nous voulons construire dans notre propre vie. Puis, chercher à avoir un impact plus large.

Il faudrait tous aller vers ce que l’on aime faire mais comment dépasser le blocage de l’argent ?

Peut-être pourrait-on résoudre ce problème de façon structurelle en instaurant un revenu de base inconditionnel, une allocation que tout le monde percevrait pour faire des activités choisies et non subies. Mais de mon expérience, il est déjà possible de dépasser le blocage de l’argent, qui est parfois plus psychologique que réel. Ce sont des histoires que l’on se raconte. Je n’ai jamais fait un métier que je n’aimais pas et pourtant, les embuches étaient nombreuses. Je donne aussi souvent l’exemple du photographe JR qui faisait des graffitis sur les murs et ne venait pas d’un milieu favorisé. Aujourd’hui c’est un des artistes contemporains qui vend des photos les plus chères au monde. Il était porté par quelque chose. Ce qui manque souvent c’est de savoir ce que l’on veut faire, ce qui nous anime, nous fait brûler à l’intérieur.

Est ce toujours possible de vivre de son art ?

Je pense que dans un premier temps, il faut se donner corps et âme à sa passion artistique pour vérifier si l’on est vraiment un artiste ou non. Et il faut avoir le courage de ne pas se mentir et de faire autre chose si ce n’est pas le cas. Si on a le sentiment que c’est un besoin viscéral, il faut trouver des solutions financières tout en continuant à créer en parallèle. Ceux qui y arrivent sont des gens qui ont accepté de prendre plus de risques que les autres et de se donner complètement à leur art. C’est quelque chose qui demande du courage.

C’est quoi être libre ?

Chez Colibris, on parle de l’autonomie alimentaire, énergétique. Être libre c’est d’avoir un degré d’autonomie personnel et collectif suffisamment important pour ne jamais être enfermé. Par exemple, dans l’agroalimentaire, 5 centrales d’achat contrôlent 90% de l’alimentation produite et distribuée sur tout le pays ce qui nous ôte de la liberté. Organiser des circuits courts type AMAP en faisant en sorte de créer un lien particulier avec un paysan redonne de la liberté.

La liberté est aussi intérieure, c’est ta capacité à sortir de ton conditionnement, du carcan des conventions pour être qui tu es fondamentalement. C’est le travail de toute une vie. Le bonheur est une conséquence de la liberté autant qu’il en est un déclencheur.

Qu’est ce que la conscience ?

La conscience c’est notre appréhension de la réalité. Élever son niveau de conscience c’est comme gravir une montagne. Plus tu montes, plus tu vois le paysage largement. Tu perçois les choses d’une façon plus fine et globale. Pour l’humanité avoir un plus haut niveau de conscience serait par exemple de comprendre que lorsqu’on agit, cela a une conséquence sur l’ensemble de la planète. On habite pas juste une ville, un quartier mais on fait partie de l’espèce humaine, de l’Univers et nous avons la responsabilité de faire perdurer le système.

Est ce qu’on va y arriver ?

Ça ne dépend que de nous, on peut y arriver mais il faut qu’on le décide, que nous fassions un choix très déterminé à la fois dans la façon dont nous vivons nos vies individuellement et collectivement. Nous devons nous mobiliser pour orienter la société dans une autre direction.

Je repars de là avec le sourire et des papillons dans le ventre, avec l’envie de faire ce que j’aime sans plus jamais écouter ceux qui nous disent que la vie est dure et qu’on n’y peut rien.

Olivia Zeitline

Quand la projection numérique devient réalité

Interview de Joanie Lemercier, artiste visuel

En travaillant la lumière on peut transformer le sens du monde. Joanie Lermercier artiste visuel (membre du label Antivj) tente de reproduire la réalité grâce à ses projections lumineuses. Son Saint Graal à lui serait de trouver l’illusion d’optique ultime, celle qui ferait que l’on ne puisse plus faire la différence entre l’illusion et le réel. Si nous arrivons à dupliquer la réalité comment serons nous certains que celle dans laquelle nous sommes existe vraiment ?

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– IDENTITÉ –

Age : 31 ans

Résidence : sans domicile fixe, vogue de pays en pays selon les projets.

Parcours : autodidacte, influencé par sa mère professeur de dessin et d’arts plastiques. Diplômé d’une école de webdesign et de développement, il se lance en freelance en Angleterre avant de tomber par hasard sur les arts visuels et le vjing puis de basculer dans les projections numériques.

Médiums : lumière, projections architecturales, dessin, land Art.

Projets marquants : de nombreuses projections numériques sur des grands bâtiments depuis quelques années avec le label Antivj, des expositions en galeries depuis plus d’un an : la galerie Muriel Guépin, New York représente son travail, du vjing et des projections pour des concerts.

Web : Joanie Lemercier Antivj

– INTERVIEW –

La lumière est au centre de ton travail ?

Je travaille essentiellement l’influence de la lumière sur la perception visuelle. Comment flouer la limite entre perception, réalité et illusion ? J’aime l’idée que l’on perçoive le monde uniquement avec la lumière, sans elle nous n’avons plus aucun repère. En travaillant la lumière on peut transformer le sens du monde. J’aime le trompe l’œil : comment remplacer un objet qu’on pense réel par une projection.

Pourquoi créer des projections sur des origamis ?

J’aime la façon dont le papier réagit à la lumière, en fonction des angles de projection. La lumière tape sur une face et crée une lumière indirecte qui se diffuse autour et qui est plus riche en dégradés avec la réfraction. L’origami me permet de revenir au pliage, à quelque chose de plus manuel à réaliser, de sortir de l’écran d’ordinateur plat et rectangulaire. Cela me permet de travailler sur la perception du volume. Je pars généralement d’une une forme très simple que je réalise en origami puis que je multiplie à l’infini avec le plus d’unité possible. Depuis peu, j’essaye de suggérer des mouvements, des explosions, des fragments.

