kuzniarheads

Real Life Super Heroes par Pierre Elie De Pibrac

Pierre Elie de Pibrac, 27 ans, photographe diplômé d’une école de commerce. À l’approche d’un stage en banque, il décide de tout plaquer et part photographier les enfants de Birmanie. Lauréat du concours photo étudiant Paris Match 2007, sélectionné par Yann Arthus Bertrand  comme le meilleur photographe PIKEO 2008, publié dans le magazine PHOTO à plusieurs reprises, il monte désormais ses projets photographiques. Après « Americain Showcase » où il travaille le côté plastique, les reflets et la perception, il présente une nouvelle série de photos plus journalistique sur les « Real Life Super Heroes ».

Un mouvement né aux Etats-unis rassemblant des individus qui se déguisent pour défendre des causes, qui s’inventent des personnages issus des comics pour venir au secours des gens dans la rue, combattre la criminalité, aider les sans abris. Pendant deux mois, il parcourt les Etats-unis à leur rencontre, les photographie dans leur environnement urbain. Les mises en scène simples de ces individus costumés représentent le paradoxe de ces supers héros : une aide quotidienne aux autres sous une apparence magique.

Ses clichés présentent cet extraordinaire réel. « Moi plus tard je voudrai être aimé comme un héro. » Le photographe revient sur ce besoin de reconnaissance de l’enfant qui souhaite qu’on le regarde. Des adultes osent s’en emparer. Où se trouve la frontière entre l’invention et la réalité ? Avoir des pouvoirs imaginaires les rendent responsable d’aider les autres. Le déguisement facilite le contact, masque les inégalités sociales. Seuls les Américains en sont capables et ils s’assument. Cette mentalité fascine le photographe, la culture américaine n’a pas honte et c’est une force. À leur contact, il est touché par leur humilité et leur générosité. Finalement ce qu’il retranscrit c’est le don de soi, une façon d’agir.

http://www.pierreeliedepibrac.com/

L’homme qui crée des nuages – Interview de Berndnaut Smilde

Dans le cadre de notre dossier sur le climat, nous sommes allés poser des questions à l’homme qui crée des nuages. Oui vous avez bien entendu, le plasticien hollandais Berndnaut Smilde simule des nuages grandeur nature dans des espaces clos pour en faire des œuvres d’art. Son travail pose cette question : l’homme sera-t’il un jour capable de recréer les éléments ? En cas de réchauffement climatique cela serait bien pratique.

– IDENTITÉ –

Résidence : Amsterdam

Naissance : 1978

Formation : BA Fine Art, Minerva Academy, Hanzehogeschool, Groningen // MA Fine Art, Frank Mohr Institute, Hanzehogeschool, Groningen.

Expositions : un paquet d’événements à travers le monde (voir son CV)

Site Web : www.berndnaut.nl

– INTERVEW –

Peux tu nous décrire ton travail artistique en une phrase ? Je travaille souvent en fonction du site : je réagis à une architecture, une histoire ou à un lieu.

La dimension éphémère de tes nuages les rend-ils plus intenses ? Oui, je pense que la perfection et son caractère transitoire sont toujours liés.

Tes créations semblent avoir un esprit, tes nuages sont comme des sortes de fantômes, sont-elles hantées ? Les gens ont toujours eu un rapport métaphysique fort avec les nuages, car ils symbolisent l’angoisse, la fertilité, la chance et la divinité. Ils incarnent aussi la malchance et la disparition. Le caractère angoissant du mes nuages vient non pas de sa forme mais du fait de le placer hors de son contexte naturel. Dans mes installations, c’est le caractère anormal de la situation qui est angoissant.

Ton travail est à la frontière entre réalité et fiction, dans quel monde te sens-tu le plus à l’aise? La réalité, sans hésitation. Mais je trouve intéressant de situer l’œuvre dans un entre-deux, entre la réalité et la représentation, d’une manière qui traduise un potentiel, mais jamais une fonction.

L’utilisation de la lumière est aussi une composante très importante de tes installationsUnflattened, est une pièce dans laquelle je projetais un spectre de couleurs sur un paysage idéalisé. L’arc en ciel est obtenu grâce à un prisme et à une petite lumière. L’œuvre traite de d’image de l’arc en ciel, et de ce à quoi on l’associe, comme la perfection et les promesses. Mais ce qui me plait dans le prisme, c’est qu’il montre vraiment la manière dont nous voyons les choses. C’est en décomposant la lumière du jour qu’on perçoit ce qui nous entoure.

