Super Heroes

Real Life Super Heroes par Pierre Elie De Pibrac

Pierre Elie de Pibrac, 27 ans, photographe diplômé d’une école de commerce. À l’approche d’un stage en banque, il décide de tout plaquer et part photographier les enfants de Birmanie. Lauréat du concours photo étudiant Paris Match 2007, sélectionné par Yann Arthus Bertrand  comme le meilleur photographe PIKEO 2008, publié dans le magazine PHOTO à plusieurs reprises, il monte désormais ses projets photographiques. Après « Americain Showcase » où il travaille le côté plastique, les reflets et la perception, il présente une nouvelle série de photos plus journalistique sur les « Real Life Super Heroes ».

Un mouvement né aux Etats-unis rassemblant des individus qui se déguisent pour défendre des causes, qui s’inventent des personnages issus des comics pour venir au secours des gens dans la rue, combattre la criminalité, aider les sans abris. Pendant deux mois, il parcourt les Etats-unis à leur rencontre, les photographie dans leur environnement urbain. Les mises en scène simples de ces individus costumés représentent le paradoxe de ces supers héros : une aide quotidienne aux autres sous une apparence magique.

Ses clichés présentent cet extraordinaire réel. « Moi plus tard je voudrai être aimé comme un héro. » Le photographe revient sur ce besoin de reconnaissance de l’enfant qui souhaite qu’on le regarde. Des adultes osent s’en emparer. Où se trouve la frontière entre l’invention et la réalité ? Avoir des pouvoirs imaginaires les rendent responsable d’aider les autres. Le déguisement facilite le contact, masque les inégalités sociales. Seuls les Américains en sont capables et ils s’assument. Cette mentalité fascine le photographe, la culture américaine n’a pas honte et c’est une force. À leur contact, il est touché par leur humilité et leur générosité. Finalement ce qu’il retranscrit c’est le don de soi, une façon d’agir.

http://www.pierreeliedepibrac.com/

Lancement de la galerie en ligne Reecrire.com au Café Caché du Cenquatre

Réécrire organise un évènement mêlant arts visuels et sonores pour le lancement de sa galerie en ligne.  Seront présentés à la fois de l’art in situ en volume créé pour le lieu // par Little K // et les dessins, photographies, collages et écritures //de 13bis, Alex&Marine, Anne Flore Cabanis, François Goupil, Joshua Petker, Monica Zeitline, Salem Mostefaoui, Sandra Andrea Renard ainsi que le concert acoustique // de The Rodeo. Vernissage le jeudi 08 décembre à partir de 19h au Café Caché du Cenquatre, 104 rue d’Aubervilliers, 75019 Paris.

Afin de confronter des univers artistiques très différents unis par leur esprit graphique, Réécrire vous propose de regarder et d’écouter :

L’installation, Step into a world, un ensemble de sculptures en carton inédit et monumental réalisé pour l’évènement par le plasticien Little K.

Little K est un plasticien qui se fait connaître par son projet « Chilin », des bonhomme en pâte fimo qu’il fixe dans la rue pour rappeler la présence des jeunes des cités. Depuis, il crée des sculptures en carton proche de l’univers hip-hop toujours avec un message d’ouverture et de tolérance. Il a exposé notamment chez Citadium, à l’Université Paris Dauphine, au Door studio, lors d’une exposition Réécrire et présente ces objets en volume au Studio 13/16, Centre Pompidou lors des ateliers Green Attitude depuis octobre 2011.

La plasticienne Maud Mini et la photographe Camilla Pongiglione ont créé le collectif 13bis en 2009 par une série d’interventions sauvages dans la rue donnant naissance au projet Hic Sunt Leones. En novembre 2010, elles remportent le Coup de Coeur du Jury Bourse du Talent Espace Architecture Paysage #44 et participent en janvier 2011 à une exposition Réécrire au cours de laquelle elle réalisent la performance « Fosse de Mariannes ». Une nouvelle exposition de leurs collages est présentée du 5 novembre au 4 décembre 2011 à l’ Hôtel de Ville d’Aulnay-sous-Bois

Anne-Flore Cabanis, diplômée de l’école nationale des Beaux arts de Paris, en résidence actuellement au Cenquatre, réalise des dessins, collages et installations in situ. Récemment, elle a exposé son travail dans la galerie Exit Art Contemporain, a participé à Chic Art Fair 2011 et à la nuit Blanche 2011 et présente une exposition collective avec Zevs au musée en Herbe de Paris.

Graphiste et illustrateur, François Goupil est adepte de la réalisation de fresques murales monumentales et modulaires (Bellevilloise, Digitas et chez des particuliers) ainsi que de performances ponctuelles (Marithé Francois Girbaud), il expose pour la première fois ses « graphimses » au Café A lors d’un évènement Réécrire, référence à ses premiers pas dans cette sphère artistique. Il a participé à l’exposition collective « Dix-huit B quarante-set » en novembre 2011.…

L’artiste est un chaman Martine Lusardy, commissaire de l’exposition HEY!

Entretien avec Martine Lusardy, commissaire de l’exposition présentée à la Halle Saint Pierre  jusqu’au 4 mars 2012. Une manifestation élaborée en collaboration avec les créateurs de la revue HEY! associant ainsi art brut et culture populaire. Crédit sculpture / Aj Fosik « Each Morning Takes Bear » 2008.