L‘origami est fascinant car il représente une perfection géométrique ?

Oui, je suis aussi fasciné par le nombre d’or que tu retrouves dans certains légumes, dans la nature ou dans certains patterns, par la géométrie sacrée et le mystère des pyramides. Comment les égyptiens ont-ils réussi à construire ces structures ? Cela rajoute un peu de magie dans nos vies.

Cherches-tu à recréer la réalité via des projections numériques ?

Mon rêve est de réaliser une projection ou l’on ne fait plus la différence entre la réalité de l’illusion. Je suis encore en train d’expérimenter et je cherche les clés de l’altération de la réalité visuelle. Grâce aux nouvelles technologies, on s’approche de la limite où on sera plus capable de faire la différence. Mon but est de trouver cette illusion d’optique ultime pour dupliquer la réalité.

Qu’est ce que la réalité ?

Le fait d’avoir envie de créer une réalité virtuelle aussi proche de celle que l’on connaît pose la question de savoir si notre réalité n’est pas aussi une illusion depuis le début ? C’est le scénario de plein de films, dans Matrix quand ils se connectent, ils arrivent dans un autre monde. Qu’est ce qui nous prouve que ce qu’il y a au delà de ce que nous percevons existe, un peu comme dans un jeu vidéo où l’on croit être dans un monde mais ou il n’y a rien derrière les niveaux ? La réalité autour de nous me semble quand même tangible. Je n’ai encore jamais eu de preuve que la réalité n’existe pas.

Penses-tu que l’on perçoit tous la même chose ?

Non, on sait que 2 individus ne peuvent pas percevoir la même chose. Par exemple au niveau de la lumière, on sait que personne ne voit les mêmes couleurs. Les sensations sont différentes en fonction des cultures. L’émotion, la mémoire jouent un rôle dans la perception.

Penses-tu qu’il existe des univers parallèles ?

D’autres univers c’est sur, on le sait un peu tous, ça n’aurait pas de sens qu’il n’y en ait pas d’autres. On a découvert tellement de choses et on a tellement de chose à découvrir. Parallèles je ne sais pas. L’idée de l’infini est assez intéressante en tout cas. La question du rêve me fascine aussi , qu’est ce qui nous prouve que les rêves ne sont pas la réalité ?

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Olivia Zeitline

En un coup de craie cosmique

Portrait de Philippe Baudelocque, plasticien

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Vous avez peut être déjà croisé ces fresques éphémères très proches et en même temps très lointaines du street art ? Philippe Baudelocque se fait connaître grâce à un mur noir qui s’est présenté à lui par hasard. C’est par une belle journée de 2009, en se promenant à Paris, qu’un de ses amis lui dit «tu voudrais pas dessiner dessus ?». Il se lance et le dessin fera le tour de la blogosphère. Il reçoit des messages du monde entier. L’univers de la toile lui fait signe, c’est une révélation. Il sait ce qu’il doit faire maintenant et il n’a jamais lâché sa craie depuis. Le plus important c’est de se lever tous les matins avec le sourire.

Nouvelle figure spirituelle de la trace blanche, muni de ses baskets, il réalise des performances in situ. Il tâtonne en aveugle et se repère au toucher sur ces grandes surfaces. A mains nues, il s’acquitte des repères spatiaux temporels. Il change la dimension de ses croquis réalisés sur des carnets pour les transposer sur des façades. Il change d’échelle comme d’univers.

Ses dessins en eux mêmes abolissent aussi les repères de la réalité matérielle. Des systèmes solaires forment des cellules composant des corps humains. De la galaxie à l’atome, il n’y a qu’un pas. On passe de l’infiniment petit à l’infiniment grand en un coup de craie cosmique.

Et puis, la localisation de ses fresques amène la faune en milieu urbain. Il intègre des animaux au paysage bétonné. Ne faudrait-il pas faire plus de place au vivant en ville ? Ne vous étonnez donc pas de voir des pieuvres, éléphants, chouettes, vaches, chats, et autres baleines en haut d’un escalator ou sur un rideau de fer.

Si ses fresques s’effacent avec le temps elles ouvrent une porte galactique à tout électron libre cherchant son vaisseau.

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BAUDELOCQUE - toile panthere

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Olivia Zeitline

Le nouveau cycle d'amour 2014-2024

Interview d'Arouna Lipschitz, philosophe

En entrant dans les années 2000, on est passé symboliquement du 1 au 2, de l’unité à la relation à deux. Selon Arouna Lipschitz, notre défi pour les années à venir est d’inscrire notre quête d’unité dans le relationnel et dans la sexualité : la relation amoureuse étant,  selon elle, le test de réalité de notre spiritualité.

Arouna Lipschitz a pris la robe orange pendant dix ans en Inde où elle est devenue swami, une femme-prêtre qui prononce des vœux de célibat pour atteindre la plus haute élévation spirituelle et se consacrer aux autres. Si pendant cette période elle découvre  l’ouverture mystique du cœur et s’envole loin des sphères terrestres, elle sent qu’il lui manque quelque chose. Elle décide de rentrer en France, de revenir dans le monde matériel pour intégrer son expérience dans le quotidien et la sexualité. Des gens réussissent très bien le passage du spirituel au monde mais ils vivent le relationnel essentiellement sur le mode de l’amour universel. Le grand défi, selon Arouna, est maintenant de s’ouvrir à une compétence amoureuse individuelle, mettre du cœur humain dans le plan matériel. Arouna Lipschitz est désormais à la tête d’une école philosophique La Voie de l’Amoureux et d’une société de production v2lam.