Qu’est ce qui t’a décidé à reproduire des nuages dans des espaces clos ? J’ai créé mon premier Nimbus en 2010, pour Probe, un espace dédié aux projets artistiques. Probe est un espace d’exposition de 6 m2, c’est très petit. Ce changement d’échelle permet de créer des œuvres qu’il serait impossible de réaliser dans la vie réelle. Je voulais voir s’il était possible d’exposer un nuage. Comme le lieu est modulable et de petite taille, on en maitrise tous les paramètres : c’était parfait. C’est l’une des raisons pour lesquelles je pense qu’un modèle a valeur d’idée. J’ai fait de l’espace d’exposition ma vision idéale du hall de musée où je voudrais présenter une situation inquiétante.

D’une certaine façon essaies-tu de contrôler le climat ? On pourrait dire qu’en coinçant la nature dans un espace donné, je la déconstruis ou j’essaie de la contrôler. En fait, je m’intéresse surtout au potentiel de l’idée. La tentative est vouée à l’échec, mais pendant un bref instant vous transportez l’image d’un nuage dans un espace, et commencez à créer de nouvelles connexions. Cela pose aussi la question de savoir si une sculpture peut exister du simple fait d’exposer de l’air.

Comment élabores-tu tes installations ? Les lieux sont importants pour définir le contexte de l’œuvre. Par certains aspects, les endroits dans lesquels je travaille sont proches d’espaces d’exposition, et du coup ils remettent en cause l’œuvre d’art en tant que telle.

La chapelle de «hotelMariaKapel» insiste sur les références au caractère divin et transitoire de l’œuvre. L’architecture occupe également une place importante dans «Nimbus D’aspremont». Le château originel a été utilisé pour servir d’hôpital militaire et d’institution pour les maladies mentales. Le contraste entre ces différentes fonctions est encore perceptible.

Dans mes travaux les plus récents, l’architecture en tant

Marianne Ratier au Barbershop

Pour cette nouvelle exposition organisée par Réécrire, Tyrsa, directeur artistique du lieu, invite Marianne Ratier à réinterpréter la nouvelle carte du Barbershop. Du Tartare au Cheesecake, l’illustratrice dissèque au crayon dix plats du menu dans une appétissante série de motifs.

Vernissage le jeudi 04 octobre (19h-02h)

Dj set par Second Guesser (Burnin music)

Exposition à voir jusqu’à fin novembre

Le Barbershop

68 avenue de la République, 75011 Paris

Ouvert tous les jours de 9h à 2h.

Marianne Ratier

Après avoir suivi des études de lettres et de communication visuelle (ECV), Marianne Ratier fait d’abord un passage par la publicité (Publicis, CLM BBDO) avant de se consacrer pleinement à l’illustration en 2008. Depuis, elle a réalisé de nombreux projets, dont certains pour la jeunesse. Elle illustre des livres pour des maisons d’édition (“La Petite taiseuse” livre pour enfants, “Françoise Dolto” roman graphique, publiés chez Naïve), travaille pour la mode (Bérangère Claire) et la presse écrite (Marie Claire, Papier Mâché, Milk).

Si ses clients se multiplient, elle impose sa patte patiente et son style inspiré de gravures anciennes, d’herbiers, de schémas d’anatomie et de photographies daguerréotypées. Fascinée depuis toujours par les objets datés, l’orfèvrerie, et les papiers peints vieillots de ses grands parents, elle analyse et décompose les formes qui se succèdent et s’imbriquent. Empreints de nostalgie, ses dessins redonnent vie à ces rescapés du passé, en associant à une imagerie ancienne des éléments plus contemporains. Ce décalage fait alors basculer ses illustrations dans le domaine du fantastique. Derrière ses personnages lisses et statiques se cache toujours un détail dont l’anachronisme dérange. Marianne accentue ainsi le figuratif de ses dessins pour créer l’imaginaire et la surpirse lorsque le lecteur s’en approche. L’illustratrice essaie de garder dans son travail un regard propre aux enfants, observateurs et cruels. “Les enfants ont cette liberté qui leur permet de regarder ce qu’il ne faut pas voir, ils n’ont pas de filtre.