Notre société donne la priorité à la science et à la consommation. La pop culture donne naissance à des artistes qui tentent de mettre à distance cette réalité en créant une irréalité imaginaire. Cet espace de jeu conduit à un autre monde. Ce qui unit les artistes de HEY ! c’est la possibilité d’une évasion.

Lin Shih Yung « Cérémonie pour devenir un adulte-corde » 2009

HEY! est la 50ème exposition consacrée à l’art brut qu’organise par la commissaire Martine Lusardy à la Halle Saint Pierre. A la recherché de l’autre culture, celle hors des circuits de distribution légitimes la commissaire présente l’art qui résiste à la pensée conceptuelle, qui ne fait pas appel à intellectuel mais à l’expérience première du corps. L’art n’est pas aseptisé il doit avoir un contenu, un sens.

Stéphane Blanquet

Dans nos sociétés, la raison a pris le dessus sur le ressenti, l’émotion est oubliée car elle nuit au rationnel. L’expérience de l’art brut ramène à la subjectivité. L’art brut c’est lâcher prise, l’artiste ne contrôle plus il va vers cet inconnu mystique, il est attiré et en même temps réticent. Cette dualité est le point de départ de la création brute. Elle repousse les limites des espaces interdits. Nos sociétés contemporaines ont vidé de sens les rites de passage d’un état à un autre. Il faut apprendre à passer d’un monde à l’autre. L’art brut réveille l’homme, son animalité, redonne vie à ses pulsions et regardent ses obsessions.

Daniel Martin Diaz « Mysterium Tremendum » 2010

Il est possible d’être un autodidacte dans l’art, la formation technique a ses vices, trop intellectualisée elle peut tuer la singularité. Le geste artistique n’est contestataire que la première fois, comme le « ready made ». HEY! pose la question du mauvais gout. On veut l’universaliser mais il n’y a pas de vérité absolue à ce sujet, les critères esthétiques évoluent en permanence et sont subjectifs.

Elzo Durt

L’artiste est celui qui crée la perte de repères permettant d’aller vers ses émotions. L’artiste va chercher des images qui dérangent, rend visible  ce qui est refoulé, oublié. Il se connecte aux espaces de l’intolérable et de l’insupportable pour le rendre regardable. Il faut apprendre à re-regarder. Les artistes d’art brut abordent la mort, l’occulte et les représente de façon supportable. Le rôle de l’artiste est de prendre en charge l’individu non pas pour lui même, comme dans une thérapie, mais pour le groupe. L’artiste d’art brut est lui et tout, il crée pour lui mais le groupe se reconnait dans son œuvre. Les artistes sont les nouveaux chamans.

Entretien & texte Olivia Zeitline

Ludovic Debeurme

Une visualisation d’Internet par Reynald Drouhin

Qui n’a jamais rêvé de voir Internet dans son ensemble ? Avec son projet « GridFlow », l’artiste plasticien et multimédia, Reynald Drouhin, imagine un système de visualisation globale de données Internet ! Un processus d’auto-archivage immédiat qui constitue une œuvre d’art.

Son fonctionnement est simple et participatif : chaque internaute peut inscrire son blog sur le site http://www.reynalddrouhin.net/works/gridflow/ qui recense toutes les images et les mises à jour de tous les sites inscrits, telle une grille évolutive à l’infinie.

Gridflow indexe une circulation d’informations et chacun peut en obtenir une capture d’écran à tout moment. En tant que travail plastique, Reynald Drouhin en tire des images figées sortes de photographies qui encrent la visualisation dans le moment présent. C’est une œuvre qui utilise le réseau, qui ne pourrait pas exister sans lui mais qui donne un objet fini, un tirage. Son processus de création est immatériel mais pas son rendu véritablement physique.

Internet est comme un filtre. Le projet est une mise en image de la quantité d’informations qui transitent. La qualité du résultat ne vient pas de celle de l’image en elle-même mais de la quantité d’images reçues.

Cette mosaïque évolue par une sorte de vague à chaque nouvelle image reçue. Internet n’est pas figé mais en recombinaison constante. Cette visualisation nous révèle qu’Internet est avant tout un courant. Une compilation d’images extraites en suivant des critères très précis évolue en fonction des mœurs. Il existe des connexions beaucoup plus forts que ce que l’on imagine. Internet est un échantillon infiniment fiable de la société. Des liens se créent et laissent entrevoir un sens qui naît du chaos. Tous les blogs disent la même chose, ils sont sur la même longueur d’ondes.

Dans son rapport au temps, le projet est fascinant : il constitue une compilation d’informations à l’instant T. Le site se réactualise quand les blogs qui le composent se mettent à jour. C’est l’instant présent du Net. Reynald Drouhin attrape les flux et la capture d’écran transpose la grille en une mémoire collective.

Reynald Drouhin

Né en 1969, l’artiste contemporain Reynald Drouhin vit et travaille à Paris et enseigne le multimedia à l’EESAB – École européenne supérieure d’art de Bretagne à Rennes.

Sa pratique intègre les outils numériques, la photographie, la vidéo, l’installation et la sculpture. Il ne se contente pas d’un espace dédié (celui de l’Internet, d’une surface de projection ou de la spatialité d’une galerie) mais appréhende tour à tour différents possibles, cherchant ainsi à révéler autre chose que le visible, tel un espace parallèle, fantomatique, étrange, ou résultant de données codifiées. http://www.reynalddrouhin.net

Reynald Drouhin fait parti du collectif Incident depuis 1996.

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