Selon ton interprétation des événements, l’année 2013 a été une année de rupture, de nettoyage qui annonçait un passage ?

2013 a été une année de transition et beaucoup vont être contents qu’elle se termine. On a eu à faire à de gros nettoyages, à lâcher un maximum de vieux trucs. Selon la numérologie et le tarot, le chiffre 13 est celui de la mort. Beaucoup de gens ont eu des décès, des ruptures très signifiantes. Elles sont là pour nous débarrasser de plein de choses et pour nous préparer à l’entrée dans un nouveau cycle d’une dizaine d’années, selon mon intuition.

L’année 2014, une année de stabilisation après le chaos ?

La première moitié de l’année 2014 sera aussi consacrée à finaliser les nettoyage si on en croit l’astrologie et la lune noire des premiers jours du mois de janvier. Ensuite il va falloir stabiliser, c’est le but de 2014. Quand beaucoup de choses ont été déconstruites cela devient un peu chaotique donc il va falloir restructurer. Le 14, dans le Tarot, est le chiffre de la tempérance, la stabilisation. 2014 n’est pas encore le démarrage dans le grand galop mais va permettre de stabiliser notre manège intérieur.

Nous entrons dans un nouveau cycle d’une dizaine d’années dans l’énergie de l’amour christique ?

En hébreu, le chiffre 13 correspond au mot  « ahava » qui veut dire amour. Tout ce nettoyage qui a été fait est là pour permettre une ouverture, pour que l’on s’ouvre à plus de cœur et que l’on fasse de la place à l’amour dans nos corps. Cela est confirmé par l’astrologie : le grand retour de Neptune pour 10 ans. Neptune est lié au signe du Poisson donc à à l’époque christique. On va devoir régler tous les blocages par rapport à la notion d’amour christique, c’est à dire essentiellement revoir où en est par rapport au sacrifice dans les relations amoureuses. Selon moi, on a à renouveler l’amour christique en lui trouvant un sens dans notre société matérielle.

 Qu’entends-tu par amour christique ?

L’amour christique selon moi (mais c’est très personnel et je me donne le droit de me contredire dans les années qui viennent -rires) est un amour ouvert à l’autre comme autre, à l’autre comme étranger. L’acceptation de l’autre comme autre mais à un niveau vibratoire qui est en résonance plus avec l’âme qu’avec la libido. L’amour christique enrichit l’amour sexuel d’un taux vibratoire plus élevé.

 Comment renouveler cette notion d’amour christique dans nos sociétés matérielles ?

Le renouvellement de l’amour christique sera d’apporter cette vibration dans l’amour sexuel. C’est notre défi : comment mettre en contact l’amour universel avec l’amour sexuel différencié ?

L’amour universel ne différencie personne, c’est le même amour pour tout le monde. Sans compter qu’il faut se débarrasser de l’idée qu’il faut se sacrifier pour les autres, ou de mourir sur la croix pour la lumière… (rires)

Dans les 10 années qui viennent nous aurons à mettre en relation l’amour christique, l’amour de l’âme, l’amour de l’autre (frères et sœurs en humanité) avec la différence que fait quelqu’un pour nous dans la relation amoureuse, et cela  jusque dans le corps. L’amour christique se renouvellera par une autre façon de vivre sa sexualité qui est l’incarnation même de notre rapport au divin.

 Apporter le spirituel dans le cœur et jusque dans la sexualité ?

On a déjà amené l’amour divin spirituel dans la sexualité avec les pratiques tantriques mais maintenant notre défi est d’amener l’énergie-coeur dans la sexualité. Les pratiques tantriques n’ont pas exploré le rapport entre l’amour pur spirituel et le cœur d’humain à humain pour l’amener jusque dans la sexualité. C’est mon hypothèse sur de la Voix de l’Amoureux.

Je différencie l’amour divin (de l’esprit) de l’amour l’amour christique (du cœur) et de l’amour humain (sexuel). Ce qui est intéressant c’est de rajouter au Tantra (qui a lié l’amour divin au sexuel) l’amour du cœur et d’arriver à cette fameuse trinité d’une nouvelle façon. Les 3 niveaux dans la vraie relation amoureuse différenciée sans perdre l’amour divin et l’amour christique.

 L’amour ne suffit pas à garantir la compétence amoureuse ?

Oui il est important de comprendre et surtout d’accepter que l’amour, aussi divin soit-il,  ne suffit pas à garantir la compétence amoureuse. La compétence amoureuse sans l’ouverture du chakra cardiaque nous laisse beaucoup dans le psychologique et c’est pour ça qu’il est important de retrouver l’énergie de l’amour christique. Il est important de concrétiser la compétence relationnelle dans la réalité quotidienne et pas juste de rêver à l’amour avec des grands mots. De créer des relations sans rapport de force, sans se donner le droit de tuer et ainsi de suite…  c’est du grandet beau travail qui nous attend…

Cela ne suffit pas de rayonner l’énergie-cœur encore faut-il qu’elle augmente la compétence relationnelle. On peu avoir plein d’énergie cœur mais se faire avoir dans du masochisme, du sacrificiel, dans le négatif de l’amour christique. On va rayonner mais on sera dans du vieux. On va se crucifier, se sacrifier pour les autres. Jésus est mort sur la Croix une fois, ça c’est fait… (rires) . Nous ne sommes pas tous obligé de mourir sur la Croix de la relation amoureuse parce qu’on est un grand sauveur ou mourir de chagrin d’amour car il n’y a personne pour le recevoir.

 Comment travailler pour y arriver ?  