Ses dessins pour le Barbershop

Pour le Barbershop, elle a conçu ses dessins comme des papiers peints. Son obsession depuis l’enfance : décortiquer les motifs fourmillants. Comme une sorte de jeu, elle isole des parties pour voir ce qui se répète. Finalement, son défi pour cette expostion a été de créer un accident dans chacun des motifs représentants les plats du Barbershop. Alors que la symétrie devrait empêcher l’erreur, Marianne Ratier y glisse des intrus. Toute la minutie quasi mathématique du dessin qui se répète est détruite par de petits rongeurs. Des ratons envahissent la cuisine du Barbershop !

Télécharger le dossier de presse

Le cheesburger

La salade césar


Le fondant

Réécrire présente l’exposition de Dai Dai Tran & Aurélie Prigent

Réécrire présente l’exposition de Dai Dai Tran & Aurélie Prigent

Réécrire organise une exposition des illustrations de Dai Dai Tran et Aurélie Prigent. A découvrir l’installation et les sérigraphies de Dai Dai Tran réalisées pour le lieu. Vernissage + DJ set le jeudi 27 octobre (19h-2h). Au Barbershop, 68 avenue de la République, 75011 Paris.

S’inspirant des codes issues des cultures urbaines, Dai Dai Tran rend homage à des virtuoses du jazz à travers cette nouvelle exposition. En mixant techniques manuelles et technologiques, il représente Miles Davis, Herbie Hancock & John Coltrane à l’aide d’une multitude de lignes géométriques. Déjà auteur de nombreuses expositions et projets artistiques, ses creations se ressemblent en ce qu’il fluidifie la matière charnelle pour s’approcher toujours plus de la transparence.

Suivant ses pulsions frénétiques, Aurélie Prigent développe sans cesse de nouveaux motifs et mixe les techniques et les matières pour créer des femmes féériques aux longs cheveux et aux grandes jambes. Collage et dessin s’assemblent pour former des illustrations grouillantes et fleuries.

Réécrire présente l’exposition de Dai Dai Tran & Aurélie Prigent

Commencer à vivre le monde que nous voulons dans notre propre vie

J’ai rencontré Cyril Dion, 35 ans ancien comédien, bientôt écrivain et réalisateur, cofondateur du mouvement Colibris prônant de nouvelles formes d’agriculture, d’éducation, de valeurs humaines, un changement de société. Si les solutions pour faire évoluer le système existent pourquoi ne se mettent-elles pas en place ? Que pouvons nous faire à notre petite échelle ? Il a répond un truc super simple mais tellement vrai : il faut commencer par être heureux nous mêmes car quand on agit cela a une conséquence sur l’ensemble de la planète.

fwTk09HoyCVCkDnWqtbN8rIuI7dTZ-_HCfr4YG5Edws

Qui es-tu ? que fais-tu de ton temps ? As-tu déjà changé de vie ?

Oui, J’ai déjà changé de vie 2 ou 3 fois.

J’ai fait des études d’art dramatique et j’ai travaillé pendant 2 ans en tant qu’acteur avant de me rendre compte que cette vie la n’était pas faite pour moi. J’avais fait ce métier pour faire de l’art et je me retrouvais à faire des publicités et des téléfilms. J’ai donc essayé de changer, je me suis arrêté un an pour écrire. J’écris depuis que j’ai 12 ans. Puis j’ai cherché comment allier écriture et activité professionnelle. Je me suis formé en réflexologie plantaire et je bossais en entreprise. Je massais les cadres de l’industrie du disque qui venaient relâcher toute leur angoisse et leur stress pendant ce petit moment de pause. J’ai fait ça pendant un an puis c’est devenu plus difficile car l’industrie du disque se cassait la figure. À ce moment la j’ai rencontré Alain Michel qui montait une fondation (Hommes de parole) et cherchait un coordinateur de projet pour monter un congrès israélo-palestinien en Suisse. Je n’avais jamais fait ça de ma vie mais comme il est un peu fou il m’a fait confiance ! Ensuite nous avons organisé ensemble et avec toute une équipe le premier et le deuxième congrès mondial des imams et des rabbins pour la paix. J’ai fait ça pendant 5/6 ans.