Je vais commencer à travailler le cœur dans tous ses états, à tous ses niveaux, sur mon école en ligne La Voie de l’Amoureux pour élaborer et réfléchir au renouvellement de l’amour christique. Pour le réveiller, je propose comme outils la  cohérence cardiaque, des méditations d’énergie et un travail important sur nos mémoires de l’époque christique …

Une fois qu’on a resenti l’amour christique, il va falloir vérifier que la conscience d’altérité augmente d’autant pour que nos relations s’améliorent. L’autre complique pour sûr la donne. Comment l’autre va recevoir cette énergie d’amour christique ? Comment faire avec notre égo en chemin ? Le travail spirituel est sur l’égo, le travail sur le cœur est plus christique. Arrêter le sacrificiel, arrêter d’être un sauveur, en gros guérir du rapport de force, de la violence inutile et du meurtre de l’autre sous toutes ses formes. L’amour christique est un éprouvement cardiaque. La relation est le test de réalité de ce rayonnement cardiaque.

Aller vers soi-même pour changer le monde ?

Jusqu’à présent la relation n’était pas une urgence, maintenant c’est une urgence. Le monde doit évoluer dans le champ relationnel sinon on ira dans le mur, on voit bien les tensions qui existent en ce moment. La masse critique peut faire balancer les choses du côté de l’amour. Concentrons nous sur nous, sur notre cœur dans la relation amoureuse pour contribuer au changement du monde…

 

Olivia Zeitline

Réveillons notre pouvoir de création, de liberté et de souveraineté

Interview d'Emmanuel Ransford, physicien

Encore une fois, c’est une coïncidence qui m’amène à vous parler de coïncidence et de hasard quantique. Alors que je lisais ses livres et regardais depuis quelques temps ses vidéos, je croise un beau matin le chercheur Emmanuel Ransford rue du Château d’Eau vers 11h moi en vélib’ et lui traversant la rue. Alors qu’il n’a aucun site web et aucune adresse mail sur Internet permettant de le contacter, je tombe tout simplement sur lui miraculeusement. Voici donc en exclusivité, une très belle interview de lui qui j’espère vous éclairera sur les ponts qu’il existe entre la science et la spiritualité.

Il existerait une matière invisible derrière celle que nous connaissons. La substance qui englobe ces deux «matières», visible et invisible, Emmanuel Ransford la nomme l’holomatière. Sa face invisible est une sorte de «matière» endo-causale. Elle contiendrait les bases de notre libre arbitre, de notre capacité à faire des choix. Contrairement à la matière ordinaire, visible et «exo-causale» que nous palpons tous les jours et qui obéit aveuglement à ses déterminismes (si une pomme se décroche d’un arbre, elle tombe par terre), Emmanuel Ransford pense qu’au cœur du hasard ou de l’aléatoire quantique qui se manifeste dans l’atome et dans l’électron se cacheraient les germes de notre pouvoir de création, de liberté et de souveraineté. Pour lui, l‘holomatière se révèle timidement au travers du hasard quantique. Si les particules font des sauts quantiques imprévisibles ce n’est pas sans raison. C’est au contraire, c’est la manifestation d’un fabuleux trésor. C’est la promesse de notre conscience, laquelle peut s’amplifier jusqu’à toucher ce que certains appellent le «divin» Alors, est ce que tout est possible dans la vie ; et comment faire des sauts quantiques dans nos existences ?

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Quel est votre parcours ? Que faites-vous exactement ?

J’ai fait des études scientifiques, notamment dans le cadre d’une grande école; ce qui est d’ailleurs une spécificité française sans équivalent à l’étranger. Les deux disciplines qui m’intéressaient le plus étaient la physique quantique et l’économie.

Parlons de physique. Schématiquement, il y a deux façons de l’aborder. La première correspond plus à une sensibilité de technicien. Elle consiste à faire les calculs qui résolvent des problèmes concrets, sans chercher autre chose.

L’autre correspond plus à une sensibilité de philosophe. Elle consiste, au-delà des calculs et des recettes qui marchent, à s’interroger sur le sens de ce que la physique révèle sur la réalité et sur ses fondements. C’est cette deuxième façon qui me passionne. Elle devient vraiment intéressante avec la physique quantique.

Dans mon parcours professionnel, j’ai notamment fait des recherches en optique non linéaire, celle des lasers, qui fut alors une discipline en plein essor. C’était bien, mais ne répondait pas à mes questions sur le sens. Du coup, j’ai fini par sortir des rails afin de pouvoir m’exprimer librement et de me mettre à l’écriture.

Je suis donc devenu un électron libre,comme on dit, et j’en suis heureux ! Je me mobilise (livres, conférences…) pour diffuser mes idées à divers publics, ce qui me donne l’inestimable privilège de rencontrer de belles personnes qui sont en recherche.

Au fond, je pourrais me définir comme un «conceptualiste», au sens où ma préoccupation première est d’extraire de la science des concepts essentiels, propres à donner des repères et à permettre de construire une compréhension plus profonde du monde.

En quelques mots, quelle est la place de la conscience dans la science ?

Actuellement, la science ne sait pas trop quoi faire de la conscience. Elle est faite pour ce qui est palpable et mesurable, mais elle est mal adaptée pour cerner le domaine de la subjectivité.

L’attitude la plus confortable et la plus facile pour les scientifiques est de nier l’existence de la conscience. Elle est de refuser d’en faire un contenu original du monde. Il faut bien voir que ce choix, très répandu, n’a rien de scientifique. Il est arbitraire et purement idéologique. Or, la science n’a que faire de l’idéologie !

Les neurosciences cherchent à percer les mystères et les secrets du cerveau conscient. Elles sont très dynamiques et font de remarquables progrès. Le but avéré de nombreux spécialistes du domaine est, d’après leurs propres déclarations, de résoudre totalement l’énigme de la conscience cérébrale en corrélant précisément les états mentaux à des états neuronaux.

Je rappelle qu’une corrélation n’est pas ni ne conduit à une explication. Établir une corrélation entre deux phénomènes est un constat. Elle relève du niveau descriptif. Croire et affirmer qu’une corrélation conduit à une explication, c’est confondre description et explication.

Pour réellement comprendre le mystère du cerveau conscient, donc en trouver l’explication, je crois qu’il faut d’abord faire une vraie place à la conscience (et plus généralement, au psychisme, qu’il soit conscient ou inconscient). Il faut la rattacher à un principe explicatif que ne contient pas le niveau descriptif.

Le principe explicatif que je propose est une forme inédite de causalité, que je baptise « l’endo-causalité ». Elle s’oppose à l’habituelle causalité déterministe de la matière ordinaire ; que je nomme aussi « l’exo-causalité ». Tout cela est expliqué plus longuement dans mes livres, évidemment.

Votre théorie apporte-t-elle du nouveau ?

Ma réponse à votre question est évidemment affirmative ! Pour le justifier, voici un bref résumé des raisons de ma démarche.

Personnellement, je n’ai jamais pu souscrire à la seule alternative qui nous est traditionnellement offerte. J’ai toujours considéré cette alternative, qui énonce que la conscience est d’origine soit matérielle soit surnaturelle, trop restrictive pour être convaincante. Je crois qu’avec elle, le problème est pas mal posé dès le départ, et n’est-ce pas ce qui le rend insoluble, bien artificiellement ?

Je me suis alors demandé si l’on pouvait envisager autre chose, sans renier pour autant les acquis de la science. J’ai réfléchi à une troisième voie, que j’ai appelé la voie « im-im » car elle part de l’hypothèse inhabituelle que la conscience est un phénomène à la fois im- matériel et im-manent. 

Immatériel et immanent : la voie im-im joint ces deux traits réputés incompatibles, car généralement, ceux qui croient la conscience immatérielle en font aussi une entité surnaturelle tandis que ceux pour qui elle est immanente la croient aussi d’origine strictement matérielle.

Je précise que par «immatériel» j’entends : «qui n’a ni les mêmes propriétés ni les mêmes lois que la matière», et que par «immanent» j’entends : «qui est un contenu de notre univers», ou encore : «qui n’appartient pas à un monde surnaturel ou transcendant».

Ma thèse im-im fait ainsi éclater la vieille opposition entre, d’une part, un psychisme humain qui serait de nature matérielle et immanente, et d’autre part, un psychisme humain qui serait de nature immatérielle et transcendante. Au matérialisme elle prend l’immanence, au spiritualisme elle prend l’immatérialité. Elle est à mi-chemin entre ces deux extrêmes !

La thèse im-im offre donc une perspective inédite : avec elle, il y a trois choix possibles au lieu de deux. Cela permet de repenser la question du cerveau conscient, et d’envisager des solutions neuves au mystère qu’il soulève.

Partant de là, j’ai posé les fondements d’une théorie basée sur un «avatar» de la matière que j’ai baptisée l’holomatière, ou encore, la psychomatière. Cette holomatière est une «super-matière» plus riche que la matière ordinaire. Elle lui rajoute une dimension invisible.

Cette dimension, que je nomme le ‘psi’, est elle-même immatérielle et immanente. Cela ne l’empêche pas d’interagir parfois avec le monde physique, à son niveau le plus intime et le plus infime, qui est celui des particules élémentaires. Quand elle interagit, le physicien ne pas comprendre ce qui se passe – puisqu’il ignore totalement l’existence du ‘psi’ !

En clair, le ‘psi’ serait la vraie cause, cachée, des comportements bizarres et incompris de la matière au niveau quantique. C’est lui qui en tirerait les ficelles. Tant que nous l’ignorerons, le monde quantique restera inintelligible à nos yeux. Il ne peut pas en être autrement.

Je montre par ailleurs (dans mes livres notamment) que, par ses propriétés originales, le ‘psi’ permet d’expliquer l’émergence de la conscience dans la matière cérébrale. Je souligne qu’il s’agit d’une explication potentiellement testable, ce qui est crucial en science. Il y a trop d’explications purement verbales qui sont proposées, dont nul ne peut savoir si elles sont vraies, fausses, ou simplement fantaisistes !

J’ai dit «potentiellement testable» et non pas «testable» tout court car il n’est pas rare qu’une idée doive attendre des semaines, des mois voire des dizaines d’années de travail collectif pour déboucher sur un test effectif.

En conclusion le ‘psi’, tel que je le définis dans mes écrits, permettrait de résoudre deux énigmes. C’est encourageant ! La première concerne les comportements bizarres, et très obscurs, des particules élémentaires. La seconde concerne la conscience cérébrale. Cela ne devrait-il pas susciter un minimum de curiosité, voire d’intérêt, pour le ‘psi’ et l’holomatière 

Comment un scientifique en vient-il à la spiritualité ? 

Comment répondre à votre question ? Je pense qu’il y a mille et une manières, propres à chacun, de faire (ou non) ce chemin. En tout cas, je ne me définis pas comme une personne «spirituelle». Je suis plutôt un mécréant, comme je l’écris dans la préface d’un livre réédité du Père François Brune qui a ce titre magnifique : Pour que l’homme devienne Dieu. Ce titre s’inspire de cette phrase de Saint Augustin, qui parle implicitement du Christ : «Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu.» Elle est si belle que je ne résiste pas au plaisir d’en parler !

Que puis-je ajouter à cela ? Je dois préciser que l’holomatière, qui est une «super-matière» immanente (pour reprendre ce mot de philosophe), pointe cependant vers autre chose. Elle suggère la présence d’une réalité transcendante qui la prolonge et la dépasse. Cette réalité (que je qualifie «d’ur-causale») serait, si l’on peut dire, la demeure du divin. 