À l’issue de quoi j’ai à nouveau eu envie de changer. J’étais fatigué et déçu de ce milieu très politique. Je me suis dit que le changement devait venir de la base, des gens. J’ai alors été sollicité par Isabelle Desplats et quelques personnes qui cherchaient quelqu’un pour monter un mouvement autour des idées de Pierre Rabhi. C’est ainsi que j’ai eu la chance de créer le mouvement Colibris. J’ai fait ça pendant 7 ans. L’an dernier j’ai demandé à arrêter de diriger le mouvement pour garder juste un rôle de porte parole et de co-fondateur et me consacrer au magazine Kaizen (que nous avions monté entretemps) et à un film documentaire que je vais tourner avec Mélanie Laurent.

C’est à nouveau un moment de changement où je ressens très fort le besoin d’unir mon engagement et mes aspirations à créer. Un recueil de poèmes va être publié aux éditions de la Table ronde au mois de mars/avril 2014. Je suis en train de retourner vers mes premiers amours, mes activités artistiques, mais en essayant de les faire participer au changement de la société.

La faim dans le monde n’est pas une fatalité ?

Non bien sûr. Nous serions d’ores et déjà en mesure de nourrir la planète avec le gâchis alimentaire : ce que jettent chaque année les Américains et les Anglais suffirait à nourrir le milliard de personnes qui souffrent de la faim dans le monde.

Parallèlement, nous avons besoin de profondément transformer le système agricole qui fait que de nombreux paysans dans le monde ne mangent pas à leur faim. Ils sont entraînés dans une logique de marché par laquelle ils produisent pour l’exportation et délaissent l’agriculture vivrière de leur pays. On a besoin de retourner vers une agriculture de plus petite taille dans laquelle chaque pays puisse produire ce dont ils ont besoin et avec des techniques n’utilisant pas de pétrole ni de pesticides.

Avec le mouvement Colibris, nous défendons l’agroécologie qui est une façon de faire de l’agriculture en prenant en compte tout un écosystème. Aujourd’hui des études montrent et notamment un rapport de l’Onu paru en mars 2011 et qu’il est possible de multiplier par 2 les rendements dans les 10 ans

Lancement de la galerie en ligne Reecrire.com au Café Caché du Cenquatre

Réécrire organise un évènement mêlant arts visuels et sonores pour le lancement de sa galerie en ligne.  Seront présentés à la fois de l’art in situ en volume créé pour le lieu // par Little K // et les dessins, photographies, collages et écritures //de 13bis, Alex&Marine, Anne Flore Cabanis, François Goupil, Joshua Petker, Monica Zeitline, Salem Mostefaoui, Sandra Andrea Renard ainsi que le concert acoustique // de The Rodeo. Vernissage le jeudi 08 décembre à partir de 19h au Café Caché du Cenquatre, 104 rue d’Aubervilliers, 75019 Paris.

Afin de confronter des univers artistiques très différents unis par leur esprit graphique, Réécrire vous propose de regarder et d’écouter :

L’installation, Step into a world, un ensemble de sculptures en carton inédit et monumental réalisé pour l’évènement par le plasticien Little K.

Little K est un plasticien qui se fait connaître par son projet « Chilin », des bonhomme en pâte fimo qu’il fixe dans la rue pour rappeler la présence des jeunes des cités. Depuis, il crée des sculptures en carton proche de l’univers hip-hop toujours avec un message d’ouverture et de tolérance. Il a exposé notamment chez Citadium, à l’Université Paris Dauphine, au Door studio, lors d’une exposition Réécrire et présente ces objets en volume au Studio 13/16, Centre Pompidou lors des ateliers Green Attitude depuis octobre 2011.

La plasticienne Maud Mini et la photographe Camilla Pongiglione ont créé le collectif 13bis en 2009 par une série d’interventions sauvages dans la rue donnant naissance au projet Hic Sunt Leones. En novembre 2010, elles remportent le Coup de Coeur du Jury Bourse du Talent Espace Architecture Paysage #44 et participent en janvier 2011 à une exposition Réécrire au cours de laquelle elle réalisent la performance « Fosse de Mariannes ». Une nouvelle exposition de leurs collages est présentée du 5 novembre au 4 décembre 2011 à l’ Hôtel de Ville d’Aulnay-sous-Bois

Anne-Flore Cabanis, diplômée de l’école nationale des Beaux arts de Paris, en résidence actuellement au Cenquatre, réalise des dessins, collages et installations in situ. Récemment, elle a exposé son travail dans la galerie Exit Art Contemporain, a participé à Chic Art Fair 2011 et à la nuit Blanche 2011 et présente une exposition collective avec Zevs au musée en Herbe de Paris.