Ma démarche ne pose pas l’hypothèse de Dieu. Néanmoins, elle aboutit vers un niveau de transcendance qui complète notre monde manifesté – à la façon d’une asymptote si l’on veut. Je trouve cela intéressant.

Cette réflexion s’enracine, de façon un rien inattendue, dans le hasard ou l’aléatoire qui apparaît en physique quantique. Un exemple bien connu de cet aléatoire est la radioactivité naturelle. En effet, la désintégration d’un atome radioactif à tel moment plutôt qu’à tel autre est sans cause déterministe connue. Elle se produit au hasard, à un instant qui n’est imprévisible que de façon probabiliste.

L’aléatoire ou le hasard quantique échappe par définition à tout déterminisme. Il est, dans mon hypothèse, lié au ‘psi’ de l’holomatière : quand ce ‘psi’ devient actif et interagit, la matière ce comporte de façon aléatoire.

En fait, je rattache ce hasard non pas à une absence de causalité (a-causalité) mais à une forme non-déterministe de causalité, que j’appelle l’endo-causalité. Cette causalité fluctue, elle est variable et créatrice. Elle s’oppose radicalement à la causalité fixe et rigide qui sous-tend tout déterminisme. Elle se rattache en fait à un pouvoir créatif : le ‘psi’ est susceptible de prendre des initiatives et de faire des choix – à un niveau souvent très rudimentaire il s’entend. 

Dans l’holomatière, l’endo-causalité est limitée par les déterminismes de la matière. Elle n’est donc que partielle. Mais une forme totale, ou «parfaite» si l’on préfère, d’endo-causalité est également concevable. Je la baptise «l’ur-causalité». Elle n’est liée à aucun déterminisme. Cette nouvelle forme de causalité va de pair avec une créativité sans limite et sans entrave. Pour elle, tout est possible : sa créativité est transcendantale, ou «divine». C’est elle que je touche finalement au divin, à la spiritualité. La transcendance s’invite comme conséquence logique, quasi inévitable, de ma démarche. Je trouve cela plus fort que si le spirituel était déjà posé au départ.

Souvenons-nous par ailleurs que l’astrophysique a fait une découverte extraordinaire. Elle révèle que l’univers n’est propice à la vie que parce que ses caractéristiques sont très précisément les siennes. Changeons un rien ses conditions initiales ou la valeur des constantes physiques, et c’est la catastrophe : l’univers devient immanquablement stérile.

L’époustouflante précision nécessaire à la vie a inspiré le «principe anthropique». Elle rend incroyablement peu probable notre univers porteur de vie, et l’on parlerait beaucoup plus de cette découverte si elle n’était pas une gêne pour le dogme matérialiste. Son tort est de suggérer qu’une «intention cosmique» (voire divine ?) pourrait être à l’origine de l’univers qui nous a permis d’exister.

L’hypothèse d’une intention cosmique étant effrayante et insupportable pour un scientifique matérialiste (mais si mais si !), les astrophysiciens se sont précipités à inventer un nombre incroyable d’univers parallèles pour l’éviter et rendre notre univers moins invraisemblable. Pensez donc : tant d’univers en surnombre, juste pour que le nôtre paraisse plus probable ! Ce n’est pas une solution très économe.

La vertigineuse improbabilité de l’univers qui nous a vus naître est un autre élément important de réflexion que la science apporte à quiconque est en quête de spiritualité et en recherche de sens. 

Pour le reste, il me semble que la spiritualité est d’abord et avant tout une pratique. Elle mobilise le cœur plutôt que la tête. Elle s’exprime dans des actes plutôt que dans des idées. Elle passe par une attention sincère et une présence bienveillante aux autres, par le partage et l’altruisme, par la prière ou la méditation régulière si possible, et ainsi de suite. On sait de surcroît, et c’est démontré, que tout cela est excellent pour le moral et pour la santé !

Comment appliquer vos concepts à la réalité humaine ? Peuvent-ils nous aider à trouver un sens à nos vies ? 

Je dirai d’abord que le concept d’endo-causalité, dont j’ai parlé, nous touche directement : il s’épanouit en libre arbitre chez l’homme. Il est cependant de bon ton, aujourd’hui, de nier ce libre arbitre. Il gène, comme la conscience…

Notre libre arbitre nous donne une capacité individuelle de choix. Il est notre potentiel de liberté, de créativité et de souveraineté. Je l’appelle notre «vivance». Si la vie vaut la peine d’être vécue, c’est en grande partie grâce à lui ! Mais nos habitudes, nos préjugés et conditionnements tendent si nous n’y prenons garde à le réduire fortement.

Un autre concept important de mon approche, que je n’ai pas encore mentionné, est celui de «supralité». Il est à nouveau en lien avec les traits bizarres de la matière quantique. Cette supralité nous relie à l’univers entier. Elle nous donne des «ailes psychiques» invisibles et illimitées. Grâce à elle, des réseaux d’interdépendance et de solidarité se tissent dans l’invisible. 

Le «moi supral» qui en découle fait de nous d’authentiques géants de l’invisible, des géants qui appartiennent, pour ainsi dire, à une communauté d’êtres et d’âmes. Avec ce moi étendu, nous ne sommes jamais isolés dans l’existence.

J’ai l’habitude de résumer tout cela en disant que l’holomatière nous donne deux leviers de plénitude : la «vivance» d’une part (par l’endocausalité), la «reliance» de l’autre (par la supralité). Cette vision de la nature humaine s’accorde avec d’autres approches, telles que la psychologie transpersonnelle.

Les grandes avancées de la science doivent beaucoup à l’intuition humaine. Vous êtes-vous appuyé sur votre intuition ? 

Votre question est intéressante, et je vous remercie de l’avoir posée, car on croit trop souvent que la science doit tout à la froide raison et rien à l’intuition. On laisse cette dernière aux artistes, aux poètes et aux psychologues. Or, ceci est faux : la science doit beaucoup aux fulgurances de l’intuition. C’est à elle, l’intuition, que nous devons les plus grands bonds en avant de notre compréhension.

Les «sauts quantiques» du savoir et de l’intelligence des choses sont quasiment toujours liés à des intuitions remarquables. Les exemples sont innombrables, chez les grands mathématiciens par exemple, de ces moments privilégiés où un flash intuitif fait soudain accéder à une nouvelle compréhension, comme par enchantement.

En revanche, la science doit ensuite consolider et «digérer» ces savoirs inédits acquis par intuition. C’est alors seulement que la froide raison reprend ses droits. L’inspiration irrationnelle nourrit une démarche qui sera faite de la rigueur et de raison. 

Pour répondre à votre question, me suis-je appuyé sur mon intuition ? Sans doute a-t-elle joué un rôle important au départ. A vrai dire, je ne peux pas répondre plus précisément… car je ne m’en souviens plus très bien ! [rires]

J’ajoute enfin que mon approche conduit à distinguer trois formes d’intuition, qui sont successivement : l’intuition ordinaire (je lis des indices imperceptibles sur un visage, je devine ce que la personne pense et je comprends ses non-dits), l’intuition suprale (j’accède instantanément à des informations par des voies non-sensorielles, de type télépathique par exemple, qui reposent sur la supralité), et l’intuition ur-causale, ou «ur-intuition» (j’accède à des connaissances qui me sont données par mon éventuel lien avec des réalités ur-causales donc transcendantes).

Tout est-il possible dans la vie ? 

Tout est-il possible ? Tout et n’importe quoi – comme, par exemple, se faire construire un château gothique sur la lune ? Quelle belle question ! Elle met une agréable légèreté, et j’aime son côté vaguement provocateur et absurde.

La dure réalité est que notre endo-causalité n’est que partielle… et donc, tout ne nous est que partiellement possible ! [rires] Plus sérieusement, on peut choisir de développer notre potentiel d’endo-causalité. On peut sciemment cultiver ce potentiel et le faire croître, pour notre propre épanouissement. On peut y parvenir à force de répétition – avec ténacité, et dans la joie.

N’oublions pas que la joie est le carburant de la liberté. «Apprends à te réjouir, c’est ton premier devoir», disait Sénèque. Ce à quoi Confucius répondait : «La joie est en tout ; il faut savoir l’extraire.» 

Il est aujourd’hui prouvé que ceux qui pratiquent très régulièrement la méditation ont un cortex cérébral droit (lié au bonheur) particulièrement actif et développé. A force de méditer, ils l’ont musclé ! C’est encourageant. Au passage, rendons hommage à la plasticité de notre cerveau, qui rend cela possible.

Nous pouvons grandir intérieurement. Nous pouvons décider de développer notre altruisme et notre empathie, et les traduire dans nos actes. En fait, il y a tant de choses qui nous sont possibles ! Parfois d’ailleurs, il suffit d’ignorer que certaines choses sont impossibles pour les réaliser. [rires] 

C’est par un saut quantique qu’on atteint l’endo-causal. Cela se traduit-il par un saut dans l’inconnu dans notre vie ? 

Le saut quantique est une belle métaphore. On peut «sauter» dans sa vie, de joie par exemple. Certaines personnes vivent de vrais sauts quantiques intérieurs : ils changent et évoluent incroyablement vite, en très peu de temps, et sans retour en arrière. Elles sont des témoignages vivants du pouvoir de l’esprit et des miracles qu’il peut produire. Elles sont des témoignages d’espoir !

Souvent, le saut intérieur se prépare en silence, inconsciemment et à notre insu. Il se produit sans qu’on s’y attende, souvent à la faveur d’un lâcher-prise. Attention cependant, il n’y a pas de recette toute faite pour cela, et n’allons pas croire qu’il est très courant. L’espoir se nourrit aussi d’une forme de réalisme, qui empêche les déconvenues.

Votre question mentionne un saut dans l’inconnu. J’aurais tendance à parler plutôt d’un saut dans le lâcher-prise : lâchons nos peurs, oublions nos limites, et laissons notre âme grandir. Alors, l’univers nous offrira ses richesses. C’est cela, l’inconnu : un monde fascinant à découvrir … 

Pour aller plus loin voici les deux livres d’Emmanuel Ransford : La Nouvelle Physique de l’esprit (2007, éd. Le Temps Présent) / La Conscience Quantique et l’au delà (2013, éd. Guy Trédaniel).

Écrire pour faire apparaître la lumière

Interview du fondateur du Water Light Graffiti

Écrire pour faire apparaître la lumière. C’est l’idée simple d’Antonin Fourneau qui a imaginé l’installation artistique Water Light graffiti, un mur géant à taille humaine sur lequel chacun peut écrire avec de l’eau. Grâce à un ingénieux procédé technique, l’eau et même l’humidité allument les lumières (les centaines de LED) du mur à l’endroit précis du contact. Les écrits éphémères s’éteignent dès que l’eau s’évapore. Telle une ardoise magique, le mur donne la parole à chacun et même la possibilité de se répondre et de dialoguer en lumière.

– ANTONIN FOUNEAU –

Age : 32 ans

Résidence : Paris

Origine : Marseille

Parcours : Bac scientifique, Faculté de sciences, École d’art à Aix en Provence, Arts décoratifs de Paris (atelier de recherche en interactivité).