Graphiste et illustrateur, François Goupil est adepte de la réalisation de fresques murales monumentales et modulaires (Bellevilloise, Digitas et chez des particuliers) ainsi que de performances ponctuelles (Marithé Francois Girbaud), il expose pour la première fois ses « graphimses » au Café A lors d’un évènement Réécrire, référence à ses premiers pas dans cette sphère artistique. Il a participé à l’exposition collective « Dix-huit B quarante-set » en novembre 2011.…

Changer le sens du temps

Rencontre avec Philippe Guillemant, physicien quantique

J’ai eu la chance de rencontrer Philippe Guillemant, le scientifique français qui traite de la physique et de la conscience, en suivant la Route du Temps jusqu’au passage qui mène à sa maison. J’ai pu lui poser cette fameuse question : comment changer le sens du temps et donc celui de notre vie ?

route-du-temps

Il est un des premiers à emprunter la voie rationnelle pour cheminer vers le pic de l’esprit qui anime la matière. Poussé par la question de comment l’univers crée le futur à partir du présent, il mène des recherches à propos de la conscience, du hasard et du temps. Philippe Guillemant est un équilibriste du chaos et du quantique. Ce chercheur français au CNRS, diplômé de Centrale Paris et spécialiste du traitement de l’information a lui-même été guidé par des synchronicités dans sa propre vie.

Selon lui, une synchronicité est une cascade de coïncidences qui en faisant sens nous délivre un message venant de notre Soi ou subconscient. De quoi s’agit-il ? Notre conscience est composée de trois couches : notre Anima (ou conscience de notre corps), notre véritable Conscience ou Moi (qui correspond à notre égo, ce que nous croyons être, ce à quoi nous nous identifions), ainsi que notre Soi. Notre Moi est voué à disparaître, amenant ainsi notre Conscience à rejoindre notre Soi qui constitue l’essentiel de notre âme, qui ne s’éloigne jamais de nous, qui ne meurt jamais car en réalité le temps n’existe pas, il est de l’espace et en dehors l’éternité n’a pas de fin.

Une synchronicité est une suite d’informations pouvant changer le cours de notre vie en nous faisant suivre une nouvelle ligne temporelle. Au début une synchronicité ressemble à un hasard puis les coïncidences s’enchaînent et c’est alors un peu comme un écho de notre connexion au Soi, qui nous parle et nous appelle à le suivre. Notre futur est une ligne causale déjà réalisée, notre vie est une sorte de tunnel déjà existant lors de notre naissance mais qui peut bouger durant notre vie. Nous pouvons ainsi créer de nouvelles voies ou maintenir des voies déjà choisies grâce à la force de notre intention.

La théorie de la double causalité de Philippe Guillemant est donc la suivante : tout est déjà réalisé mais sans que nous soyons privés de notre libre arbitre. C’est un peu comme si notre âme nous avait mis le défi de vivre cette vie là afin de sortir de ses schémas répétitifs pour pouvoir en créer une nouvelle en améliorant nos gènes. Une synchronicité est donc une suite de coïncidences qui permet de changer le sens de sa vie. Une synchronicité s‘explique par une double causalité car le futur choisi par notre intention peut rétroagir sur notre présent. La croyance selon laquelle nous créons notre futur à partir de notre passé est partiellement fausse. Notre futur est déjà réalisé mais nous pouvons le modifier en fonction de la puissance de notre intention. Notre conditionnement nous amène à suivre un sentier plus ou moins déterminé car dépendant aussi des autres, mais nous pouvons créer de nouvelles lignes temporelles où notre nouveau futur peut même aller jusqu’à modifier notre passé.

A tous ceux qui sont bloqués et ne trouvent pas de solution, qui cherchent le sens de leur vie, qui se demandent ce qu’ils font sur Terre, nous pouvons trouver la réponse dans notre Soi en appelant des synchronicités. Alors comment faire pour retrouver le sens de notre vie et donc demander à notre Soi du futur de créer un nouveau présent ?