Médiums : l’électronique, l’art est une avancée technologique et les artistes apportent de nouvelles formes d’écriture.

Actualités : le projet Water Light Graffiti tourne un peu partout dans le monde.

Web : il faut partir à la chasse aux trésors pour le trouver mais voici quelques liens : waterlightgraffiti.comatocorp.free.fr

Water Light Graffiti_Creditphoto_FotoFilip (2)

Peux tu décrire ton travail en quelques mots rapidement ?

J’ai une obsession : celle la place du jeu dans la société. Dans quelle mesure les règles sociétales peuvent devenir des règles de jeu ? Que peut on détourner dans l’espace urbain pour que cela devienne un jeu. J’aime le mot «jeu», «gamification» en anglais traduit en français « ludification » qui sonne bizarre comme «lubrification». Je bidouille, je suis un hacker depuis petit. J’aime prendre un objet mécanique et le démonter pour le comprendre, donner vie à des choses inanimées.

Peux-tu nous parler du projet Water Light Graffiti ?

J’ai toujours fait beaucoup de pièces interactives avec de l’eau. L’eau améliore le contact. L’eau est omniprésente dans mon travail comme la technologie. Puis un jour j’ai eu un déclic : alors que je travaillais avec des élèves sur l’idée d’interface naturelle j’ai vu des hommes faire de la calligraphie par terre en passant le balai avec de l’eau. Il m’est alors venue l’idée de fabriquer une interface lumineuse qui réagirait au contact de l’eau. D’inventer une œuvre permettant d’écriture avec de l’eau. Water Light Graffiti est une sorte de petite invention, je le rêve comme un futur matériau d’architecture.

Son fonctionnement : l’humidité permet à l’écran de s’allumer à l’endroit ou on passe. Dès qu’il y a un matériau conducteur ça s’allume (même avec de la purée ça marcherait). Les gens sont attirés et veulent essayer de comprendre, leur premier réflexe est de mettre la main. Puis les gens commencent à dessiner. Le premier Water Light Graffiti, en co-production avec Digital Art International, date de juillet 2012 à Poitiers et il a beaucoup voyagé depuis. C’est drôle parce qu’on se rend compte que les gens dessinent/écrivent souvent la même chose. Il y a des icônes phares : le smiley, le pacman, le dollar, la fleur, le cœur. Il y aurait une étude à faire ! Puis l’écriture lumineuse s’efface avec l’évaporation ou avec un chiffon (dans les événements c’est notre enfer on passe le temps à passer le chiffon !).

Le succès de Water Light Graffiti c’est aussi son échelle à taille humaine qui lui donne son coté magique. On dirait une ardoise magique géante.

Quel est le but de Water Light Graffiti ?

Changer le rapport à l’espace urbain. Qu’est ce que c’est qu’un message éphémère par rapport à un graffiti ? Mon rêve serait d’installer Water Light Graffiti dans l’espace urbain en m’associant avec un architecte et que les éléments naturels fassent que les écritures s’effacent. Rendre un bâtiment vivant juste parce que il va pleuvoir.

Un objet est vivant, un objet a une âme. On a tous des objets manufacturés semblable mais au bout d’un moment à force de nous accompagner on n’y projette des choses différentes. Ils s’associent à notre mémoire et nos souvenirs. J’ai un boulon que j’ai mis à mon doigt et si je le perds ça ira très mal alors que c’est juste un boulon.

Water Light graffiti est une sorte d’écriture éphémère ?

Le Water Light Graffiti c’est un peu le mur Facebook de la ville. Facebook a beau archiver, qui va dans les archives de Facebook regarder ? Un post, un tweet est très éphémère sur les murs, les fils des réseaux sociaux. Dans Water Light Graffiti le message éphémère disparaît du fait de la technologie. L’écriture du Water Light Graffiti est presque de la parole. Parfois ça s’efface tellement vite que les gens se répondent et font des cadavres exquis. Les gens se projettent dans les dessins des autres et ainsi de suite.

Qu’est ce que la réalité selon toi ?

La réalité c’est l’argent (rires) ! Pour moi l’argent n’a jamais été une réalité :) Plus sérieusement, j’ai l’impression qu’il va en y avoir de moins en moins avec la réalité augmentée. Les nouvelles technologies bouillent de plus en plus notre rapport à la réalité. Avec Water Light Graffiti, je cherche à casser des rapports du quotidien, à casser ce qu’on peut faire toujours de la même manière. Il y a une sorte de rupture de la réalité, du quotidien.

Penses tu que nous percevons tous la même chose ?

Je pense que je ne perçois déjà pas les mêmes choses selon les heures de la journée, les périodes de ma vie. Un de mes professeurs, Louis Bec disait «le meilleur moyen de trouver des idées est de d’entreprendre un voyage, le simple fait de prendre le train permet de voyager dans un autre monde». Changer ses horaires, sa façon de manger, toutes ces cassures nous permettent d’inventer.

Existe-il des univers parallèles ?

Oui. Enfant j’étais fasciné par les étoiles, les différences de temps, d’années lumière. On est en train d’inonder l’univers d’ondes radio et télé qui ont une très grande portée à des années lumières de nous et créent d’autres espaces temps. La distance crée des réalités parallèles et avec toutes nos inventions on va bientôt avoir des univers parallèles chez nous.

Est ce que tu penses que le temps est causal ?

Évidemment comme dans «Retour vers le futur» ou «Un jour sans fin» dans lequel Bill Murray revit tous les jours le même jour. Avec les univers parallèles à gérer ça va devenir un sacré bordel (rires).

Water Light Graffiti_expo Dlight_Creditphoto_Quentin Chevrier (2)

Water Light Graffiti_poitiers_2012_Creditphoto par Quentin Chevrier

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