Quand notre Moi prend conscience de tous ses conditionnements, il devient de plus en plus en phase avec son authenticité, sa raison d’être. Pour cela nous devons souvent dire non, de plus en plus et ainsi finir par nous détacher. Car le libre arbitre se traduit le plus souvent par le fait de dire non à ce qui ne nous convient pas. Mais le point clé, après avoir essayé une nouvelle voie, au moment où après avoir beaucoup insisté nous pensons que nous n’y arriverons pas, c’est de laisser un lâcher prise s’opérer en nous. C’est là que la magie opère,

L’artiste est un chaman Martine Lusardy, commissaire de l’exposition HEY!

Entretien avec Martine Lusardy, commissaire de l’exposition présentée à la Halle Saint Pierre  jusqu’au 4 mars 2012. Une manifestation élaborée en collaboration avec les créateurs de la revue HEY! associant ainsi art brut et culture populaire. Crédit sculpture / Aj Fosik « Each Morning Takes Bear » 2008.

Notre société donne la priorité à la science et à la consommation. La pop culture donne naissance à des artistes qui tentent de mettre à distance cette réalité en créant une irréalité imaginaire. Cet espace de jeu conduit à un autre monde. Ce qui unit les artistes de HEY ! c’est la possibilité d’une évasion.

Lin Shih Yung « Cérémonie pour devenir un adulte-corde » 2009

HEY! est la 50ème exposition consacrée à l’art brut qu’organise par la commissaire Martine Lusardy à la Halle Saint Pierre. A la recherché de l’autre culture, celle hors des circuits de distribution légitimes la commissaire présente l’art qui résiste à la pensée conceptuelle, qui ne fait pas appel à intellectuel mais à l’expérience première du corps. L’art n’est pas aseptisé il doit avoir un contenu, un sens.

Stéphane Blanquet

Dans nos sociétés, la raison a pris le dessus sur le ressenti, l’émotion est oubliée car elle nuit au rationnel. L’expérience de l’art brut ramène à la subjectivité. L’art brut c’est lâcher prise, l’artiste ne contrôle plus il va vers cet inconnu mystique, il est attiré et en même temps réticent. Cette dualité est le point de départ de la création brute. Elle repousse les limites des espaces interdits. Nos sociétés contemporaines ont vidé de sens les rites de passage d’un état à un autre. Il faut apprendre à passer d’un monde à l’autre. L’art brut réveille l’homme, son animalité, redonne vie à ses pulsions et regardent ses obsessions.

Daniel Martin Diaz « Mysterium Tremendum » 2010

Il est possible d’être un autodidacte dans l’art, la formation technique a ses vices, trop intellectualisée elle peut tuer la singularité. Le geste artistique n’est contestataire que la première fois, comme le « ready made ». HEY! pose la question du mauvais gout. On veut l’universaliser mais il n’y a pas de vérité absolue à ce sujet, les critères esthétiques évoluent en permanence et sont subjectifs.

Elzo Durt

L’artiste est celui qui crée la perte de repères permettant d’aller vers ses émotions. L’artiste va chercher des images qui dérangent, rend visible  ce qui est refoulé, oublié. Il se connecte aux espaces de l’intolérable et de l’insupportable pour le rendre regardable. Il faut apprendre à re-regarder. Les artistes d’art brut abordent la mort, l’occulte et les représente de façon supportable. Le rôle de l’artiste est de prendre en charge l’individu non pas pour lui même, comme dans une thérapie, mais pour le groupe. L’artiste d’art brut est lui et tout, il crée pour lui mais le groupe se reconnait dans son œuvre. Les artistes sont les nouveaux chamans.

Entretien & texte Olivia Zeitline

Ludovic Debeurme

Une visualisation d’Internet par Reynald Drouhin

Qui n’a jamais rêvé de voir Internet dans son ensemble ? Avec son projet « GridFlow », l’artiste plasticien et multimédia, Reynald Drouhin, imagine un système de visualisation globale de données Internet ! Un processus d’auto-archivage immédiat qui constitue une œuvre d’art.

Son fonctionnement est simple et participatif : chaque internaute peut inscrire son blog sur le site http://www.reynalddrouhin.net/works/gridflow/ qui recense toutes les images et les mises à jour de tous les sites inscrits, telle une grille évolutive à l’infinie.

Gridflow indexe une circulation d’informations et chacun peut en obtenir une capture d’écran à tout moment. En tant que travail plastique, Reynald Drouhin en tire des images figées sortes de photographies qui encrent la visualisation dans le moment présent. C’est une œuvre qui utilise le réseau, qui ne pourrait pas exister sans lui mais qui donne un objet fini, un tirage. Son processus de création est immatériel mais pas son rendu véritablement physique.

Internet est comme un filtre. Le projet est une mise en image de la quantité d’informations qui transitent. La qualité du résultat ne vient pas de celle de l’image en elle-même mais de la quantité d’images reçues.

Cette mosaïque évolue par une sorte de vague à chaque nouvelle image reçue. Internet n’est pas figé mais en recombinaison constante. Cette visualisation nous révèle qu’Internet est avant tout un courant. Une compilation d’images extraites en suivant des critères très précis évolue en fonction des mœurs. Il existe des connexions beaucoup plus forts que ce que l’on imagine. Internet est un échantillon infiniment fiable de la société. Des liens se créent et laissent entrevoir un sens qui naît du chaos. Tous les blogs disent la même chose, ils sont sur la même longueur d’ondes.

Dans son rapport au temps, le projet est fascinant : il constitue une compilation d’informations à l’instant T. Le site se réactualise quand les blogs qui le composent se mettent à jour. C’est l’instant présent du Net. Reynald Drouhin attrape les flux et la capture d’écran transpose la grille en une mémoire collective.

Reynald Drouhin

Né en 1969, l’artiste contemporain Reynald Drouhin vit et travaille à Paris et enseigne le multimedia à l’EESAB – École européenne supérieure d’art de Bretagne à Rennes.

Sa pratique intègre les outils numériques, la photographie, la vidéo, l’installation et la sculpture. Il ne se contente pas d’un espace dédié (celui de l’Internet, d’une surface de projection ou de la spatialité d’une galerie) mais appréhende tour à tour différents possibles, cherchant ainsi à révéler autre chose que le visible, tel un espace parallèle, fantomatique, étrange, ou résultant de données codifiées. http://www.reynalddrouhin.net

Reynald Drouhin fait parti du collectif Incident depuis 1996.

Capture d’écran 2012-09-04 à 20.10.12

Capture d’écran 2012-09-04 à 20.10.22

Capture d’écran 2012-09-04 à 20.10.34

Zoo #3 chez Régine le 3 octobre

REECRIRE / EXPOSITION

L’exposition présentée par Réécrire rassemble deux photographes, Julien Soulier et Romain Araud travaillant sur le comportement animal. Coups de gueules, rébellions, les sujets se lâchent, crient. Ils reconnectent avec leurs instincts bestiaux. Les soirées Zoo sont elles aussi issues du même concept. Sons minimaux presque tribaux, les musiciens appellent à la recherche de pulsions primaires.

Communiqué de presse : Zoo3

Catalogue d’exposition : catalogue zoo3

Romain Araud, photographe

Après une première exposition au Babershop, Romain Araud présente un nouveau travail de recherche photographique. Son thème, l’homme hybride. Les personnages mutent, des plumes et poils poussent, des tâches et des crocs apparaissent. Transformations étonnantes mais toujours esthétiques, mi-homme, mi-aigle ; mi-léopard mi-porc-épic. Le photographe explore le cri. Arrêt sur image, l’homme hurle, le bruit est celui d’un grognement. Position de combat, l’homme attaque. Son instinct primaire le rattrape. La peau se durcit, le regard est féroce. Sous l’objectif de Romain Araud, l’homme devient prédateur.

Zoo #3 chez Régine le 3 octobre

Julien Soulier

Julien Soulier débute en photographiant la rue, les habitudes urbai-nes qui sont la marque d’une façon de vivre. Il retranscrit des am-biances souvent crades, il explore les ruelles sales, les impasses l’inspirent. Puis il se focalise sur la femme et toutes les composi-tions que son corps offre. De la rue aux attitudes, le photographe cherche le reflet de comportements sociaux. Plus que la nudité fé-minine, qui ne choque plus, il cherche les positions qui interpellent et finalement l’explosion. Des femmes débraillées, déchirées aux cheveux tombants naît le paradoxe, les modèles se cachent, elles ne respectent plus le dictat. Qui sont elles ? Au-delà de la photo- graphie statique et lisse, de ce qui est imposé par les canons de la mode, le photographe trouve une posture de leur naturalité.…